SociétéBruno Retailleau : « Je veux une droite indépendante »

14 septembre 2022
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Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR, est candidat à la présidence du parti. Il sera à Biarritz demain pour les journées parlementaires de la droite.

Pour la présidence de LR, vous défendez une ligne de fermeté très proche de celle d’Éric Ciotti. Qu’est-ce qui vous distingue ?

C’est l’élection de la dernière chance. Je veux rebâtir un parti nouveau. Sur le plan régalien, je suis sur une ligne de fermeté. Mais une élection, c’est aussi une incarnation. Mon parcours m’a toujours amené à choisir le rassemblement. L’unité est fondamentale. Quand on fait moins de 5 % à la présidentielle, on n’a pas le droit de diviser.

La fermeté, c’est aussi ce que Sarkozy (2012), Fillon (2017) et Pécresse (2022) ont défendu. Et pourtant, ils n’ont pas gagné…

Je ne supporte pas la guerre des étiquettes : la droite libérale, populaire, régalienne… La droite, c’est un tout. Je ne veux pas d’une droite à la découpe. Je veux une droite qui porte la liberté. Mais elle n’est rien sans l’ordre, comme le social et l’économie sont liés. Le général De Gaulle a fait le plan de la libéralisation de l’économie le plus ambitieux de la Ve République et les accords de Grenelle. De Gaulle, c’est aussi l’autorité contre la chienlit. Je veux une droite équilibrée, complète.

La droite est toujours écartelée entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen ?

C’est à nous de faire notre propre espace politique. Quand la droite s’assume, elle fait reculer le RN. Si on a déçu tant de Français, c’est parce qu’ils en avaient en marre d’avoir une droite qui se reniait.

La droite a voté le projet de loi pouvoir d’achat. Les macronistes peuvent compter sur vous ?

Nous sommes dans l’opposition, mais une opposition d’intérêt général. Sur le pouvoir d’achat, nous avons profondément modifié ce texte. Et la majorité d’Emmanuel Macron a voté ces inflexions. Je veux une droite indépendante qui offre, en 2027, une autre alternative à Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen.

Laurent Wauquiez est-il déjà votre candidat pour 2027 ?

J’avais souhaité qu’il prenne la tête du parti. Mais on ne doit pas faire de cette élection une primaire par anticipation. Sinon, on s’interdira toute refondation. On délaissera le travail des idées.

La droite soutiendra-t-elle un nouveau recul de l’âge de départ en retraite ?

Ça n’est que par le report de l’âge légal et l’allongement de la durée de cotisation qu’on parviendra à soutenir le pouvoir d’achat des retraités. Si on ne fait rien, il y aura des déficits, une perte de pouvoir d’achat pour les personnes âgées et surtout le transfert d’une charge insupportable aux futures générations.

Emmanuel Macron a annoncé une Convention citoyenne sur la fin de vie. Y êtes-vous favorable ?

Cette convention est un autre bidule macronien. Or, ce débat est très lourd : est-ce qu’on se donne le droit d’interrompre une vie ? Je n’y suis pas favorable. On devrait déjà régler ce scandale : 26 départements n’ont toujours pas de service de soins palliatifs. La loi Claeys-Leonetti, qui évite l’acharnement thérapeutique, permet avec une sédation profonde de supprimer la souffrance, d’endormir avant de mourir. Le risque de cette réforme est d’abandonner les plus fragiles. Certains pourraient être amenés à demander la mort par crainte d’être une charge pour leur entourage.

>> Lire l’interview sur SudOuest.fr

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