Face au réchauffement climatique, adapter la France plutôt que punir

Face au réchauffement climatique, une politique d’adaptation fondée sur l’investissement, l’innovation et la production d’énergie décarbonée doit être défendue.

Moins se chauffer et moins climatiser. Moins rouler et moins voyager. Moins produire et moins bâtir. Voilà des années que les Français vivent la transition écologique sous le signe de la privation, et la France sous celui de la tiers-mondisation. Les chaleurs caniculaires que nous venons de vivre l’ont concrètement illustré.

Des clients qui se disputent les derniers climatiseurs. Des écoles et des crèches fermées par milliers. Des hôpitaux à court de glaçons. Des aides-soignantes qui étendent du linge mouillé sur les ventilateurs pour ménager nos aînés. L’État avait promis la planification écologique, mais à chaque crise les Français constatent que rien n’a été planifié et que tout est improvisé : le système D est devenu une politique publique. D comme débrouille. D comme déclin. D comme décroissance, surtout.

Car telle est bien l’idéologie qui crée la pénurie : l’État a sous-traité la question majeure de la transition aux idéologues de l’écologie punitive. Ce sont eux qui, au sein de nos administrations, forgent les normes paralysantes, orientent les financements vers ceux qui empêchent contre ceux qui innovent, poussent à des décisions toujours plus coûteuses et moins rationnelles.

Cet entrisme décroissant est à ce point puissant qu’il siège au gouvernement : en pleine vigilance rouge, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut – ex-présidente de WWF France et opposante au nucléaire – s’est dite « horrifiée » qu’on ose réclamer des climatiseurs. « Pas de climatisation, s’il vous plaît, nous sommes français », a ironisé le Wall Street Journal. La honte n’est pas de climatiser. La honte est d’interdire aux Français de se protéger au nom d’un dogme qui ne rafraîchit que la conscience de ses nouveaux prêtres.

Pourtant, ce ne sont pas les moyens qui manquent. De 2017 à 2023, notre pays a consacré 580 milliards d’euros à la transition. Alors, où va l’argent ? Il finance l’Ademe et ses campagnes de communication invitant les Français à « planter » des slips. Il isole les logements pour l’hiver en s’interdisant de penser à l’été, si bien que 40 % de ceux classés A ou B sont des bouilloires thermiques. Il subventionne des éoliennes quand l’électricité se brade à prix négatifs.

Ce gâchis d’argent public doit cesser. À cette écologie de la régression, qui interdit tout et appauvrit chacun, nous devons opposer l’écologie de l’adaptation.

S’adapter, c’est stocker l’eau l’hiver, quand elle est abondante, pour irriguer nos champs pendant l’été. Je propose que les retenues d’eau soient déclarées projets d’intérêt public majeur, que nous réutilisions massivement les eaux usées au lieu de les jeter à la mer, et que nos agriculteurs puissent avoir accès à des semences qui résistent à la sécheresse.

S’adapter, c’est lutter contre le réchauffement avec l’énergie la plus souveraine, abondante, pilotable et décarbonée : le nucléaire. Cessons d’engloutir des milliards dans le vent, qui gonflent la facture du consommateur. Relançons l’atome et exploitons tout le formidable potentiel de la géothermie. S’adapter, c’est produire en France plutôt que d’importer du carbone par cargos entiers. Qu’attendons-nous pour couper les subventions à tous ceux qui s’opposent violemment aux projets industriels et agricoles sur nos territoires ?

S’adapter, c’est équiper enfin nos écoles, nos crèches, nos hôpitaux et nos Ehpad, pour que plus jamais on ne compte les glaçons au chevet de nos aînés. C’est remettre les normes à l’endroit, quand neuf maisons neuves sur dix disposent d’une pompe à chaleur réversible dont la fonction froid est désactivée pour rester dans les clous d’une réglementation absurde.

S’adapter, c’est agir et ne plus subir. Le sacro-saint principe de précaution est devenu un principe de blocage. Il devra être supprimé. C’est la responsabilité, principe inhérent au droit, qui doit primer. Quand il neige, la précaution, c’est de ne pas sortir en voiture ; la responsabilité, c’est de mettre des chaînes. La différence entre les deux, c’est l’action. Or, c’est bien d’action que notre pays, plongé dans l’impuissance, a besoin avant tout.

Il ne s’agit pas de sauver la planète : depuis le Big Bang, elle en a vu d’autres. Il s’agit de sauver le vivant, dont nous sommes les gardiens. Et nous ne le sauverons pas avec la décroissance, cette mort lente. Seule l’intelligence humaine, capable de concevoir les plans les plus audacieux pour conserver comme pour innover, est en mesure d’infléchir la courbe ascendante du réchauffement.

L’écologie radicale se trompe : l’homme n’est pas seulement le problème, il est la solution. Car au sein du vivant, nous sommes la seule espèce capable de préserver toutes les autres, ou bien de les détruire toutes. C’est une lourde responsabilité qui exige de tourner le dos à l’idéologie qui crée la pénurie, pour renouer avec la rationalité au service d’une nouvelle prospérité française.

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Président

Bruno Retailleau

Président des Républicains Sénateur de Vendée Ancien Ministre de l'intérieur

Président des Républicains Sénateur de Vendée Ancien Ministre de l'intérieur

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