Etat et collectivitésChristian Jacob : « Emmanuel Macron a construit une stratégie cynique »

20 mars 2022
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Selon le président des Républicains, la logique du président-candidat consiste à tout faire pour ne pas rendre de comptes sur son inaction durant son mandat.

À 20 jours du premier tour, les sondages ne sont-ils pas préoccupants pour Valérie Pécresse ?

En refusant une confrontation démocratique, Emmanuel Macron joue avec le feu. Il y a bien entendu le drame et la situation très douloureuse en Ukraine, mais la stratégie de ne pas faire campagne a clairement été anticipée et établie avant cette guerre. D’autre part, si pour la deuxième fois successive, il n’y a pas de confrontation entre deux candidats qui représentent des partis de gouvernement, il y aura des risques très importants. Ce qui ne se sera pas passé dans les urnes peut se passer dans la rue. Avoir un président qui nous fait un simulacre de rencontre avec les Français comme à Poissy, avec 200 personnes filtrées, des questions rédigées par l’Élysée, qui parle de lui à la troisième personne, qui pose en sweat à capuche, pas rasé, on se demande où le ridicule et la caricature s’arrêteront. Cela est inquiétant, voilà pourquoi il est important que nous puissions avoir ce débat démocratique et qu’il rende des comptes sur l’immobilisme qui a été le sien. La réalité, c’est qu’il n’a ni l’audace, ni le courage de Valérie Pécresse.

Gérard Larcher s’interrogeait sur la « légitimité » d’un président élu dans les conditions d’une campagne sans débat. Êtes-vous d’accord avec lui ?

Oui, on ne peut pas se passer pendant dix ans d’un vrai débat démocratique sur l’élection. Emmanuel Macron a construit une stratégie cynique qui est de tout faire pour ne pas rendre de comptes sur l’inaction qui a été la sienne. Nous devons avoir une confrontation républicaine sur son bilan: des dépenses publiques qui avant la crise du Covid-19 ont crû beaucoup plus vite que sous François Hollande, l’augmentation des emplois publics, de la dette, un déficit commercial le plus important de toute l’Union européenne, une balance commerciale agricole déficitaire, une insécurité qui a explosé, etc.

Corse, dégel du point d’indice des fonctionnaires… Le président répond à certaines attentes…

C’est tout et n’importe quoi. Emmanuel Macron veut faire croire qu’à un mois de la présidentielle, il va faire, comme par enchantement, ce qu’il a été incapable de faire. La réalité, c’est qu’il n’y a pas de vision, pas de courage. Sur le nucléaire, sur les retraites, il a changé d’avis à 180 degrés.

Plusieurs LR ont rejoint soit Macron, soit Zemmour. Est-ce le signe avant-coureur d’une recomposition de la droite ?

Absolument pas. Nous sommes sur ce qu’il se passe à toute présidentielle: des esprits un peu fragiles et des opportunistes changent de camp sous l’effet des sondages. Cela n’a rien de nouveau, ceux qui changent de chapelle aujourd’hui étaient tous identifiés.

L’union des droites promise par Zemmour est-elle une menace pour vous ?

Éric Zemmour est dans tous les ressorts de l’extrême droite. Lorsqu’il s’interroge à haute voix sur la soi-disant culpabilité de Dreyfus, sur le soutien de Pétain aux Juifs, sur le changement de prénom des enfants: je ne me reconnais en aucun cas dans ce type de discours. Valérie doit faire campagne, se qualifier au deuxième tour, et alors, une autre histoire s’écrira. Je ne suis pas là pour commenter les coups de billard à trois bandes ou les stratégies de boutiquiers à la petite semaine, tout ceci n’a aucun sens.

Certains LR disent soutenir Pécresse jusqu’au premier tour mais envisagent, de rallier Macron si elle n’est pas au second tour.

Les questions du second tour se posent le soir du premier. Avant, elles n’ont pas d’intérêt. Pour le moment, il faut être mobilisé. Valérie Pécresse a démontré un courage et une solidité sans pareil. Elle est la cible de toutes les attaques du camp Macron et des extrêmes. Elle a un projet chiffré, structuré et préparé avec l’ensemble des responsables LR et nos partenaires centristes. Elle est en situation de se qualifier, d’offrir un vrai choix démocratique.

Le positionnement de Sarkozy peut-il être important pour la campagne de Pécresse ?

Oui bien sûr, et vous savez que Nicolas Sarkozy a toujours été fidèle à sa famille politique, mais ce n’est pas à moi de m’exprimer en son nom.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

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