EcologieClimat, souveraineté, pouvoir d’achat : Valérie Pécresse présente son ambition énergétique pour la France

10 février 2022
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En matière énergétique, Emmanuel Macron a, en un mandat, symboliquement fait passer la France du XXIème au XIXème siècle. Il a fermé Fessenheim et refait fonctionner des centrales à charbon. Il a fragilisé un des fleurons de l’économie française, EDF, et un secteur clé pour la réindustrialisation, celui de l’énergie. La situation est grave. Elle inquiète les Français. Je suis déterminée à y mettre de l’ordre avec une boussole claire : lutter pour le climat en visant la neutralité carbone en 2050, conserver notre capacité à produire notre électricité avec des technologies que nous maîtrisons, et préserver le pouvoir d’achat des Français et la compétitivité des entreprises. Climat, souveraineté, pouvoir d’achat : voilà les enjeux !

Le bouclier tarifaire du Président sortant est une mesure de court terme prise dans la fébrilité. Il n’évitera pas que le pouvoir d’achat soit impacté après les élections, une fois la réalité des coûts rétablie. EDF en restera durablement fragilisé. C’est le fruit de sa politique incohérente.

Au cours de son quinquennat, Emmanuel Macron a fait preuve d’inconséquence et d’aveuglement : arrêt de Fessenheim et plan, toujours assumé, de fermeture de 12 autres tranches nucléaires avant 2035, sans parler de la ponction d’urgence de 8 milliards d’euros sur les capacités d’investissement d’EDF. La première mission de mon Premier ministre sera de mettre en place un plan de sauvetage d’EDF.

Notre socle électrique restera le nucléaire, pilotable, abondant et dont le coût est indépendant des énergies fossiles importées. Je ferai donc une relance gaullienne du nucléaire, en m’appuyant sur cette filière d’excellence de la technologie française. Elle souffre profondément des incertitudes sur son avenir, entretenues par Emmanuel Macron. Je l’ai déjà dit il y a plusieurs mois, cela nécessite de lancer immédiatement une première série de 6 EPR et de préparer la programmation des séries suivantes. Et il faut poursuivre l’exploitation des réacteurs existants qu’il est irresponsable de vouloir fermer tant qu’ils respectent les normes de sûreté. Les petits réacteurs modulaires ne suffiront pas !

L’objectif premier d’une politique énergétique responsable est de remplacer les énergies émettrices de gaz à effet de serre, pas de fermer le nucléaire. Finis les zig-zags ! Charbon, pétrole et gaz représentent les trois quarts de l’énergie consommée. Les énergies fossiles causent un déficit commercial de 45 milliards d’euros. Pour s’en passer, il faudra développer les biocarburants, la méthanisation et la biomasse mais surtout mieux encourager l’électrification des transports, de l’industrie et des logements. Les projections montrent qu’il faut augmenter notre production électrique de près de 60% pour faire face à la croissance de ses usages à l’horizon 2050.

Produire davantage d’électricité bas carbone et peu chère est donc indispensable. Dès que je serai élue, j’établirai une programmation, en concertation avec les Régions et je proposerai au Parlement de définir ces nouvelles capacités électriques dont le pays a besoin.

Dans ce contexte de hausse de la consommation électrique, les énergies renouvelables : l’hydraulique, le solaire, la géothermie et l’éolien, doivent être vus comme des moyens de production complémentaires indispensables à notre mix énergétique. Je crois à l’opportunité d’une croissance nouvelle portée par une transition énergétique puissante et par l’innovation dans les énergies du futur comme l’hydrogène. C’est une opportunité pour la réindustrialisation de notre pays et pour le retour vers le plein emploi. Concernant l’éolien toutefois, le seuil de tolérance a été atteint dans plusieurs territoires, voire dépassé. A vouloir y aller à marche forcée, on a braqué les populations et les élus. Dorénavant aucun projet ne sera mis en œuvre contre leur volonté, et les projets non consensuels seront réexaminés sur terre comme en mer. Aux Régions aussi de réfléchir à l’utilité des stockages sur leur territoire pour optimiser la production et son usage. Je soutiendrai la signature de pactes régionaux comme celui qui fut signé en 2010 entre la région bretonne, le réseau et le Gouvernement.

Cette expansion du système électrique n’est possible que si le financement est mis en place, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Un quart de la production d’EDF est vendue à un prix très inférieur à son coût complet et très loin de ce qui permettrait à EDF d’investir dans de nouvelles capacités. Ce n’est tout simplement plus acceptable !

Je demanderai à la Commission européenne de revoir son organisation obsolète des marchés électriques. Les prix de notre production nationale doivent pouvoir s’appliquer pleinement aux ménages français. Le marché de gros européen, largement distordu, ne donne plus les bons signaux. Nous devons donc obtenir la possibilité pour les industries électro-intensives de passer des contrats d’achat à 15 ou 20 ans. Jamais le propriétaire allemand d’ASCOVAL n’aurait imaginé délocaliser sa production de rails pour la SNCF en Allemagne si son aciérie électrique française avait pu bénéficier d’un contrat de ce type. Jamais nous ne produirons l’hydrogène décarboné, dont nous aurons besoin en 2050, si les électrolyseurs de peuvent pas être alimentés par une électricité bon marché à prix fixe.

Maîtriser la production et le prix de notre électricité, c’est reprendre en main notre souveraineté, notre destin industriel, nos emplois et le pouvoir d’achat des Français. Si je suis élue, c’est ce que je ferai !

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