Je serai la surprise de cette élection

Au cinéma, les deux films sur De Gaulle ont beaucoup de succès. Cela vous surprend ?

C’est une magnifique nouvelle. Ce film montre que le défaitisme n’est pas français. Il y a toujours une voie et il ne faut jamais se résigner. Certes, la France n’est pas occupée aujourd’hui, mais elle est au bord du gouffre. Les Français le voient sur la dette, sur les questions de sécurité, sur l’école qui décroche, sur l’hôpital fragilisé, sur la justice. L’enseignement de ce film, c’est que rien n’est perdu.

Les Français sont-ils si lucides que cela ?

Les Français sont absolument lucides sur le bilan d’Emmanuel Macron. Ils sont sans concession et j’imagine mal qu’un héritier du macronisme puisse les convaincre.

Mais vous avez vous-même fait partie d’un gouvernement d’Emmanuel Macron…

Moi, j’ai été un ministre de cohabitation avec le chef de l’État. Je n’ai pas été un ministre d’Emmanuel Macron. Nos sujets d’opposition étaient nombreux sur la Corse, sur l’Algérie, sur l’immigration. Jamais je n’aurais pu voter un budget où l’on abandonne la réforme des retraites. Jamais je n’aurais pu être dans un gouvernement où le Premier ministre était sous la coupe du premier secrétaire du Parti socialiste.

Dans les sondages, les « héritiers » du macronisme que sont Édouard Philippe et Gabriel Attal sont devant vous.

On est face à un système qui est à bout de souffle et cette élection réservera d’énormes surprises. Je serai cette surprise, j’en suis persuadé.

Pourquoi êtes-vous toujours opposé à une primaire pour départager les candidats de la droite et du centre ?

Elle n’est plus possible. On n’a plus le temps. S’il devait y avoir une primaire, cela devrait être pour le bloc central, entre les deux anciens Premiers ministres (Édouard Philippe et Gabriel Attal, NDLR). J’estime que je n’appartiens pas à l’ancienne majorité. Je ne suis pas dans le bloc central.

Sur la dette, n’agitez-vous pas un peu trop le chiffon rouge alors que le niveau de l’épargne n’a jamais été aussi important en France ?

Les marchés financiers donnent encore un répit à la France jusqu’en 2027 mais on a perdu tout crédit vis-à-vis de l’Europe. Dès l’an prochain, le seul paiement des intérêts de la dette cannibalisera la totalité de l’impôt sur le revenu.

On est rentré dans une spirale et cette bombe va nous éclater à la figure.

Comment comptez-vous régler ce problème ?

On peut éviter la crise qui touchera les plus fragiles. Mais à la condition de valoriser le travail. La gauche nous a vendu pendant des années ce boniment : « Travaillez moins et vous vivrez mieux. » C’est faux. Jamais les Français n’ont été autant appauvris.

La première des conditions pour sortir du désendettement, c’est de créer de la richesse collective afin d’augmenter le pouvoir d’achat et la compétitivité de nos entreprises. Il faudra aussi que l’État se serre la ceinture. Je ne remplacerai pas tous les fonctionnaires qui partiront à la retraite. Il y a une économie à faire d’à peu près 250 000 postes.

Vous vous rendez à Brest, ce jeudi 2 juillet. Pourquoi ce choix ?

D’abord, je féliciterai le maire Stéphane Roudaut. Il fait partie de cette génération qui nous a permis d’avoir une vague bleue en France aux élections municipales.

Je veux aussi m’adresser aux Brestois, aux Bretons, avec lesquels je me sens une proximité, pas seulement géographique.

Nous sommes liés, nous aimons notre terroir. Nous sommes des gens de quelque part. On se retrousse les manches et on entretient une culture de l’entraide.

Président

Bruno Retailleau

Président des Républicains Sénateur de Vendée Ancien Ministre de l'intérieur

Président des Républicains Sénateur de Vendée Ancien Ministre de l'intérieur

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