Vie du mouvementRentrée des Jeunes Républicains – discours d’Annie Genevard

4 septembre 2022

Seul le prononcé fait foi

Chers amis,

Permettez-moi d’abord de féliciter les Jeunes Républicains et leur président, cher Guilhem, pour avoir su mobiliser près de 700 jeunes à ce campus de rentrée. Avec Christian Jacob, nous avons eu raison de vous faire confiance.

Je tiens à remercier aussi Théo, Charlotte, Tristan, et le sénateur Stéphane Piednoir et tous ceux si nombreux qui ont travaillé au succès de ce rendez-vous qui constitue la rentrée politique des Républicains, excusez du
peu ! Vous faites l’événement, bravo et merci ! Applaudissons-les car ils ont vraiment bien bossé tout l’été.

Merci d’avoir associé à vos travaux les responsables de notre Mouvement lors de tables rondes très studieuses et notamment Eric, Michel, Philippe qui ont nourri si puissamment le débat dès le Congrès de 2021 et qui ont confirmé ici leurs compétences.

Valérie PECRESSE ne sera pas parmi nous aujourd’hui mais elle m’a demandé de vous transmettre ce message :

« Si elle n’a pas réussi à vous mener à la victoire, elle n’oubliera jamais ce qu’elle doit à votre engagement, votre fidélité, votre courage. Pendant la présidentielle vous aviez 20 ans et vous étiez devant ! Les convictions que vous défendez sont belles. Ce sont celles du General de Gaulle, de Simone Veil. Vous pouvez en être fiers. Tout redémarre ici à Angers et son cœur est avec vous ».

Merci à nos présidents de groupe, Olivier, Bruno, François-Xavier, avec lesquels je travaille régulièrement et dont j’apprécie le sérieux et le talent. Merci à Aurélien, notre secrétaire général, qui alimente le suspens.

Je salue les parlementaires, les élus régionaux, départementaux, les maires et le premier d’entre eux cher David Lisnard. Certains ont fait beaucoup de route, cher Jean-Luc, pour être parmi nous. Et surtout, merci à vous les jeunes qui venez de toutes nos régions. Votre enthousiasme, votre talent, votre détermination nous font du bien.

Ce qui me réjouit, c’est que vous croyiez aux valeurs de notre famille politique ! Et vous voulez peser sur l’avenir de notre pays !

En un mot, vous croyez en l’avenir ! Comme vous avez raison !

Ceux qui prétendent être les défenseurs exclusifs de la planète ne croient pas en l’avenir. Il suffit de les écouter. Ils nous promettent l’apocalypse écologique. Il n’y aurait plus rien à faire. Mais ils briment quand même nos libertés pour une cause qu’ils déclarent déjà perdue.

Le chef de l’État, lui, promet la fin de l’abondance, de l’insouciance et des évidences ! Il nous promet du sang et des larmes. Mais franchement, n’est pas Churchill ni de Gaulle qui veut.  De Gaulle et Churchill avaient une vision de l’avenir ! Emmanuel Macron navigue à vue.  Cette incapacité à penser l’avenir éclate avec la question énergétique. L’affaiblissement de la filière nucléaire révèle aujourd’hui ses conséquences délétères.

Cette indécision et cette imprévoyance au sommet de l’État nourrit le dégoût des jeunes pour la politique. À force d’entendre que la planète est fichue et à force de constater que les politiques n’ont aucun pouvoir, à quoi bon s’engager ou voter, se disent-ils, puisque tout – c’est-à-dire le pire – est déjà écrit.

Vous ne faites pas partie de ces désabusés ! Car vous êtes les jeunes Républicains !

Notre discours n’est ni décliniste, ni hésitant, notre discours est un discours de courage et d’espoir parce que nous, les Républicains, nous croyons en l’avenir, parce que nous avons foi en la France. Nous croyons à un certain génie français pour surmonter les crises, pour inventer des solutions, pour préserver notre identité.

Nous en sommes tous conscients. Nous avons devant nous des défis cruciaux pour notre pays : explosion des prix et risque de coupures d’électricité cet hiver ; hausse de plus de 11% des prix alimentaires ; pénurie d’enseignants ; réchauffement climatique ; système de santé à bout de souffle, insécurité grandissante, délitement de la cohésion nationale…

Nous n’avons pas le droit de laisser le pouvoir continuer à perdre du temps ! Nous savons où nous voulons aller : rebâtir une société fondée sur le respect de l’autorité, le mérite, le travail, la solidarité et la liberté.

