J’appelle à dresser un cordon sanitaire autour de la France insoumise

« On ne devrait jamais mourir pour ses idées »Quentin, à 23 ans, les a payées de sa vie. Lynché, à six contre un, durant d’interminables minutes. Coupable, aux yeux de ses tortionnaires, du pire crime qui soit : le crime de pensée.

Les images sont insoutenables. Les témoignages implacables. Et ils convergent tous vers l’extrême-gauche, et en particulier vers la Jeune Garde, ce groupuscule ultraviolent dont j’avais engagé la procédure de dissolution, en tant que ministre de l’Intérieur, le 29 avril 2025.Alors que les premières interpellations confirment le rôle de cette organisation dans le meurtre de Quentin, le Conseil d’Etat doit sans différer rejeter le recours qui a été déposé et enfin valider sa dissolution.

S’il revient à la justice de déterminer la culpabilité des uns, il nous faut aujourd’hui dénoncer la responsabilité des autres. Et celle de la France insoumise est écrasante.

La responsabilité politique, déjà. Si la Jeune Garde s’est longtemps sentie intouchable, semant le chaos dans les rues de Lyon, Strasbourg ou Montpellier, c’est parce qu’elle a bénéficié du parrainage de la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon a beau se défendre aujourd’hui de tout lien, ne disait-il pas, le 30 avril dernier, que la Jeune Garde était « une organisation alliée, liée au mouvement insoumis » ? N’appelait-il pas alors ses camarades lyonnais à se ranger derrière ses bannières, lors des manifestations du 1er mai ? N’a-t-il pas fait de son fondateur, Raphaël Arnault, pourtant condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violences volontaires en réunion, un de ses députés ?

La responsabilité morale, ensuite. Jean-Luc Mélenchon n’a pas armé le bras des meurtriers mais il a excité leurs esprits. En radicalisant les oppositions idéologiques, en brutalisant le débat public, en déshumanisant ses adversaires politiques. Depuis des années, la France insoumise déploie sa stratégie du clivage permanent, de la conflictualisation à outrance. Tout est prétexte à souffler sur les braises des exaspérations, à entretenir un climat d’insurrection.

Car pour Jean-Luc Mélenchon et ses affidés, « seule l’action révolutionnaire et subversive qui assure la rupture avec le capitalisme peut nous permettre de tirer l’humanité de l’impasse ». Si la France insoumise condamne la violence sur ses estrades, elle l’entretient en réalité dans les coulisses, parce qu’elle pense qu’elle est un instrument légitime du changement social. C’est cette violence débridée, enragée qui s’est déchainée à Lyon, jeudi dernier. C’est cette violence qui, régulièrement, vise nos réunions publiques, nos militants, nos élus et aujourd’hui nos candidats partout en France.

Parce que je refuse l’ensauvagement de notre société, et parce que je crois que Jean-Luc Mélenchon en est à présent son principal promoteur, j’appelle à dresser un cordon sanitaire autour de la France insoumise. Face à une formation politique qui repousse chaque jour les limites de l’indécence et qui s’enfonce toujours plus loin dans la dérive antirépublicaine, le statu quo n’est plus possible.

Hier au Ministère de l’Intérieur comme aujourd’hui à la tête des Républicains, j’assume de dire que c’est bien l’extrême-gauche qui constitue la principale et la pire menace politique. Et que rien ne saurait jamais nous contraindre à leur réserver nos suffrages. Pour ma part, je n’ai jamais, de près ou de loin, appelé à voter pour un candidat issu de l’extrême-gauche. Et certainement pas au nom d’un prétendu front républicain. Car il ne peut pas y avoir de front républicain avec celles et ceux qui se mettent en dehors du champ républicain. Ma conception de la République n’est pas à géométrie variable, au gré des circonstances et encore moins des intérêts et des petits calculs électoraux.

La droite prend ses responsabilités. Mais qu’en est-il de la gauche ? Qu’en pensent Messieurs Faure et Roussel, Mesdames Tondelier et Delga ? Pas plus que le statu quo n’est possible, le silence assourdissant dans lequel ils s’enferment depuis jeudi dernier n’est tenable. Il est des moments où l’ambiguïté devient une complicité. Et la mort de Quentin les oblige. Elle les oblige à clarifier leur ligne. Que feront leurs candidats à Paris, Marseille ou Lille ? Consentiront-ils, pour quelques sièges, à être les otages volontaires de candidats factieux, au risque de devenir en 2027 les béquilles d’un parti séditieux ?

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Président

Bruno Retailleau

Président des Républicains Sénateur de Vendée Ancien Ministre de l'intérieur

Président des Républicains Sénateur de Vendée Ancien Ministre de l'intérieur

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