Etat et collectivitésOlivier Marleix : « En cas de dissolution, le président n’aurait plus beaucoup de députés »

30 septembre 2022
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Olivier Marleix, président du groupe LR à l’Assemblée,réagit à la menace du chef de l’État.

Pas du tout emballé. Le député d’Eure-et-Loir, qui préside le groupe LR à l’Assemblée nationale, appelle Emmanuel Macron à mettre sur la table tous les dossiers liés aux retraites pour convaincre les Français.

Emmanuel Macron a indiqué mercredi soir ne pas exclure une dissolution de l’Assemblée nationale en cas de censure. Qu’en pensez-vous ?

Le président de la République doit d’abord respecter l’Assemblée nationale que lui ont donnée les Français et la laisser travailler. Celui qui serait en faute, en cas de dissolution, ce serait lui, parce qu’il n’aurait pas été capable d’organiser le dialogue. Sa responsabilité, ce ne sont pas les rodomontades devant des copains dans les salons dorés de l’Élysée, c’est de faire fonctionner les pouvoirs publics.

Est-ce le groupe LR qui est visé par cette menace de dissolution ?

Non c’est une déclaration de défiance envers l’Assemblée tout entière ! En cas de dissolution, le président n’aurait plus beaucoup de députés En Marche. Il ne semble pas être au courant de l’ambiance dans lepays…

À vos yeux, Emmanuel Macron met la pression sur les députés ?

Le dialogue, ce n’est pas l’oukase. Une Assemblée nationale qui n’a pas de majorité, je comprends que ça blesse son ego mais ce sont les Français qui l’ont voulue. Qu’il nous transmette déjà un projet. L’art de la réforme c’est tout à la fois une vision, une volonté, une méthode et du respect. Pour l’instant il manque à peu près tout.

Mais sur les retraites, Emmanuel Macron donne plus de temps à la concertation. Vous applaudissez ?

Jusqu’à hier il voulait passer en force… On progresse. Il n’y a jamais eu de réforme de retraite faite sans véritable concertation. La plus rapide était celle de Nicolas Sarkozy en 2010, qui avait mis dix mois entre le document d’orientation et l’arrivée du texte au Parlement.

Valérie Pécresse, que vous souteniez, avait promis d’allonger la retraite à 65 ans dans les 100 premiers jours de son mandat…

Emmanuel Macron, lui, trouvait que 64 ans, c’était beaucoup trop ! Le sujet, c’est qu’aujourd’hui trop de retraités en France vivent avec des ressources indignes pour une vie de travail. Il faut trouver les moyens de cotiser davantage pour augmenter les petites retraites. C’est une question de justice sociale.

Quelles seront les lignes rouges de votre groupe pour voter le texte ?

La première, c’est qu’il y ait du dialogue et d’abord avec les partenaires sociaux ! Il faut montrer aux Français quels gains en attendre : améliorer les pensions, augmenter la retraite minimum pour ceux qui ont travaillé toute leur vie, revoir les règles de la pénibilité, la situation des femmes qui ont des trimestres non cotisés, faciliter l’organisation des fins de carrière progressives… Que tous les dossiers soient mis sur la table ! Il y a énormément de champs de progrès qui peuvent intéresser les Français, c’est à Macron de les mettre sur la table. Sinon, il ira dans le mur. Et nous n’irons pas dans le mur avec lui.

Pourtant la droite a toujours défendu le recul de l’âge légal. Pourquoi ne le voteriez vous pas ?

Contrairement à lui, nous l’avons toujours dit : nous n’avons pas de problème avec le report à 64 ans. C’est l’un des critères importants mais ce n’est pas le seul.

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