Voilà ce que nous souhaitons tous ici réunis !

Emmanuel Macron a un don pour la procrastination : il a une manie pour multiplier les comités Théodule pour réfléchir, concerter, et réfléchir encore, et en définitive, esquiver ses responsabilités. Quand on a une majorité si peu cohérente, on ne décide pas, quand on veut satisfaire et les uns et les autres, on ne décide pas. Le « en même temps » est un leurre, une impasse et une faute au regard des défis immenses de notre pays. Il se paie au prix fort de l’inaction et du renoncement. « On ne va pas au vrai par des chemins obliques » disait Victor Hugo.

Le 2 août dernier marquait les 100 jours de son second mandat. Pourquoi est-ce passé totalement inaperçu ? Parce qu’il ne s’est presque rien passé.

Après le Grand débat, les cahiers de doléances, les conventions citoyennes et les multiples états généraux de son premier mandat, Emmanuel Macron croit avoir trouvé une nouvelle parade : le Conseil national de la refondation.

Il ose évoquer le CNR du général de Gaulle et de Jean Moulin. Je trouve indigne de comparer cet objet politique non identifié avec le Conseil national de la Résistance qui a fédéré tout ce que notre pays comptait de héros pour jeter les fondations de la France d’après-guerre. Il est à mes yeux impossible de confondre ce qui est constitutif de notre identité avec ce qui a tout l’aspect d’une manœuvre politicienne destinée à contourner l’un des piliers de notre Constitution qu’est le Parlement.

Les Français ont librement décidé de priver le président de la République de majorité à l’Assemblée nationale. Ils ont démocratiquement décidé d’y élire des représentants de toutes les sensibilités politiques. Mais Emmanuel Macron n’a pas entendu le message des Français. Le débat démocratique est essentiel à la démocratie. Il veut le contourner.

Mais que cela soit dit : il va pourtant être obligé d’entendre l’opposition, et en particulier l’opposition de droite. Parce que nos solutions sont concrètes et applicables. Ce président ne va plus pouvoir se contenter de nous paraphraser. Il va devoir passer aux actes. Il va devoir admettre que nos propositions correspondent à ce dont le pays a besoin. Et les mettre en œuvre. Maintenant.

Que les choses soient claires : nous ne sommes pas les supplétifs de sa majorité, nous sommes une opposition utile, forte d’un projet alternatif. Nous ne nous vociférerons pas sur les bancs de l’Assemblée sans rien obtenir pour les Français ; nous faisons tout pour que nos propositions soient transformées en actes dès maintenant. Parce que les Français ne peuvent plus attendre.

C’est pourquoi avec le Président du Sénat j’ai mis en place dès mon arrivée à la présidence du parti une coordination parlementaire avec les présidents de groupe. Cette coordination a porté ses fruits en juillet. Notre action commune a été entendue.

La défiscalisation des heures supplémentaires, c’est nous. La conversion des RTT en salaire, c’est nous. La réduction de 30 centimes des taxes sur les carburants, qui soulagera la France qui travaille, c’est nous.

Je l’ai dit, nous portons un véritable projet alternatif responsable. Un projet de gouvernement. Cela suppose un impératif de responsabilité. Aucun dirigeant, je dis bien, aucun dirigeant responsable ne peut prétendre gérer le budget de l’État par la dette. C’est un point de désaccord majeur avec le gouvernement. Nous sommes les seuls à tirer la sonnette d’alarme depuis des années sur le niveau de la dette et la dérive des dépenses publiques qui doivent être réduites. Il n’y a pas d’autre voie possible. « Les comptes en désordre sont la marque d’un peuple qui s’abandonne » disait Pierre Mendès France.

Je doute que Madame Borne qui se réclame de la gauche soit miraculeusement touchée par la grâce de la responsabilité budgétaire. Pas plus qu’Emmanuel Macron. Aucun d’eux n’a jamais voulu réduire la voracité d’un état toujours plus dépensier.

