Education

LES CONSTATS

Niveau scolaire préoccupant : les résultats du Programme international pour le suivi des acquis (PISA) – qui compare les connaissances des élèves de 15 ans de 79 pays – révèlent que le niveau scolaire en France est loin derrière les pays les plus performants. Après avoir fortement baissé, les résultats des élèves français ne s’améliorent pas depuis la dernière enquête de 2016.

Effondrement de la maîtrise de notre langue : aujourd’hui en France, 7 % de la population adulte âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France est en situation d’illettrisme. La dictée du ministère de l’Education nationale démontre que le niveau baisse dramatiquement : les élèves de CM2 font deux fois plus de fautes d’orthographe en 2015 qu’en 1987.

Inégalités scolaires massives et blocage de l’ascenseur social : selon l’enquête PISA, les inégalités scolaires sont toujours aussi fortes. La France est l’un des pays qui concentre le plus la difficulté scolaire au sein de certains établissements. Les adultes dont les parents sont diplômés de l’enseignement supérieur ont 14 fois plus de chance d’être également diplômés de l’enseignement supérieur que ceux dont les parents ont un niveau d’éducation moins élevé. Dans une étude de juillet 2018, l’OCDE considère qu’il faut six générations aux enfants des familles modestes (les 10% les moins riches) pour atteindre le revenu moyen, la France étant l’un des pays d’Europe où la mobilité sociale est la plus faible.

Dévalorisation de l’apprentissage et de l’enseignement technique : seuls 7% des 16-25 ans se tournent vers l’apprentissage. C’est deux fois moins qu’en Allemagne (15%).

Accompagnement insuffisant des élèves en situation de handicap : le gouvernement ne fait que le strict minimum sur ce sujet alors que le nombre d’enfants en situation de handicap a triplé en vingt ans. Les familles dénoncent un accompagnement inadapté et des personnels formés à l’accueil et au suivi de ces enfants trop peu nombreux et mal payés.

Insécurité au sein des établissements scolaires : selon la DEPP, 442 incidents graves sont signalés chaque jour dans les collèges et lycées de France. Selon l’enquête Pisa, la France est l’un des trois pays (sur 79) où il y a le plus de problèmes de discipline pendant les cours : un élève sur deux fait état « de bruit et de désordre dans la plupart ou dans tous les cours ». Des milliers d’enseignants ont réagi sur Twitter en partageant leur expérience par le hashtag #PasDeVague, révélant ainsi de nombreux cas de violence passés sous silence. Les professeurs doivent pouvoir assurer leurs missions de transmission dans un cadre serein. Les élèves doivent apprendre dans un environnement apaisé où l’autorité du professeur est respectée.

Atteintes à la laïcité : il y a eu quelque 900 signalements pour atteintes à la laïcité en milieu scolaire, entre avril et juin 2019, avec une augmentation de 37% dans le primaire. Une enquête de l’Ifop de septembre 2019 indique que 37% des musulmans résidant en France veulent que la laïcité s’adapte à l’islam parmi lesquels 49% de jeunes de moins de 25 ans.

Nos propositions pour transmettre les valeurs de la République aux jeunes

Refonder les programmes pour assurer l’apprentissage des fondamentaux (lecture, écriture, mathématiques et éducation civique) pour tous les élèves. Cela passe nécessairement par l’augmentation hebdomadaire des heures consacrées aux fondamentaux, une refonte de la formation des enseignants et l’utilisation de méthodes qui ont fait leur preuve.

Améliorer l’orientation en donnant aux proviseurs l’autonomie nécessaire pour être des véritables managers et chefs d’établissements afin d’embaucher leurs équipes, organiser la vie de l’établissement et mener des projets sur le terrain.

Faire participer les acteurs économiques du territoire au Conseil d’administration des lycées afin d’améliorer l’information et l’orientation des lycéens en insistant sur les besoins des entreprises dans le bassin de vie du lycée.

Faire présider le Conseil d’administration des lycées professionnels par des représentants des secteurs professionnels et des acteurs économiques du territoire et former les membres du CA aux enjeux d’insertion professionnelle.

