2027 est l’élection de la dernière chance

Le Premier ministre est à Aix et Marseille pour parler gestion des crises. Vous avez connu ça à Beauvau. Anticipe-t-on suffisamment ?

Il faut que chacun soit responsable. La plupart des incendies viennent de négligences ou parfois d’actions volontaires, c’est inacceptable. À Beauvau, j’ai été celui qui a voulu promouvoir les nouvelles technologies contre les feux de forêt. Notre stratégie, redoutable, consiste à attaquer les feux dans les dix premières minutes, ce qui fait que très peu prennent de l’ampleur.

L’intelligence artificielle que j’ai voulu promouvoir doit permettre d’alerter, de prévoir en fonction de l’hydrométrie, du terrain et de la végétation. Il faut mettre le paquet sur la prévention et développer la flotte de Canadair. J’ai une immense admiration pour les sapeurs et marins-pompiers. Dans une société du chacun pour soi, le don de soi pour sauver des vies donne à voir la plus belle part de l’humanité.

Au-delà des feux, a-t-on fait assez face aux risques climatiques ?

J’ai été sensibilisé au réchauffement avec la tempête Xynthia qui a fait 29 morts en Vendée (en février 2010, NDLR). La submersion marine est venue percuter une urbanisation mal conçue. Contrairement à d’autres responsables politiques, je n’ai jamais nié le réchauffement climatique, nous devons être à la fois intransigeants sur la transition et l’adaptation.

Je dénonce l’idéologie de gauche qui a imprégné jusqu’au cœur de l’État. Je veux une écologie moins sectaire et plus pragmatique. À l’heure de l’électricité décarbonée, il est stupide de vouloir interdire la climatisation. L’écologie politique est une religion de la pénitence, où il faut sans cesse se punir. Les congés climatiques, c’est le confinement où les plus modestes resteront dans leurs appartements surchauffés et les plus riches dans leur villa en bord de mer.

L’État n’a pas suffisamment agi ?

On n’a pas anticipé, on est toujours dans la pénurie de médicaments par exemple. La France vit une tiers-mondisation. Je suis candidat à l’élection présidentielle pour mettre un terme à cet appauvrissement collectif. 2027 est l’élection de la dernière chance. On est au bout du bout. La dette nous asphyxie et on ne rembourse pourtant que les taux d’intérêt ! Les Français s’appauvrissent. 12 % d’entre eux font le tri dans les bennes des grandes surfaces. Ce n’est pas digne de notre pays.

Où se situe votre espace politique, alors que les candidats sont nombreux ?

Je ne m’adresse pas aux partis, mais à la majorité nationale, comme le disait De Gaulle, à ceux qui bossent dur, cotisent et en ont marre de payer pour les autres. Je ne crois pas que les Français choisiront la saison 3 du macronisme avec Édouard Philippe ou Gabriel Attal, parce qu’après dix ans d’En Marche, plus rien ne marche. Et je ne veux pas du choix entre la démagogie du RN et l’idéologie de LFI.

La qualification ou non de Marine Le Pen dans la course, ça changera quoi pour vous ?

Cela ne changera rien, le RN est un parti attrape-tout et girouette. Il n’y a pas un seul sujet sur lequel ils n’ont pas changé d’avis.

Laurent Wauquiez qui vous tourne encore le dos pour flatter Édouard Philippe, ça vous agace ?

Je suis un homme de l’Atlantique et un marin. La présidentielle, c’est le cap Horn, on sait qu’il y a des tempêtes. Je ne suis pas encore dans les 40e rugissants. Je ne souhaite pas assez de mal à Édouard Philippe pour vouloir que Laurent Wauquiez le soutienne. Il n’a pas mérité cela.

Et quand des cadres LR comme Laure-Agnès Caradec à Marseille quittent LR pour faire l’union des droites ?

Ce sont des mouvements anecdotiques. La trahison est la part sombre de l’âme humaine qui fait partie de la politique. J’assume de m’adresser aux électeurs du RN, parce que certains viennent de chez nous et ont été déçus par une droite honteuse. Je veux tourner cette page. Emmanuel Macron a abîmé la politique avec la fin du clivage droite/gauche : il a créé un ventre mou avec deux ailes radicales. Les Français ont le tournis. Moi, je suis fidèle à mes convictions et je trace mon cap.

Président

Bruno Retailleau

Président des Républicains Sénateur de Vendée Ancien Ministre de l'intérieur

Président des Républicains Sénateur de Vendée Ancien Ministre de l'intérieur

Newsletter