Pourquoi voterions-nous un budget, même si nous parvenons à le corriger, si nous n’adhérons ni au projet ni à la méthode d’Emmanuel Macron.

Je n’oublie jamais sa meilleure alliée : Marine Le Pen. 2012, 2017, ces deux-là prennent l’habitude d’une confrontation qui tourne invariablement à l’avantage de Macron. Pourquoi ? Parce que les Français sentent bien que Marine Le Pen est une réponse impuissante à une colère légitime.

Marine Le Pen flatte les passions mais n’apporte aucune solution.

Veut-elle ou non quitter l’euro ? Veut-elle ou non rembourser la dette ? Veut-elle ou non sanctionner la dictature de Vladimir Poutine et son agression contre l’Ukraine ?

Et quelle est sa vision de l’économie ? Dépenser encore davantage que le « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron !

Marine Le Pen incarne un vote de colère ou de déception, mais elle n’incarne aucune alternative.

L’alternative, c’est nous !  Notre responsabilité est donc immense et les candidats à la présidence de notre mouvement ne doivent jamais l’oublier !

Ce qui nous rassemble est infiniment plus fort que ce qui est supposé nous séparer. J’entends le projet d’Éric. J’entends le projet de Bruno. J’entends le projet d’Aurélien ou celui de Serge. Je les respecte et je vois avant tout ce qu’ils ont en commun.

Personne chez les Républicains ne conteste la nécessité de limiter l’immigration. Pas plus qu’aucun d’entre nous ne se satisfait de l’inapplication des peines et de l’explosion de la délinquance.

Chacun, dans notre famille, est attaché à la solidarité envers les plus faibles. Les handicapés doivent être soutenus. Les femmes, les enfants et parfois les hommes victimes de violences intra-familiales doivent être mieux défendus. Qui s’y oppose parmi nous ? Personne.

Et nous sommes tous d’accord pour dire que nos entreprises sont trop souvent privées de l’oxygène de la liberté, que les aides sociales ne sont pas un dû dont on profiterait au gré de son envie de travailler ou pas, mais une aide à ceux qui sont frappés par un accident de la vie.

À mes yeux, nous avons toujours l’essentiel en commun mais parfois certains expriment des priorités différentes. Veillons à ne pas en faire des combats de ligne. Je ne connais qu’une seule ligne, la ligne droite !

Ces priorités méritent-elles de se mesurer l’une à l’autre dans le cadre d’un Congrès ? En tant que présidente, je réponds que l’expression de chacun doit être respectée. Chacune de ces candidatures, comme toutes celles qui se déclareront dans le respect des règles, pourront s’exprimer. C’est notre richesse et notre identité républicaine : nous chérissons le débat démocratique.

Tout au long de son histoire, la droite n’a jamais été monolithique. Il y a eu une droite légitimiste, orléaniste ou bonapartiste au XIXe siècle. Leurs sensibilités n’ont pas disparu au XXIe, mais l’histoire nous apprend que nous gagnons toujours quand nous savons les marier.

À la place qui est la mienne, je veillerai à ce que le débat qui s’ouvre ne nous divise pas, mais qu’au contraire, il nous enrichisse. Je sais que les candidats ont à cœur également de faire avancer le parti. Messieurs je serai votre arbitre, une arbitre bienveillante, c’est ma nature, mais une arbitre intransigeante car c’est mon devoir. Pas de tiraillements ni de faux semblants sinon ce sera carton jaune ! Chacun va devoir jouer fair-play. Nous le devons à nos adhérents qui s’engagent comme aux Français qui nous observent

J’en viens à une question qui m’est chère, moi qui ai exercé à peu près toutes les fonctions dans ma Fédération aussi bien qu’à la direction du parti, c’est le rôle du parti, de ses élus et de ses militants.

Jusqu’à présent, le parti était dirigé par celui qui espérait logiquement porter nos couleurs à la fonction suprême. Ce n’est plus le cas.

Nous connaissons ceux qui dans nos rangs ont manifesté leur intérêt pour la présidentielle de 2027. Ils souhaitent tisser un lien avec les Français. C’est la logique de la Cinquième. Mais aucun d’entre eux n’a souhaité prendre la présidence du mouvement aujourd’hui. Nous devons donc nous interroger sur le rôle du parti dans ce contexte général.

