Etat et collectivitésOlivier Marleix : « Nous voulons que la France reste la France »

7 juillet 2022

Madame la Présidente,
Madame la Première ministre,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mes chers Collègues,

Les Français ont décidé, en élisant leurs députés à l’Assemblée nationale, de priver le Président de la République de majorité absolue. Notre Assemblée est aujourd’hui à l’image de notre pays, fracturée.
Avoir voulu dissoudre les clivages politiques par des débauchages individuels n’aura consisté au final qu’à remettre au goût du jour la vieille recette de « la petite soupe, sur le petit réchaud » dénoncée en son temps par le Général de gaulle, mais n’aura pas permis de relever le défi essentiel : enrayer le déclin de la France.

Cette « petite soupe », nous n’en voulons pas.
Notre responsabilité est claire : ni compromission ni petits arrangements avec un président de la République dont nous contestons les orientations chancelantes depuis 2017, sur la dette, sur l’énergie, sur la souveraineté agricole ou industrielle, sur la sécurité, sur l’immigration, sur la transition écologique. Mais jamais de blocage stérile. Nous n’avons pas l’intention de tout paralyser alors que notre pays a déjà pris tant de retard faute d’une vision claire et d’une action résolue.

Nous ferons tout pour que les cinq prochaines années soient plus utiles à notre nation que ne l’ont été les dix dernières.

Nous avons pour boussole : le bien commun de la France et des Français. Dès qu’il en sera question, nous serons au rendez-vous.

Oui, nous sommes prêts à voter tous les textes qui iront dans le sens du sursaut national, celui du pouvoir d’achat par le travail, de la reconstruction de notre appareil industriel, de la sanction des délinquants, ou de l’accès de tous à la santé.

Mais pour que la France retrouve la maîtrise de son destin, nous vous engageons, madame la Première ministre, à une franche rupture avec la politique du chien crevé au fil de l’eau.

Il est temps de répondre à l’attente légitime d’autorité dans notre pays, d’autorité du savoir et des enseignants à l’école,
d’autorité des policiers dans nos quartiers, d’autorité de la loi et de la sanction vis-à-vis des délinquants,
d’autorité de nos frontières face à des flux migratoires qui débordent nos capacités d’assimilation.
L’humiliation qu’a représentée pour les Français la chienlit du Stade de France est un énième symptôme de l’alarmante déliquescence de l’autorité dans notre pays. Nous vous appelons à en prendre la mesure et à prendre les décisions qui s’imposent.

– Si vous êtes disposée à construire assez de places de prison (nettement plus que les pauvres 2 000 places supplémentaires de la dernière mandature), vous pouvez compter sur nous.
– Si vous êtes disposée à instaurer des peines minimales exemplaires pour enfin sanctionner les délinquants, vous pouvez compter sur nous.
– Si vous êtes disposée à plafonner strictement l’immigration en fonction de nos capacités d’assimilation, vous pouvez compter sur nous.
– Si vous êtes disposée à expulser les étrangers fichés pour radicalisation terroriste, vous pouvez compter sur nous.

Nous devons aussi répondre à cette exigence de justice sociale la plus élémentaire : pouvoir vivre dignement de son travail.
À coups de chèques à crédit et de dépenses sociales incontrôlées, vous avez fait croire que l’assistanat était une solution alors qu’il n’est qu’illusion. -Plutôt que de multiplier les chèques d’argent public, tâchons de réduire l’écart délirant entre salaire brut et salaire net en réduisant les prélèvements obligatoires.
Plutôt que de réduire les retraites – fruits d’une vie de travail – par leur sous-valorisation ou la hausse de CSG, ayez enfin le courage de mener une réforme juste de notre système de retraites. Oui, nous devons tout faire pour revaloriser le travail, et il n’y a pas de droits sans devoirs :
-si vous êtes prêts à exiger des bénéficiaires du RSA 15 heures d’activités, par exemple dans nos EHPAD qui ont tant besoin ne serait-ce que de présence auprès de nos aînés, alors vous pourrez compter sur nous.

