SociétéValérie Pécresse : « Je suis la seule qui aura le courage de faire les réformes »

5 avril 2022
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En candidate de la « droite authentique », elle invite les Français à ne pas tomber dans le « piège » présidentiel.

Quel regard portez-vous sur cette campagne présidentielle ?

Cette campagne a été volontairement escamotée. Le président sortant a fui les débats et son scénario cynique était écrit d’avance : il veut un face-à-face avec les extrêmes. Depuis janvier, je suis la femme à abattre parce qu’il n’était pas question pour Emmanuel Macron d’avoir face à lui une droite authentique, assumée, et porteuse d’un projet de rupture puissant. C’est ce projet que les Français attendent pour une remise en ordre du pays. Le président aura tout fait pour éviter un débat sur son bilan. Tous les ministres ont reçu l’ordre de ne pas débattre avec moi ! Je veux être au second tour pour confronter le candidat Macron à ses résultats et ses incohérences. Montée des violences, laisser-faire sur l’immigration, services publics essentiels à bout de souffle (école, justice, hôpital… ), crise massive du pouvoir d’achat liée à la surimposition des Français et à l’explosion des taxes… Mon projet courageux annonce des économies alors qu’aucun autre candidat n’envisage de supprimer le moindre poste dans la fonction publique et n’ose reprendre le choc de simplification dont la France a besoin. Si les Français veulent un vrai gouvernement de droite, ils doivent se mobiliser massivement au premier tour.

Comment qualifier la tragédie de Boutcha, en Ukraine ?

C’est un crime de guerre. Poutine et ceux qui l’ont commis devront répondre devant la justice. En appelant à traiter Poutine en allié pour l’avenir, Marine Le Pen a révélé sa vraie nature. Zemmour, Le Pen et Mélenchon restent fascinés par Poutine et sont disqualifiés pour présider la France.

Quel message adressez-vous aux Français à la veille du scrutin ?

Ne vous laissez pas voler cette élection ! Je suis la seule qui fera. Assez de bavardages, de tactiques politiciennes, vous avez vu le virage à gauche toute d’Emmanuel Macron ce week-end. La réforme des retraites n’est déjà plus prioritaire pour lui. Encore une mauvaise nouvelle pour les retraités. Moi, je réformerai et j’indexerai automatiquement les retraites sur l’inflation. Plus aucune retraite ne sera inférieure au smic. Nous sommes prêts à reprendre les rênes du pays. J’ai une équipe de professionnels derrière moi, forte et renouvelée. La campagne de débauchage annoncée a été maigre. Toute la droite de conviction est à mes côtés.

François Fillon vous a manifesté son soutien clair, lundi. Quelle est votre réaction ?

Ce soutien me va droit au cœur. Sur la dette et sur le totalitarisme islamiste, son juste diagnostic est plus que jamais d’actualité. Ses combats se retrouvent dans mon projet.

Les sondages annoncent un nouveau duel Macron-Le Pen. Comment pourriez-vous rattraper l’écart qui vous sépare de ces deux candidats et trouver l’accès au second tour ?

Mes deux priorités sont le retour à l’ordre et le pouvoir d’achat. Je suis la candidate des générations futures car aucune solution ne peut venir ni de Mme Le Pen ni de M. Zemmour, avec leurs centaines de milliards de dépenses et la faillite à la clé. Et pas davantage de M. Macron, qui laisse une énorme addition cachée aux Français : ce n’est pas un hasard s’il n’a pas envoyé sa trajectoire budgétaire à Bruxelles ! Je m’engage à rendre l’argent aux Français. Mais, j’insiste : un pouvoir d’achat durable passe inévitablement par des baisses d’impôts financées, pas par des fausses promesses. Contre l’immobilisme et la démagogie, il faut choisir le seul programme de droite. J’aurai le courage d’engager les réformes, sans céder à la rue et sans reculer, comme Emmanuel Macron le fait déjà sur les retraites, le RSA ou la Corse.

Si votre projet est aussi volontariste, pourquoi n’est-il toujours pas audible ?

À cause des attaques venues de tous les côtés dont j’ai été la seule cible ! Mais vous avez vu ma force de caractère et ma ténacité, indispensables pour présider la France. L’hypocrisie d’Emmanuel Macron est totale. Il prétend combattre les extrêmes Zemmour et Le Pen alors qu’il les épargne soigneusement depuis trois mois. Pour ne pas être confronté à la droite, il prend le risque de les dédiaboliser. Si les électeurs veulent peser sur les choix du pays, ils doivent éviter ce président du zigzag qui samedi dernier a mis la barre à gauche toute : citant M. Poutou et attaquant la légitime défense, qui est un droit de chaque citoyen.

Votre projet à vous serait-il irréprochable ?

Mon projet pour la France est non seulement le meilleur mais il n’a suscité aucune critique. Pareil pour mon bilan de présidente de région. Je fais ce que je dis. Angela Merkel ou Margaret Thatcher n’ont pas fait de la politique spectacle. Elles ont protégé leur peuple et les intérêts de leur pays. Avec Emmanuel Macron, la France a été humiliée en Australie, au Liban ou au Mali. Avec moi, elle ne le sera plus. Il faut changer de capitaine. Assez des beaux parleurs ! J’appelle tous ceux qui veulent retrouver la fierté française à voter pour la droite authentique que je représente.

Marine Le Pen peut-elle gagner cette élection ?

Je ne le crois pas. Son projet démagogique et sa fascination pour Poutine la discréditent. Comme en 2016, Emmanuel Macron l’utilise comme marche-pied pour se faire réélire.

