Instaurons la priorité travail
Chaque 1er mai, la nation met à l’honneur ses travailleurs. Cette belle tradition est un juste hommage à l’effort des salariés, des indépendants et des fonctionnaires qui, chaque jour, produisent ce « pain nourricier des grandes nations » dont parlait Mirabeau à propos du travail. Pourtant, la France du travail n’est pas d’humeur à la fête. Car de ce pain, il ne lui reste trop souvent que des miettes. Chaque mois, le salaire brut dévore le salaire net sur la feuille de paie.
Chaque année, l’État engloutit plus de la moitié de la richesse produite. Quarante années de social-étatisme ont créé un système aussi fou qu’injuste : celui du travail perdant. Perdant pour le salarié qui travaille dur, mais constate qu’il ne gagne parfois guère plus que celui qui vit des aides.
Perdant pour l’employeur, qui voudrait embaucher mais y renonce face au coût du travail et la complexité des normes. Perdant pour les actifs qui portent sur leurs épaules un modèle social plombé par les déficits. Perdant pour tous les Français auxquels la gauche a fait croire qu’ils pourraient vivre mieux en travaillant moins, alors que leur niveau de vie est désormais inférieur à celui de nos principaux voisins européens.
Ce système perdant n’est pas une fatalité. J’ai la conviction qu’en cinq ans nous pouvons faire émerger la société du travail gagnant. Une société qui récompense l’effort, encourage l’initiative, redonne aux employeurs un pouvoir d’agir et du pouvoir d’achat à leurs employés. Cela nécessite un engagement clair : instaurer une « Priorité Travail » dans tous les domaines.
Instaurer la Priorité Travail, c’est sortir des 35 heures par le haut, avec des heures supplémentaires pour tous ceux qui le souhaitent. Aujourd’hui, seuls 50 % des salariés en bénéficient, car elles sont trop coûteuses pour beaucoup d’entreprises, notamment les CGPME. Je propose que l’organisation du temps de travail soit laissée à la négociation collective dans chaque entreprise ou chaque branche, en arrêtant de se référer à une durée hebdomadaire de 35 heures. Passé 1 623 heures par an, je souhaite que toute heure supplémentaire travaillée ne donne plus lieu à des cotisations sociales, ni patronales ni salariales. Ainsi, le travail paiera plus et coûtera moins cher.
Instaurer la Priorité Travail, c’est encourager la participation et l’intéressement : supprimons le forfait social, qui s’élève à 20 %, et qui taxe injustement les bénéfices librement distribués par les entreprises à leurs salariés. Instaurer la Priorité Travail, c’est faire passer en premier les travailleurs pour l’attribution des logements sociaux, et exiger que les logements financés par les entreprises bénéficient exclusivement aux salariés, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Instaurer la Priorité Travail, c’est faire respecter un délai avant qu’un étranger, qui vient d’obtenir un titre de séjour mais n’a pas encore cotisé, puisse toucher des aides. La solidarité nationale se mérite. Pour en bénéficier, les nouveaux venus devront justifier de cinq ans d’activité – qui devront correspondre, évidemment, à cinq années de résidence légale sur le territoire français.
Instaurer la Priorité Travail, c’est redonner aux familles l’argent que l’État leur a pris : ces familles dont les parents souvent travaillent dur pour élever leurs enfants, et que François Hollande a appauvries en plaçant les allocations familiales sous conditions de ressources. Je propose la création d’un revenu familial, pour aider toutes les familles : 240 euros pour chaque enfant, quel que soit le niveau de revenus des parents.
Instaurer la Priorité Travail, c’est réunir l’apprentissage et les lycées professionnels dans une seule filière d’excellence, et confier son développement aux Régions ainsi qu’aux forces vives économiques. C’est aussi revoir la carte des formations à l’université, et donc leurs financements, pour privilégier celles qui offrent de vrais débouchés professionnels.
Instaurer la Priorité Travail, c’est garantir des pensions de retraite décentes à ceux qui ont travaillé : oui, les jeunes doivent entrer plus tôt sur le marché du travail, mais nous ne ferons pas l’économie de partir un peu plus tard à la retraite, en prenant en compte, évidemment, la pénibilité des métiers.
Instaurer la Priorité Travail, c’est enfin passer d’une société de la norme et de la suspicion à une société de la confiance et de la responsabilité. Plutôt que de reprendre la vieille promesse, jamais tenue, de réduire le Code du travail, permettons aux entreprises et à leurs salariés de conclure des accords collectifs qui dérogent au Code du travail, à condition de respecter ses principes fondamentaux. Pour agir vite, faisons simple.
La France du travail doit avoir la priorité car seul le travail peut créer une nouvelle prospérité française. Le temps de l’argent magique est révolu. Fabriquer artificiellement du pouvoir d’achat avec de la dette, matraquer continuellement les entreprises, signer des chèques en bois et laisser l’ardoise des lâchetés aux futures générations : tout cela a échoué. Le moment est venu d’essayer autre chose. Une politique de respect, de justice et de liberté pour rendre enfin aux Français le fruit de leur travail.
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