SociétéDroits des femmes : ce qu’il faut entreprendre et ce qu’il ne faut pas entreprendre

8 mars 2021
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A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Elsa Schalck, sénatrice LR du Bas-Rhin et Anne Sander, députée européenne du PPE, nous ont adressé une tribune sur un « défi majeur du XXIe siècle ». Elles évoquent notamment un projet de la Commission européenne sur la transparence des rémunérations.

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

En cette période de crise sanitaire, économique et sociale, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, les propos de Simone de Beauvoir résonnent avec force tant la période que nous vivons depuis un an a été marquée par des questions relatives à l’augmentation des violences conjugales et intrafamiliales, la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, ou encore la précarité du travail féminin.

Si des avancées législatives ont contribué à faire évoluer les mentalités, si des initiatives se multiplient pour plus d’égalité, si des mouvements ont permis de libérer la parole, l’égalité femmes/hommes reste un combat de tous les jours ! Un combat qui nous concerne toutes et tous et qui transcende tous les aspects de notre société : de l’éducation à l’orientation professionnelle, en passant par la vie familiale et la vie de l’entreprise.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

Les chiffres parlent d’eux-mêmes pour illustrer le chemin restant à parcourir afin que l’égalité puisse enfin devenir réelle. Dans l’Union européenne, le salaire horaire moyen des femmes, tous secteurs économiques confondus, est inférieur d’au moins 16 % à celui des hommes. En France, l’écart salarial s’élève à 15,4%, plus d’un quart des femmes actives sont à temps partiel et un écart de 28% en moyenne existe entre la pension de retraite d’une femme et celle d’un homme.

Si de nombreuses actions sont menées au niveau local et national, l’un des leviers les plus puissants reste l’éducation, l’apprentissage, et le savoir pour que la sensibilisation se fasse dès le plus jeune âge. Les changements de mentalités ne se décrètent pas, ils s’apprennent.

Inciter les femmes à prendre des responsabilités est un enjeu de taille pour la vie politique et économique. Un des premiers freins est souvent inhérent aux femmes elles-mêmes : nous sommes convaincues de l’importance qu’elles puissent s’impliquer, s’investir et surtout qu’elles osent se faire confiance !

L’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale doit être facilité avec des systèmes de gardes adaptés et démultipliés, la coparentalité mieux accompagnée, le congé parental revu dans sa globalité. La société doit pouvoir porter un regard positif sur ces évolutions et les encourager.

La Commission européenne vient de présenter un projet de directive sur la transparence des rémunérations

Le travail parlementaire tant national qu’européen joue un rôle incontournable pour faire évoluer les législations. Pour exemple, la Commission européenne vient de présenter un projet de directive sur la transparence des rémunérations. Le Sénat à travers sa délégation aux droits des femmes, mène actuellement un travail sur la situation des femmes dans les territoires ruraux, afin de lever les freins à la prise de responsabilités, mais également pour lutter contre les violences conjugales, sexuelles, sexistes ; véritable bataille à mener collectivement en y dédiant tous les moyens requis.

L’utilisation de l’écriture inclusive ne fait pas avancer la cause des femmes

La question de l’égalité femmes/hommes doit être au coeur des politiques publiques, elle est centrale pour déterminer notre société de demain. Mais une telle cause ne saurait légitimer des mesures qui répondent davantage à une conception idéologique qu’à une solution pragmatique : l’utilisation de l’écriture inclusive ne fait pas avancer la cause des femmes, elle ne fait qu’augmenter les difficultés d’apprentissage de notre langue ! La volonté des municipalités écologistes dont Strasbourg de «dégenrer les cours de récréation » est là aussi une mauvaise réponse car stigmatisante, alors que le combat pour l’égalité doit être l’affaire de toutes et tous, et non pas un combat des uns contre les autres.

Les droits des femmes et l’égalité femme/homme représentent un des défis majeurs du 21ème siècle ! Ce combat n’est pas celui du 8 mars, c’est un combat que nous menons au quotidien !

>> Lire la tribune sur DNA.fr

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