Développer massivement l’apprentissage. Il est urgent de soutenir l’apprentissage en France, qui permet une vraie insertion dans la vie professionnelle (74% de taux d’insertion en 2019). Pour cela, nous proposons de :
● mettre fin au collège unique et permettre l’apprentissage dès 14 ans comme en Allemagne.
● instaurer un dispositif “zéro charge patronale” pour tout recrutement d’un apprenti. Le gouvernement a mis en place, dans son plan de relance, une aide financière de 5 000 euros pour un apprenti de moins de 18 ans, et de 8 000 euros pour un apprenti majeur. Il est préférable de transformer ce dispositif en une exonération de charges pérenne.
● réaffirmer le rôle des régions en leur octroyant le pilotage de l’apprentissage en permettant un accompagnement sur mesure des formations au sein de chaque région.
● étendre le soutien financier des étudiants aux apprentis, en créant un ticket restaurant dédié qui leur permettra d’obtenir un financement alimentaire équivalent à celui proposé par le CROUS sur les campus universitaires.

Quadrupler le nombre d’internats d’excellence. Créés par Nicolas Sarkozy, une quarantaine d’établissements labellisés accueillent des élèves méritants de milieu modeste. La réussite des hauts potentiels provenant de milieux sociaux modestes doit être une priorité politique de premier plan et donc mobiliser suffisamment de crédits budgétaires pour créer de nouveaux internats d’excellence dans tous les départements de France.

Faire de l’apprentissage du français une grande cause nationale, notamment en instaurant un examen de français à l’entrée en 6e. Tous les collégiens qui n’ont pas une maîtrise minimale de la langue française devront suivre le double de cours de français en 6e. Près de 600 heures de cours de français de l’école primaire au lycée ont été supprimées en 40 ans. Il est nécessaire d’augmenter d’une à deux heures par semaine l’enseignement du français du CP au lycée. Les Enseignements de la langue et de la culture d’origine (ELCO) doivent être intégralement supprimés, et pas seulement contrôlés par l’État comme l’envisage le président de la République. La langue de la République française est le français ; elle doit être la langue de tous les Français et de tous ceux qui aspirent à l’être.

Responsabiliser les parents d’élèves perturbateurs en leur faisant signer un contrat prévoyant des sanctions, pouvant aller jusqu’à la suspension des allocations familiales, en cas de comportements nuisibles et répétés. La loi Ciotti de 2010, abrogée par la gauche en 2013, avait permis, par un effet dissuasif indiscutable, de faire revenir à l’école des milliers d’enfants absentéistes.

Généraliser une véritable formation initiale et continue des enseignants pour transmettre en quoi consiste la laïcité et les aider à faire face aux atteintes à la laïcité. D’après un sondage de juin 2018, 74% des enseignants n’ont pas suivi de formation initiale sur la laïcité et 94% n’ont pas bénéficié d’une formation continue sur la laïcité. Nous instaurerons une épreuve sur les valeurs de la République et la laïcité dans les concours d’enseignants et au brevet des collèges.

Donner à aimer la France, notamment par la transmission du récit national. L’enseignement de l’Histoire de France doit être renforcé, davantage chronologique et incarné et ne pas être prisonnier de l’idéologie de la repentance. Chaque Français, quelle que soit son origine sociale et familiale, est dépositaire de l’histoire de France et doit cultiver le goût de la continuer.

Créer un parcours citoyen et un véritable service à la Nation d’au moins quatre mois. Parce qu’il est illusoire de former nos citoyens de demain en un mois à partir de 16 ans, comme le propose le gouvernement à travers son Service national universel (SNU), il faut créer un véritable parcours citoyen tout au long de la scolarité. L’enseignement civique, moral et de défense doit être renforcé et évalué. Dans le même temps, nous proposons une montée en puissance de dispositifs déjà existants : les jeunes sapeurs-pompiers (JSP), les classes à projets comme les classes de défense et de sécurité globale, les classes en lien avec la Croix-Rouge française, les cadets de la défense… À partir de 16 ans, après avoir été recensés, les jeunes devront s’engager pendant au moins quatre mois dans le cadre d’un service à la Nation (dans l’armée, la Justice, les collectivités, les associations, etc.).

Développer des outils incitatifs à l’engagement, dans les parcours universitaires et professionnels (service civique, réserves (militaire, sanitaire, sociale, citoyenne, engagement international) et promouvoir et valoriser les parcours de réinsertion comme le SMA (Service militaire adapté) en Outre-mer, le SMV (Service militaire volontaire) en métropole et les EPIDE (Établissements pour l’insertion dans l’emploi). Seront organisées la visite d’unités militaires et la venue de militaires dans les établissements scolaires. La Journée de défense et de citoyenneté (JDC) et le Service national universel seront ainsi remplacés par ce projet de société qui mise sur la profondeur et la durée.