Pourquoi cette droite n’arrive-t-elle plus à être crédible sur des sujets comme l’immigration, dont se sont emparés Éric Zemmour et Marine Le Pen ?

J’ai les solutions efficaces et justes, sur l’immigration avec les quotas migratoires et le renvoi des clandestins : zéro visa pour les pays non coopératifs ! Limitation stricte du regroupement familial et fin du droit du sol automatique. C’est le seul moyen pour reprendre le contrôle des frontières et permettre l’assimilation. L’immigration zéro, brandie par Le Pen et Zemmour, est un leurre. Tromper les Français, ce n’est pas les respecter.

Que dites-vous, justement, aux électeurs d’Éric Zemmour et de Marine Le Pen ?

Si vous voulez restaurer la fierté française et le retour de l’ordre, ne tombez pas dans le piège que vous tend le président-candidat. Voter Zemmour ou Le Pen, c’est l’assurance-réélection d’Emmanuel Macron. Je leur dis : vous avez été parfois déçus par la droite, par ce qu’elle avait promis et n’a pas suffisamment fait. Dans toutes les missions qui m’ont été confiées, j’ai fait, j’ai tenu et n’ai jamais cédé face à la rue. Je suis la seule à pouvoir battre Emmanuel Macron au second tour. J’ai créé la surprise toute ma vie et dans cette élection, une fois de plus, je la créerai.

Les difficultés des Républicains sont-elles dues au fait que le clivage droite-gauche est remplacé par le clivage progressistes-nationalistes, comme le pense Emmanuel Macron ?

C’est faux. Lors du sommet de la droite européenne, au siège des Républicains, Donald Tusk, Roberta Metsola et tous les chefs d’État m’ont apporté leur soutien. Ils condamnent le clivage dangereux entre progressistes et nationalistes qu’essaye d’imposer Emmanuel Macron. C’est le cynisme et le machiavélisme de Mitterrand poussé jusqu’à son paroxysme.

Au-delà des crises sanitaire et internationale, vous tenez Emmanuel Macron pour responsable d’une grande partie des difficultés de la France. Pourquoi les Français ne semblent-ils pas prêts à le sanctionner ?

Ne sous-estimez pas la clairvoyance des Français ! Ils savent que rien n’a été fait pour détruire les quartiers ghettos, que le plan banlieues a été jeté à la poubelle, que la ruralité a été oubliée, que notre école est devenue la plus inégalitaire d’Europe, qu’Emmanuel Macron a voté un programme de décroissance agricole à l’heure du réchauffement climatique, et que sa volte-face sur le nucléaire a désarmé l’énergie française et EDF… Dimanche, les Français diront leur vérité à Emmanuel Macron.

Comment analysez-vous l’affaire McKinsey ?

C’est un scandale de voir une entreprise ne pas payer d’impôts pendant dix ans tout en obtenant des commandes publiques. Mais, en plus, ne faire aucune réforme durant le quinquennat, augmenter le nombre de fonctionnaires et, en même temps, dépenser des milliards en cabinets de conseil est une triple peine financière pour les Français. Le vrai scandale est là. Je veux rendre leur argent aux Français. On peut avoir recours à de tels cabinets, mais le moins possible et pour faire des économies et des réformes. Un président ne doit pas être dans la main d’un lobby. Si les Français me font confiance, mon mari, qui travaille dans une entreprise privée, démissionnera de toutes ses fonctions. Moi, je serai une présidente totalement libre des intérêts privés.

Des militants et des sympathisants sont un peu déroutés par l’attitude de Nicolas Sarkozy, qui n’affiche pas son soutien à votre candidature et qui a été sifflé dimanche. Que répondez-vous aux interrogations des élus et des électeurs de droite ?

J’ai été fière d’être sa ministre. Et, dans mon projet, je porte des peines minimales fermes pour les récidivistes violents, les quotas migratoires, la revalorisation du travail, la lutte contre le totalitarisme islamiste et une politique familiale universelle, les convictions portées par la droite depuis toujours. Rien de tout cela dans le programme d’Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron continue de « faire travailler la poutre », comme le disait Édouard Philippe, en essayant de recruter des personnalités politiques de droite…

Mais Emmanuel Macron n’est pas de droite, et son dernier discours le montre. Il n’aura pas le courage de faire les réformes que la droite veut pour le pays. Il a accusé notre pays de « crimes contre l’humanité » en Algérie, dit qu’il y avait « plusieurs cultures » en France, qu’il fallait « déconstruire l’histoire de France », ou encore que « deux mâles blancs » n’allaient pas faire un programme pour la banlieue.

Quels sont vos regrets et vos satisfactions, en cette fin de campagne ?

Je sors de cette campagne avec un amour décuplé de la France et une envie décuplée de la servir. Nous vivons dans un pays extraordinaire qui pourrait faire des choses magnifiques, si on le débureaucratisait, le décentralisait, le libérait de cette présidence verticale qui le ligote et de toute cette technostructure qui le gouverne. Je suis la seule qui fera les réformes, j’ai le courage, l’expérience, l’équipe et le projet de rupture indispensables.

Envisageriez-vous, si vous n’êtes pas élue, de vous représenter une seconde fois à l’élection présidentielle ?

Je suis concentrée sur cette élection. D’ici dix ans, je veux une France sans économie parallèle, sans quartiers ghettos, qui répondra à l’urgence écologique sans être punitive, qui ne léguera pas une dette abyssale aux générations futures.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

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