Nous savons tous aussi que pour gagner une présidentielle, outre ce lien personnel avec les Français, il est indispensable d’avoir un mouvement politique derrière soi et même d’en avoir été un dirigeant.

C’était le cas des deux finalistes du second tour en 2017 : Macron et Le Pen. C’était le cas des 3 premiers arrivés en tête cette année. Et si ces 3 là abandonnent la présidence de leur formation, officiellement, ils en restent les maitres à penser.

Pourtant, les partis ne peuvent plus se contenter d’être des écuries présidentielles.

Nous vivons dans une société où la politique est constamment dévaluée et où les acteurs politiques sont déconsidérés. Dans les médias, dans les émissions de divertissement, dans la production culturelle, la politique est la plupart du temps présentée sous un angle négatif.

Les jeunes générations (je ne parle pas de vous, les jeunes Républicains !) … Les jeunes ne voient plus que des caricatures de la politique.

Je vous demande d’être lucides. Pensez à vos amis qui ne sont pas investis en politique comme vous. Avec lesquels vous ne parlez jamais politique.

Un jeune âgé de 25 ans aujourd’hui, quel âge avait-il en 2012 quand nous avons quitté le pouvoir national ? En 2012, il avait tout juste 15 ans. Que sait-il de la droite en réalité ? ce que lui en disent les réseaux sociaux. Je ne vous fais pas de dessin ! Ils ne pensent pas du bien de nous.

Mais nous devons être lucides et sans complaisance avec nous-mêmes. Nous devons poser cette question, même si elle est cruelle. Aujourd’hui, les idées de la droite et du centre sont majoritaires. Mais quel est le parti qui incarne ces idées ? Les médias nous disent que c’est Macron, et même Le Pen quand ils ne nous disent pas déjà morts ! mais nous ne sommes pas à vendre à la découpe et même si nous sommes affaiblis, nous sommes bien vivants !

Notre rôle, en tant que mouvement politique, n’est donc pas uniquement de réidentifier la droite et le centre à notre formation politique, il est aussi de former les consciences à la réalité de l’action publique.

Les partis ne peuvent plus vivre repliés sur leurs militants pourtant si dévoués et précieux. Nous devons nous ouvrir à ceux qui doutent de la politique. Nous devons créer des lieux de rencontres autour des idées, avec des élus mais aussi des intellectuels, des experts, des chercheurs. Pas uniquement pour convaincre, mais pour favoriser la réflexion politique. Je prendrai très prochainement des initiatives en ce sens.

Le non-cumul des mandats a bouleversé l’organisation de nos structures. Le député maire ou le sénateur maire qui siégeait au sein de nos instances de direction a perdu ce double engagement. Chacun le reconnait, y compris parmi les promoteurs de cette loi. Nous y reviendrons peut-être. Mais dès maintenant, nous devons réduire la fissure qui est en train de se creuser entre les élus locaux et nationaux. Nous sommes moins exposés que d’autres, c’est vrai, mais nous devons prendre garde à ce phénomène.

Un dernier mot. Je vais être brève car c’est un sujet sur lequel je reviendrai dans les prochaines semaines. Mais vous êtes encore plus concernés que d’autres.

Je veux parler des femmes. Nous assistons à la montée d’un féminisme excluant, pour lequel l’avenir des femmes serait dans la revanche vis-à-vis des hommes.

Ce n’est pas ma vision. Je défends la femme républicaine définie par notre devise : liberté, égalité, fraternité. La femme républicaine est libre, égale à l’homme, elle n’est pas son adversaire, n’est-ce pas chère Alexandra, chère Anne-Laure, chère Charlotte. Cette conception, j’en suis persuadée, est celle de la majorité des Françaises, et notamment des jeunes femmes.

Je vous encourage à vous investir sur cette question comme je compte le faire moi-même. Pas de renouvellement des pratiques dans notre Mouvement sans les femmes ! ne l’oublions pas !

Vous le voyez, cette rentrée est riche de promesses. Un travail et des débats passionnants nous attendent. Nous avons deux ans devant nous avant les élections européennes pour tirer profit de ces débats. Sachons le faire en préservant notre unité. C’est la condition de notre avenir.

Vivent les Républicains !
Vive la République !
Et vive la France !

 

%d blogueurs aiment cette page :