Etat et collectivitésBruno Retailleau : « Nous sommes l’opposition d’intérêt général »

1 août 2022
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Le Sénat a pris une importance nouvelle en l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale. Bruno Retailleau (LR), président du groupe le plus important à la Chambre haute, fixe les conditions de son approbation des textes du gouvernement, du pouvoir d’achat à l’immigration.

Avec cette loi sur le pouvoir d’achat, n’êtes-vous pas dans une forme de surenchère dépensière ?

Non, notre message est qu’il faut que le travail paie plus : en défiscalisant les heures supplémentaires et en exonérant de charges sociales ces mêmes heures supplémentaires. À 39 heures, cela fait l’équivalent de 1 510 euros nets par mois. Ensuite, nous voulons la fin du « quoi qu’il en coûte », qui donne l’illusion que l’État peut tout : nous ne voterons pas le PLFR (budget rectificatif) sans mesures d’économie budgétaire.

Par exemple ?

L’instauration d’une carte vitale infalsifiable. Vous avez 7 millions de cartes en circulation de plus qu’il n’y a de Français. Avec une dépense moyenne de santé de 3 000 euros par an par Français, cela fait plus de 20 milliards d’euros à économiser. Le Sénat, je dirais contrairement à l’Assemblée, est particulièrement responsable.

Avez-vous bon espoir d’un compromis lundi avec l’Assemblée nationale pour la loi sur le pouvoir d’achat ?

Nous ne sommes pas des marchands de tapis. Il n’y aura pas d’accord en commission mixte paritaire si le gouvernement veut s’éloigner des équilibres trouvés avec les heures supplémentaires, les rachats de RTT, l’extension des tickets restaurants, l’encouragement de l’intéressement…

Au bout d’un mois de session, une majorité « Ensemble-LR » paraît se dégager…

Ce n’est pas une majorité, c’est du cas par cas. Nous sommes clairement en dehors de la majorité, sur une ligne d’opposition d’intérêt général, pas une opposition vociférante comme la Nupes. Nous votons des textes, mais en les amendant profondément. Car il serait stupide de ne pas voter des mesures que nous avions nous-mêmes souhaitées, comme la défiscalisation des heures supplémentaires.

Aurez-vous la même attitude face au projet de loi sur l’immigration ?

Le Sénat a produit des rapports très pointus sur le sujet, notamment celui de François-Noël Buffet. Et nous avons proposé des mesures que le gouvernement a refusées : dans la loi contre le séparatisme, nous avions voté un amendement pour qu’un étranger ne respectant pas les principes républicains ou menaçant l’ordre public, comme un islamiste, ne puisse obtenir de titre de séjour, ou se le voit retirer s’il en a un pour être renvoyé chez lui. Sans une mesure comme celle-ci, il n’y aura pas d’accord sur la loi.

Le ministre de l’Intérieur vous a déjà donné raison…

Je me méfie de la communication et des tweets de Gérald Darmanin… Concernant l’immigration, la France est le pays le plus avantageux sur le droit d’asile, le regroupement familial ou les soins gratuits. Ça doit changer.

Le Rassemblement national est-il devenu un parti d’opposition comme les autres ?

J’ai toujours considéré que le Rassemblement national respecte les principes républicains, car si ce n’est pas le cas, il faut l’interdire. Et je me suis toujours opposé à la diabolisation à coups de morale de ses électeurs, une stratégie qui a échoué. Il faut lutter contre le Rassemblement national pour ce qu’il est : un parti démagogue, qui varie en fonction de ses intérêts électoraux.

>> Lire l’interview sur L’Alsace.fr

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