Etat et collectivitésAnnie Genevard : « Ce Conseil national de la refondation crée une confusion de légitimité »

30 août 2022
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Annie Genevard, présidente de notre mouvement, a répondu à La Croix sur la création du Conseil national de la refondation voulue par Emmanuel Macron.

« Cet objet politique non identifié ne suscite aucune adhésion de la part des groupes LR des deux chambres, ainsi que du président du Sénat, qui ont déjà rejeté l’invitation. Le parti sera amené dans le courant de la semaine à confirmer lui aussi son refus d’y participer. Le principal reproche que l’on peut faire à ce Conseil national de la refondation est de créer une confusion de légitimité entre des représentants de la société civile – dont on ne sait pas sur quelle base ils seront désignés ou choisis – et ceux de la nation, qui tirent leur pouvoir d’un mandat. Les députés ne représentent pas qu’eux-mêmes mais le peuple qui les a élus. Je crois à la suprématie de la démocratie représentative.

Alors certes, il faut faire droit à une demande de participation des citoyens, mais beaucoup a déjà été fait pour cela. Le recours à la pétition pour engager un référendum ou la question prioritaire de constitutionnalité ont été par exemple introduits dans notre droit. Au plus près du terrain, de la création des conseils de quartier aux consultations citoyennes, de multiples manières de donner la parole existent. On peut encore citer la représentation des usagers telle qu’elle s’est mise en place dans les hôpitaux.

L’annonce de ce Conseil national de la refondation me semble plutôt relever de cette manie de l’exécutif de créer de grands débats ou consultations pour esquiver les difficultés, désamorcer les crises en ouvrant des voies de dérivation. Pour, au bout du compte, prendre le risque de créer bien des déçus. Souvenons-nous de la Convention citoyenne sur le climat et du sort réservé aux solutions qui en avaient émergé. Et que dire des multiples consultations locales favorables à l’aéroport nantais de Notre-Dame-des-Landes pour, finalement, voir le pouvoir céder à la pression des zadistes.

Le président Macron entend confier à ce nouveau conseil une réflexion sur l’avenir des services publics et un rôle de diagnostic sur de grands enjeux, à commencer par nos politiques de santé ou d’éducation. Mais enfin ! Tout a déjà été dit au sujet de la suradministration de l’hôpital public, la crise de la transmission des savoirs ou l’absence de ressources humaines à l’éducation nationale. On a eu tant de Beauvau, de Grenelle, de Ségur… Et encore dernièrement une mission flash sur le fonctionnement des services d’urgence !

Les diagnostics sont posés, et ce qu’il faut à présent, de la part du pouvoir politique, c’est de la clairvoyance, du courage et de la capacité d’anticipation. Et cela vaut en matière de services publics comme de politique énergétique. C’est à pleurer d’avoir arrêté des centrales nucléaires pour devoir maintenant rouvrir des centrales à charbon. »

>> Lire l’interview sur La-Croix.com

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