Je ne veux pas être assimilé au macronisme
Ce week-end, les adhérents du parti Les Républicains (LR) vont voter pour dire s’ils souhaitent une primaire ou s’ils vous désignent comme candidat. Reconnaissez-vous qu’il n’y a aucun suspense ?
« Je ne veux pas faire de la politique à l’ancienne, celle des petits arrangements entre copains. J’avais pris l’engagement de consulter les adhérents. Je tiens parole. On peut critiquer, mais combien de partis donnent la parole aux militants pour ce choix aussi crucial que le candidat à la présidentielle ? Bien peu. »
Depuis votre candidature, vous n’avez pas décollé dans les sondages. Êtes-vous inquiet ?
« Non, parce qu’aujourd’hui, la présidentielle n’est pas la préoccupation des Français. Et tous les sondages à un an des élections se sont trompés. Je me suis déclaré avant les municipales pour exprimer une ligne claire, et cela nous a permis de mobiliser notre électorat. Ces municipales ont remis la pendule à l’heure ! Nous avons gagné quasiment les deux tiers des communes de plus de 9 000 habitants. Et j’observe que, si on n’a pas gagné Paris, Lyon, Marseille, on a remporté les trois métropoles. »
Vous promettez de « renverser la table ». Est-ce que c’est de nature à effrayer la « France des honnêtes gens », selon votre expression ?
« Moi je ne le pense pas. Les Français constatent le déclassement de la France, et ils en souffrent. Renverser la table, c’est stopper cette spirale de déclin. Je ne promets pas du sang et des larmes, mais qu’avec un peu plus de travail, on peut gagner un 13e voire un 14e mois supplémentaire grâce à un seuil zéro charge. Il faut plus à ceux qui travaillent et moins à ceux qui profitent et créer un compte social unique avec un plafonnement à 70 % du Smic. Il faut que le revenu du travail soit toujours supérieur au revenu de la solidarité. Je veux aussi renverser la table sur le régalien : une justice plus ferme, rétablir l’autorité de l’État.
« J’ai été un ministre de cohabitation et un adversaire du macronisme depuis le départ »
Un candidat de LR, Édouard Philippe (Horizons), David Lisnard (ex-LR) sans compter Gabriel Attal (Renaissance). Comment vous départager sans primaire ?
« Personne ne parle aux Français de la France ! Le projet doit être déterminant. Je n’ai pas d’opposition de principe à une primaire mais je me méfie de la notion de socle central. Je ne veux pas être assimilé au macronisme, que neuf Français sur dix considèrent comme un échec. »
Vous avez été l’un de ses ministres…
« J’ai été un ministre de cohabitation et un adversaire du macronisme depuis le départ. Je suis rentré au gouvernement pour faire obstacle à la gauche. Et j’en suis sorti quand j’ai compris que la gauche allait imposer ses vues. Je ne me suis pas beaucoup trompé. »
Jean-François Copé parle d’un risque de schisme et vous accuse de complaisance avec le Rassemblement national (RN). Que lui répondez-vous ?
« Il n’y a aucun rapprochement avec le RN, les municipales en attestent. Mais j’assume de parler aux électeurs du RN qui nous ont quittés. Ma ligne est parfaitement claire, elle a été validée par les 75 % des adhérents de LR qui m’ont élu président du parti. Si certains ne sont pas à l’aise avec cette ligne, c’est à eux de clarifier leur position par rapport à notre mouvement politique. »
Le RN rencontre les grands patrons et le Medef, un public proche de vos idées. Cela vous inquiète ?
« Ce ne sont pas les dîners qui font l’élection. Le RN mènerait la France à la faillite. C’est un parti démagogique qui change souvent de position. »