Ne nous dupons pas. La clef du pouvoir d’achat est là : que la France produise plus d’emplois et de richesses. Alors ne tuons pas ce qu’il nous reste d’industrie au nom d’un écologisme punitif dont le seul effet est de produire plus mal à l’étranger ce que nous ne produisons plus en France. Nos importations représentent désormais la majorité de notre empreinte carbone. Nous tuons à la fois nos emplois et la planète ! Acheter un T-shirt moins cher au prix de sacrifier un emploi, ça ne fait pas une politique. Pour créer les conditions d’une réindustrialisation décarbonée, il nous faut moins de normes, moins de paperasse et une vraie politique de filières.
Une France productive et créative, c’est la condition pour relever le défi du changement climatique. Et il nous faut retrouver l’excellence nucléaire sans laquelle l’électricité sera plus chère et plus carbonée. Cela suppose enfin d’arrêter d’être les idiots du village global : toutes les nations défendent leurs intérêts ; personne ne défendra les nôtres à notre place !
Et nous devons enfin sortir de l’illusion de l’argent magique qui menace notre souveraineté. La réalité se rappelle déjà à nous, au terme d’un mandat qui a augmenté de 700 milliards d’euros la dette publique, deux fois plus qu’en Allemagne. Et nettement moins en raison de la crise sanitaire qu’en raison de vos choix budgétaires, comme l’a rappelé la Cour des comptes.
Nous voilà au pied du mur. Alors revenons au bon sens de Montesquieu : « le point fondamental de la bonne administration est simple : il ne consiste qu’à ajuster la dépense avec la recette. »
Tous les entrepreneurs doivent le faire ; toutes les familles doivent le faire ; votre gouvernement doit aussi le faire, madame la Première ministre !

Les familles et les entreprises françaises sont toujours aussi accablées d’impôts et de taxes : le taux de prélèvements obligatoires est le même en 2021 qu’en 2016 alors que notre hôpital est au bord de l’implosion, que le niveau de notre éducation s’effondre et qu’elle ne promeut plus assez le mérite, que la justice sanctionne trop peu et trop lentement et que des millions de Français sont privés d’accès à la santé. Car l’argent du contribuable est trop souvent gaspillé.
La réalité est là : il est possible et nécessaire de faire mieux avec moins d’argent public. Soyons clairs : augmenter les effectifs de soignants ou de magistrats, oui. Mais à condition de réduire drastiquement les emplois publics dans les administrations centrales, dans les quelques 1 200 agences de l’État, dans tous ces bureaux qui ont pullulé à mesure que les agents de terrain se raréfiaient. La méthode de la Révision générale des politique publiques, vieille de 15 ans, n’était sans doute pas la bonne. Cela ne justifie en rien de laisser filer le nombre d’emplois publics comme vous le faites depuis 2017 (70 000 dans la seule fonction publique d’État). Faire des économies d’argent public est possible, comme nous le démontrons dans les régions dont nous avons la charge.
Et il faudra avoir enfin le courage de protéger l’argent des Français, tout autant contre la fraude sociale que contre les champions de l’optimisation fiscale qui abusent sous vos yeux des prix de transfert rendant toute concurrence déloyale pour nos entreprises.
Nous serons à vos côtés si vous avez le courage de réduire la dépense publique inefficace pour réduire l’imposition confiscatoire du travail. Y compris l’imposition des moyens d’aller travailler, c’est-à-dire des carburants. La taxation des carburants c’est le plus injuste des impôts parce que c’est l’impôt qui vise directement cette France qui se lève tôt et qui ne s’en sort plus !

Cette politique du courage que nous appelons de nos vœux est la seule apte à rétablir la cohésion nationale. Au terme de ces cinq années ; notre nation est épuisée et fracturée. Les Français ont envoyé un message au président de la République : l’arrogance solitaire et le mépris des corps intermédiaires doit cesser. Au cours des cinq prochaines années, l’Assemblée des élus de la nation que nous sommes devra être entendue. Et nous, les députés Les Républicains, avons un combat : celui de la cohésion nationale. La cohésion nationale, ça n’est pas un slogan tiède et vaporeux comme l’est devenu le « vivre ensemble ». Ça n’est pas une synthèse des contraires ou une coalition d’intérêts. C’est un inlassable combat animé par l’amour de la France.

Qu’il n’y ait pas une France des précaires et une France des protégés, mais une seule France.
Qu’il n’y ait pas une France des jeunes et une France des séniors, mais une seule France.
Qu’il n’y ait pas une France des métropoles et une France des villages, mais une seule France.
Qu’il n’y ait pas une France des usines et une France des start-ups, mais une seule France.
Qu’il n’y ait pas une France une France qui croit au ciel et une France qui n’y croit pas, mais une seule France ;
La France fière de son histoire et sûre de son destin.
Notre nation n’est ni un torrent d’individus, ni une juxtaposition de communautés. Elle est ce que nous avons en héritage et en partage. Elle nous dépasse et nous oblige.
Jamais nous ne devons perdre foi en elle et nous résigner à la lutte des classes ou au choc des cultures.

Non seulement nous avons le droit, mais nous avons le devoir de défendre notre nation et notre mode de vie. Oui, nous voulons que la France reste la France.
Que notre nation retrouve son rang.
Voilà le chemin exigeant sur lequel vous savez pouvoir nous trouver !

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