SociétéValérie Pécresse répond aux questions des lecteurs de Ouest-France

23 mars 2022
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Pouvoir d’achat, retraite, santé, écologie, immigration… Valérie Pécresse, candidate du parti Les Républicains à l’élection présidentielle, répond aux questions des lecteurs d’Ouest-France.

Jean-François, artisan en Mayenne. « Avez-vous prévu de revaloriser le Smic ? »

Dans mon projet, il y a la hausse du salaire net de 10 % en cinq ans, pour tous ceux gagnant moins de 2 800 € net par mois. Cela représentera au moins 500 € de plus par an en 2023. Je propose aussi que l’on puisse convertir les RTT en salaire et défiscaliser les heures supplémentaires, sans charge, ni limite.

Josette, 80 ans, de Pornic. « Que proposez-vous pour les petites retraites ? »

Je permets le cumul emploi-retraite sans limite. C’est absurde, par exemple, qu’un ancien policier ne puisse pas faire de la sécurité privée. Je vais relever progressivement l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans à horizon 2030, avec prise en compte de la pénibilité et des carrières longues. Je garantis qu’aucune pension ne sera en dessous d’un Smic net par mois pour une carrière complète. Les veuves, elles, auront une pension de réversion qui passera de 54 à 75 %.

Annaëlle, 32 ans, mère célibataire près de Rennes. « Mon salaire dépasse à peine le Smic. Mon loyer, c’est la moitié de mon revenu. Vous intéressez-vous à ma situation ? »

Les familles monoparentales, ce sont des femmes à 95 %. Savez-vous qu’on leur fiscalise la pension alimentaire ? Moi, je la défiscaliserai. Je suis la candidate qui veut aider les familles, avec une allocation de 900 € par an dès le premier enfant, et une hausse de 15 % des allocations pour le deuxième et le troisième enfant.

Ouest-France. La crise a accentué la précarisation des étudiants. Comment y faire face ?

Il y a une fracture entre les jeunes qui habitent dans les villes universitaires et restent vivre chez leurs parents, et ceux originaires de villes moyennes – non dotées de facs – qui sont obligés de louer une chambre à Rennes ou Nantes. Le coût de la vie universitaire est un frein énorme. Je propose donc, pour ces territoires ruraux, de mettre la première année d’université au lycée, avec des cours à distance. Je veux également créer une banque des jeunes pour leur permettre de financer leurs études avec la certitude de ne rembourser que lorsqu’ils atteindront un certain niveau de salaire. J’augmenterai aussi les bourses, ainsi que le nombre de logements étudiants, notamment très sociaux.

Nathalie, 47 ans, secrétaire en Mayenne. « Comment allez-vous lutter contre les déserts médicaux ? »

Dans mon projet, les internes en médecine générale devront faire une quatrième année de spécialité dans les zones carencées. Cela mettra 4 000 jeunes médecins dans des territoires sous-dotés chaque année. En échange, j’augmente le tarif des consultations, le faisant passer à 30 €. C’est la Sécu qui paiera. Je préconise également des alliances de santé dans les territoires, en donnant davantage de responsabilités aux professionnels de santé. Des sages-femmes veulent s’occuper de la santé des femmes et pallier le manque de gynécologues ? Elles le pourront !

Barbara, 38 ans, infirmière puéricultrice à Nort-sur-Erdre. « Quel projet pour l’hôpital public qui se meurt ? »

Je veux 25 000 soignants de plus… Cela demandera du temps de formation et des moyens financiers, mais c’est indispensable. Le Ségur de la santé est un échec. Il ne suffit pas de revaloriser les salaires des soignants, il faut aussi revaloriser leurs conditions de travail… Il faut mieux considérer les soignants.

Ouest-France. Que proposez-vous pour le grand âge ?

Je privilégie le maintien à domicile le plus longtemps possible. Je vais mettre en place un crédit d’impôt supplémentaire de 2 500 € pour permettre aux aînés de rendre accessible leur logement ou de financer des services à la personne. Ce crédit d’impôt touchera évidemment les retraités imposables. Cela permettra aux Départements de se consacrer aux retraités les plus en difficulté. Je veux aussi créer un vrai statut pour les aidants familiaux.

Ouest-France. Que faire pour les Ehpad ?

