Travail et emploiBruno Retailleau : « Il faut que le travail paie »

25 juillet 2022
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Le président du groupe LR au Sénat veut que les projets de loi sur le pouvoir d’achat et de finances rectificative « encouragent le travail et mettent fin au quoi qu’il en coûte ».

Le chef de file de la droite sénatoriale Bruno Retailleau précise ses conditions pour voter en faveur du projet de loi (PJL) pouvoir d’achat et du projet de loi de finances rectificative (PLFR) au Sénat. Par ailleurs, il ferme la porte pour l’heure à une candidature à la présidence de LR.

Quelles leçons tirez-vous des débats de la nouvelle législature à l’Assemblée nationale ?

Ce qui saute aux yeux, ce sont les vociférations et la violence des échanges qui envahissent l’hémicycle, notamment de la part de l’extrême gauche. Je ne suis pas certain que ça serve notre démocratie. Les oppositions ont une responsabilité d’autant plus grande que les Français ont remis le Parlement au cœur de la décision politique. À l’arrogance de l’exécutif ne doit donc pas succéder l’inconséquence du législatif.

Le Sénat a-t-il un rôle particulier face à ce constat ?

Victor Hugo avait une très belle phrase : « La France, gouvernée par une assemblée unique, c’est l’océan gouverné par la tempête. » Face à une Assemblée tempétueuse, le rôle du Sénat sera important. Ni complaisance avec le macronisme ni dogmatisme : c’est notre ligne. Le gouvernement va vite s’apercevoir qu’il ne pourra pas agir sans le Sénat.

Comptez-vous voter en faveur du PJL pouvoir d’achat et du PLFR ?

Nous voterons ces textes à deux conditions : que l’on encourage le travail et que l’on mette fin au « quoi qu’il en coûte » en matière de dépenses publiques. Le message que nous voulons adresser, c’est que le pouvoir d’achat ne peut pas dépendre des chèques en bois de l’État, qui sont signés sur le dos des générations futures. Il faut que le travail paie. C’est pourquoi nous allons alléger au maximum la fiscalité et les charges sociales qui pèsent sur les heures supplémentaires et encourager le rachat par l’entreprise des RTT pour les salariés qui veulent travailler plus. Ces mesures devront être définitives et pas seulement provisoires comme le souhaite le gouvernement. Nous proposerons également des assouplissements en matière de cumul emploi-retraite. Enfin, nous refuserons que la revalorisation du RSA soit supérieure à celle du point d’indice pour les fonctionnaires. Nous n’acceptons pas que les revenus de l’assistance soient privilégiés par rapport aux revenus du travail. C’est un signal désastreux.

Que proposez-vous comme mesures d’économies ?

En 2013, il y avait 7 millions de cartes Vitale de plus en France que le nombre d’habitants ! C’est la fraude sociale la plus massive. Elle excède de loin la fraude fiscale. Au Sénat, nous allons créer un dispositif pour lancer rapidement une carte Vitale biométrique, qui empêche les fraudes. Ce sera une condition de notre vote du PLR car le gouvernement tente une nouvelle fois de faire diversion, en créant une mission parlementaire sur le sujet… alors même qu’il y a une expérimentation en cours qui est positive ! Nous déposerons par ailleurs à la rentrée une proposition de loi organique pour mettre en place une règle d’or, qui contraindra l’État à une trajectoire plus sérieuse en matière de finances publiques.

Concernant le prix du carburant, soutiendrez-vous une ristourne plus importante que 18 centimes le litre ?

Oui, nous soutiendrons l’accord conclu entre le gouvernement et le groupe LR à l’Assemblée. J’ai toujours dit qu’un litre à 1,50 euro me paraissait trop coûteux pour les finances publiques.

Êtes-vous favorable à une « supertaxe » sur les profiteurs de la crise énergétique ?

Je pense que c’est de la démagogie. Le résultat de cette taxe sur Total, par exemple, aurait un impact minime, car la majorité des profits de Total sont effectués, et donc déjà taxés, dans des pays étrangers. Et puis nous sommes déjà champions d’Europe avec le Danemark des prélèvements obligatoires. Les entreprises ne sont pas des vaches à lait. Plus on les taxe et moins elles peuvent investir et augmenter les salaires. Il faut sortir des raisonnements économiques qui aboutissent au déclin de la France et à l’appauvrissement des Français.

Le conseil national de la refondation s’installera en septembre. Confirmez-vous que vous n’y siégerez pas ?

Oui. Cela fait partie des leurres qu’Emmanuel Macron agite pour donner l’illusion du mouvement. Si le Président veut consulter les forces vives, il y a une institution pour cela et qui s’appelle le conseil économique et social. En réalité, le CNR est un instrument de contournement du Parlement et c’est inacceptable. En revanche, pour revigorer la démocratie, il faut redonner plus souvent la parole au peuple français. C’est pourquoi je suis favorable à l’élargissement du champ référendaire de l’article 11 de la Constitution.

Les Républicains éliront un nouveau président début décembre. Vous présenterez-vous ?

Je regrette la décision de Laurent Wauquiez de ne pas se présenter. Il avait les qualités et l’autorité pour diriger la droite. Je suis président d’un groupe parlementaire et ne suis pas en manque de responsabilités. Me présenter n’est donc pas l’hypothèse que je privilégie. Mais nous avons besoin d’une candidature qui rassemble et fixe un cap clair pour la droite.

>> Lire l’interview sur LeParisien.fr

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