SociétéEric Ciotti : « La présidentielle se gagnera à droite »

6 décembre 2021
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Finaliste du congrès, Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, considère que ses « idées ont triomphé ».

Vous serez avec Valérie Pécresse, lundi, dans votre village de Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes). Pourquoi un tel choix ?

C’est le fruit d’une réflexion commune. Je m’étais engagé à venir en Ile-de-France si je gagnais. Et Valérie Pécresse, à se rendre à Nice et à Saint-Martin-Vésubie si elle l’emportait. Notre famille doit être unie. Et même très unie.

Serez-vous à son côté durant toute la campagne ?

Je serai au côté de Valérie Pécresse, dans l’unité de notre famille politique telle que Christian Jacob, notre président, l’a permise et voulue. Ce fut une campagne respectueuse, qui a permis de poser des différences et de porter les valeurs d’une droite forte, qui seront la condition essentielle et même indispensable de notre victoire. La campagne présidentielle se gagnera à droite, c’est cette ligne que je vais tenir. J’ai une responsabilité : 39 % des militants m’ont fait confiance. Au second tour, quasiment tous les autres candidats étaient contre moi. Malgré cela, 40.000 adhérents m’ont apporté leurs suffrages. C’est une force qui ne pourra être ignorée. Et si elle l’était, cela nous conduirait à la défaite.

A quoi doit s’atteler la candidate dans les prochains jours ?

Valérie Pécresse doit aujourd’hui porter des valeurs fortes, autour de la restauration de l’autorité républicaine, de la défense de notre identité, de la promotion de la liberté… Nous allons travailler ensemble. Je souhaite qu’elle reprenne certaines de mes idées, comme la suppression des droits de succession, la baisse massive de l’impôt sur le revenu, le retour de la double peine, la mise en place de conditions différentes d’acquisition de la nationalité française… Ces propositions ont nourri ma victoire au premier tour. Dans un pays qui vote aujourd’hui à 40% à la droite de la droite, l’élection se joue de ce côté-ci. Il faut être là pour l’emporter. Et nulle part ailleurs.

Quel rôle comptez-vous jouer dans la campagne présidentielle ? Pourriez-vous être son ministre de l’Intérieur dans un futur gouvernement ?

Ne brûlons pas les étapes! Aujourd’hui, nous devons bâtir la victoire. Je prendrai ma part. Mais ce sera à la candidate, puis à la présidente, de préparer son équipe. Mais si mes idées n’ont pas la place accordée par les militants, nous n’aurons aucune chance de gagner. Le pays n’a jamais penché autant à droite. Dire qu’on gagne au centre est une chimère qui nous a trop souvent fait perdre. Les Français veulent qu’on rétablisse l’ordre républicain, qu’on lutte contre l’immigration de masse, qu’on empêche la montée de l’islam politique, qu’on arrête de dépenser l’argent public financé par des impôts qui asphyxient les ménages et les entreprises. Nous n’en sortirons qu’au prix d’une politique courageuse. L’eau tiède, le centre, l’immobilisme, c’est le macronisme. Ça n’est pas l’histoire de notre famille, ni celle du général de Gaulle, de Nicolas Sarkozy, qui ont eu le courage de l’action dans des moments difficiles, là où Emmanuel Macron n’a que le monopole de la communication impuissante et stérile.

Serez-vous à Valérie Pécresse ce que Sandrine Rousseau est à Yannick Jadot, un aiguillon radical ?

Je ne crois pas que la comparaison soit très flatteuse… Valérie Pécresse a aujourd’hui une immense responsabilité. Yannick Jadot ne peut pas devenir président de la République. Valérie Pécresse, si. A elle de définir là où elle veut mettre le cap. Pour moi, il doit être clairement à droite.

Faut-il qu’elle droitise son discours pour concurrencer Marine Le Pen et Eric Zemmour ?

Valérie Pécresse est celle dont, personnellement, je suis le plus proche et dont le projet ressemble le plus au mien sur les plans régalien et économique. J’avais plus de différences avec Xavier Bertrand, dont les propositions économiques me paraissaient ne correspondre en rien à ce dont le pays a besoin. Le fait qu’on soit arrivés en tête tous les deux témoigne du succès d’une ligne qui se situe clairement à droite. Ensemble, nous devons démontrer la mystification du pouvoir macronien, qui laisse entendre qu’il conduit une politique de droite alors que jamais son action et ses résultats n’en ont été aussi éloignés : quand on est de droite, on n’augmente pas la dette publique et les impôts, on ne laisse pas les flux migratoires franchir des records, ni la violence prendre le pouvoir dans 500 quartiers de la République, et on ne refuse jamais de combattre les signes de conquête de l’islamisme.

Valérie Pécresse est-elle une candidate dangereuse pour Emmanuel Macron ?

Bien sûr! Elle incarne la modernité, c’est une belle image d’avoir une candidate. Elle porte un projet d’autorité qu’elle doit encore renforcer, et de liberté économique.

N’est-elle pas trop « Macron-compatible » ?

Je ne le crois pas. J’ai défendu une ligne d’étanchéité totale avec le macronisme. J’en serai le garant. Car Macron incarne le déclin de la France. Et jamais je ne m’associerai à une politique qui considère que la France est coupable de crimes contre l’humanité ou que nous sommes un pays multiculturel.

Qu’est-ce qui pourrait faire perdre la droite en 2022 ?

Qu’elle ne soit pas elle-même! Quand la droite est de droite, il n’y a pas de place pour l’extrême droite. Quand elle est au centre, elle se dilue dans le macronisme. J’ai incarné cette ligne d’une droite fière, qui casse les tabous du politiquement correct et fracture le mur idéologique dans lequel on nous avait enfermés. Même si je ne gagne pas ce congrès, mes idées ont triomphé.

>> Lire l’interview sur LeJDD.fr

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