Je veux confier tout le grand âge aux Départements car c’est la proximité. On mettra en place des chartes de la dignité et de la qualité de vie, avec un nombre d’encadrants de huit pour dix pensionnaires. Ces indicateurs seront rendus publics.

Ouest-France. Vous voulez donner davantage de pouvoirs aux Départements et Régions. La règle, c’est la décentralisation maximale ?

Il faut décentraliser puissamment pour davantage d’efficacité. On l’a vu pendant le Covid : quand les maires ont commencé à vacciner, quand les Régions ont distribué des masques, tout a beaucoup mieux fonctionné.

Julien, de Nantes. « Quelles réformes prévoyez-vous en matière d’écologie ? »

Mon objectif, c’est la neutralité carbone en 2050. Pour y parvenir, il faut remettre du nucléaire et faire du renouvelable. Il faut continuer à mettre des panneaux solaires sur les toits. L’éolien sur terre ou en mer, ce sera désormais avec l’accord de la population. Nous réexaminerons ainsi le parc éolien de la baie de Saint-Brieuc. Il y a vraiment un problème avec les pêcheurs.

Clotilde, 25 ans, une chasseuse près de Rennes. « Quel avenir pour ce loisir » ?

La chasse, on en a besoin. Il faut la maintenir en respectant les règles de sécurité. L’interdire le week-end comme certains le veulent, ce serait l’interdire tout court. Ce n’est pas possible.

Patricia, maire de Drouges, près de Vitré. « Comment maintenir les commerces de proximité en rural ? »

La revitalisation des campagnes est une priorité. Cela passe par la généralisation de la fibre dès 2024 sur 100 % du territoire, la fin des fermetures de classe et d’école sans l’accord du maire, la généralisation des modes de transport collectifs… Pour chaque euro investi dans la politique de la ville, je m’engage à investir un euro dans les territoires ruraux. Par ailleurs, dans une commune de moins de 20 000 habitants, si une personne souhaite investir dans un commerce de proximité, elle pourra le faire en bénéficiant d’un coup de pouce fiscal. J’aurai enfin un dialogue avec les banques. Les distributeurs de billets, c’est un vrai sujet. Le jour où on les supprime dans les villages, les commerces s’en vont.

Sylvie, 35 ans, bénévole associative à Nantes. « Quelle sera votre politique migratoire ? »

Je veux une immigration choisie, avec des quotas par pays et métier. Dès mon élection, je ferai voter un référendum sur l’immigration, la sécurité et la laïcité. Les clandestins devront rentrer chez eux. Pour les pays qui refuseront de les reprendre, ce sera zéro visa de regroupement familial, zéro visa étudiant, zéro visa de travail. Par ailleurs, comme je ne veux pas qu’on vienne en France pour toucher les allocations familiales mais pour travailler, ce sera cinq ans de résidence régulière avant de toucher les allocations.

Bernard, 50 ans, de Nantes. « Faut-il construire plus pour loger tout le monde ? »

Ma réponse est oui, en préservant au mieux l’environnement. Ce n’est pas une équation simple, mais on y arrivera. Je veux qu’on continue de construire mieux sans bloquer les projets, surtout pas ceux des bourgs. On continuera à bâtir davantage de logements sociaux (150 000 par an), mais pas plus de 30 % par quartier. Je veux des villes équilibrées. Je veux aussi accentuer la restauration des logements vétustes, avec 500 000 rénovations thermiques par an. Je compte, par ailleurs, généraliser le prêt à taux zéro sur tout le territoire.

Margot, étudiante en droit à Rennes « Comment réconcilier les jeunes avec les urnes ? »

Ce n’est pas avec la décision du Président candidat de ne pas débattre qu’on va intéresser les jeunes à cette élection ! Mais je leur dis : faites attention, c’est votre destin qui est en jeu. Il faut aller voter !

Ouest-France. Bachelière à 16 ans, HEC à 18 ans, deuxième de la promotion Condorcet à l’ENA… Pourtant, on a l’impression qu’on vous renvoie toujours à votre statut de femme ou à un manque de légitimité. Avez-vous le sentiment d’être sous-estimée ?

Je suis la femme à abattre. Emmanuel Macron ne veut personne entre lui et les extrêmes. Surtout pas la droite républicaine. Je suis passée du statut de présidente d’une grande Région, respectée, avec des résultats, au statut de candidate, en permanence bashée sur les réseaux sociaux. C’est parce que je dérange, je fais peur.

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