Vie du mouvementChristian Jacob à La Réunion pour rallier la droite à Valérie Pécresse

16 décembre 2021
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Christian Jacob, président des Républicains, arrive à La Réunion vendredi pour une visite de cinq jours, marquée par plusieurs rencontres avec les acteurs économiques, agricoles, industriels et associatifs de l’île.
En préambule, Christian Jacob nous a exposé les grandes lignes du programme de Valérie Pécresse, candidate LR à la présidentielle et évoqué la vision de son parti sur les nouvelles manières d’orchestrer la décentralisation dans les outre-mer.

Vous arrivez à La Réunion le 17 décembre, précédant de peu Marine Le Pen qui sera sur l’île le 19, après avoir présenté son programme pour l’Outre-Mer mardi dernier. Sébastien Lecornu est attendu pour sa part avant la fin décembre. Êtes-vous en situation de tracer quelques-uns des axes du programme ultramarin qui sera porté par Valérie Pécresse au nom des LR et de l’UDI ?

Valérie Pécresse ne manquera pas de détailler son programme dans les mois qui viennent. Nous proposerons un ensemble de mesures fortes pour répondre aux défis de chacun des territoires ultramarins. À la Réunion, nous construirons davantage de logements et nous rénoverons les logements sociaux qui sont souvent dans un état indigne. Je pense aussi à nos agriculteurs –à la filière canne-sucre de la Réunion – où la concurrence déloyale les accable de normes et de charges. Il faut par ailleurs continuer à développer les autres productions et encourager les filières d’excellence, qui existent depuis plusieurs années.
L’accès à la santé et à l’éducation dans tous les territoires doit être une priorité. Le pouvoir d’achat a baissé sous Emmanuel Macron, les prix augmentent et l’Etat est impuissant. Il faut assurer la continuité territoriale des marchandises, en particulier les produits de première nécessité en contrôlant les hausses de prix qui handicapent les familles réunionnaises. C’est dans cet esprit que Valérie Pécresse fera des propositions fortes pour le pouvoir d’achat. Grâce aux économies de fonctionnement qu’elle propose, elle rendra de l’argent à la France qui travaille en baissant les charges pour augmenter les salaires nets de 10% jusqu’à 2,2 SMIC. Elle défend aussi la protection du pouvoir d’achat des retraités, durement éprouvés pendant ce quinquennat, et la relance d’une grande politique familiale avec une prime à la natalité dès le premier enfant.

En 2017, lors de la précédente élection présidentielle, le rapport de forces au premier tour avait placé en tête Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ; le score de M. Fillon avait certes été modéré par les événements que l’on sait. Au-delà, et cette fois à l’échelle de l’ensemble de l’outre-mer, ce sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon qui trustaient les deux premières places, devançant de peu M. Fillon. Qu’est-ce qui, dans la candidature de Valérie Pécresse, pourrait faire bouger les lignes aujourd’hui ?

Valérie Pécresse est originellement une chiraquienne. Nous allons renouer le lien singulier que Jacques Chirac avait tissé avec les Outre-mer : les Réunionnais l’avaient placé largement en tête en 1995. Valérie Pécresse apportera des réponses fortes et précises aux préoccupations des Réunionnais et à l’ensemble des ultra-marins. C’est une femme de parole et une femme d’action.

Impossible d’envisager une élection présidentielle sans son corollaire des législatives. Jusqu’à ce que le Congrès LR décide de l’identité du candidat unique des LR et de l’UDI, les candidats réunionnais à la candidature s’étaient tenus à une prudente réserve ; quand les investitures seront-elles attribuées ?

Les investitures seront bouclées fin janvier pour tous les départements.

Une visite de Valérie Pécresse, candidate LR-UDI, est bien évidemment espérée à La Réunion : pouvez-vous éclairer quelque peu son calendrier électoral ?

Bien évidemment que Valérie Pécresse se rendra à la Réunion. Elle dévoilera prochainement son calendrier.

Qu’en est-il de l’avenir des LR à La Réunion ?

À la Réunion comme partout en France, notre famille politique part à la reconquête de la confiance des Français. Nous avons doublé notre nombre d’adhérents en un an. Et nous avons désormais un mouvement de jeunesse structuré et autonome qui rassemble de plus en plus de jeunes.

Valérie Pécresse est la candidate unique des LR et de l’UDI suite au ralliement de Jean-Christophe Lagarde. Qu’en est-il à La Réunion où l’histoire récente des « centristes » fait état de positionnements parfois, opportunistes…

J’ai toute confiance en Michel Fontaine et David Lorion pour préparer dans les meilleures conditions les élections législatives.

Comment imaginez-vous l’évolution des collectivités ultramarines, plutôt portée sur des réformes statutaires ou sur des évolutions normatives ? Le cas de la Nouvelle-Calédonie devrait, en la matière, s’avérer révélateur s’agissant de la construction d’un nouveau type de collectivité, mêlant autonomie administrative et politique…

Permettez-moi d’abord de dire à quel point j’ai regretté qu’Emmanuel Macron ne prenne pas position pour que la Nouvelle Calédonie demeure française. Les Néo-Calédoniens ont marqué pour la troisième fois leur attachement à la France. C’est une grande nouvelle. Nous avons à écrire une nouvelle page de l’histoire ultra-marine de la France. Avec Valérie Pécresse, nous proposons une nouvelle étape de décentralisation pour l’ensemble des collectivités locales qui se verront confier de nouvelles compétences avec des moyens à la hauteur de leurs ambitions : formation et orientation professionnelles, politique de l’emploi, politique du logement… Notre objectif est une action publique de proximité, moins bureaucratique et plus efficace.

Au nombre des problématiques qui balisent la campagne électorale, celle de l’immigration résonne ici de façon très particulière, et la sécurité de même, avec la situation de Mayotte, toute proche, où la population est à 50% étrangère… Les Mahorais – nombreux à La Réunion – craignent de ne plus avoir accès aux services publics, et l’insécurité hypothèque le développement du plus récent des départements français. Quel message portez-vous sur ces sujets ?

À Mayotte, la situation est devenue critique en raison de l’immigration de masse. Comme le propose Valérie Pécresse, nous mettrons fin au droit du sol automatique. Nous conditionnerons l’aide au développement aux pays de départ et la délivrance de visas au retour des immigrés illégaux chez eux. Nous mettrons fin aux régularisations d’immigrés illégaux et les demandes d’asile devront être déposées depuis les pays d’origine. Ce n’est pas aux passeurs de décider qui entre en France ; c’est aux Français d’en décider. Face à l’insécurité qui frappe les Outre-mer, Valérie Pécresse a un programme de fermeté : peines-plancher pour ceux qui s’en prennent aux forces de l’ordre, construction de places de prison, déploiement de brigades « coup de poing » avec le soutien de l’armée dans les territoires les plus exposés à l’insécurité.

Le droit à la « différenciation », dont on parle depuis 2018, constitue-t-il, au sein de la décentralisation, une voie d’adaptation rationnelle des collectivités d’outre-mer aux droits communs français et européen, selon vous qui présidez le parti LR ?

Il faut accorder davantage de souplesse aux collectivités locales : on a vu pendant la crise sanitaire qu’elles pouvaient se montrer plus efficaces que l’État. Au Sénat, nous avons défendu le droit à la différenciation. Mais le plus important est de transférer de nouvelles compétences aux collectivités locales avec les ressources financières correspondantes.

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