Lutte contre le terrorismeBruno Retailleau : « Le gouvernement fait semblant de combattre l’islamisme »

2 février 2022
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Le président du groupe LR au Sénat s’insurge à la suite du rejet en commission mixte paritaire d’un amendement interdisant le port de signes religieux dans les compétitions sportives.

Un amendement interdisant le port de signes religieux dans les compétitions sportives a été rejeté en commission mixte paritaire. Le regrettez-vous ?

C’est très grave. C’est la seconde fois que le gouvernement refuse cet amendement, ce n’est donc pas un acte manqué. Nous l’avions déjà défendu lors de l’examen du texte sur le séparatisme et le gouvernement avait déjà dit non. Ce refus est la seule raison de l’échec de cette CMP. D’ailleurs, les modifications apportées sur cette proposition de loi par le Sénat avaient été saluées par le monde sportif, notamment grâce au travail remarquable de Michel Savin, rapporteur du texte.

Selon vous, le gouvernement ne fait pas ce qu’il faut pour lutter contre les dérives islamiques ?

C’est une nouvelle capitulation alors même que l’islamisme est à l’offensive. Car ce refus intervient alors que le Conseil d’État a été saisi par un collectif de « hidjabeuses » réclamant le droit de porter le hidjab sur les terrains de football. Le sport, et particulièrement le foot, est devenu depuis une vingtaine d’années le terrain de prédilection de l’entrisme islamique. On ne compte plus les rapports qui le démontrent. Le combat pour la laïcité française et contre l’islamisme passe désormais aussi par le sport. D’autant qu’il existe une exigence d’universalité et de neutralité dans le sport qui doit le préserver des querelles religieuses. C’est d’ailleurs le sens de l’article 50 de la charte olympique, qui prohibe les démonstrations de propagande politique, religieuse ou raciale, et sur lequel nous nous appuyions. N’est-il pas choquant qu’avec ce refus du gouvernement la République française, laïque, soit moins-disante que la charte olympique ?

En laissant ce « vide juridique », la majorité fait-elle preuve de naïveté ?

Elle fait surtout preuve d’ambiguïté. Emmanuel Macron nous a fait de grands discours sur le séparatisme mais, quand il s’agit de refuser le premier marqueur du séparatisme islamiste qu’est le voile, il n’y a plus personne! Car nous avions déjà proposé au Sénat d’interdire les signes religieux ostentatoires pour les accompagnatrices scolaires ou dans les piscines publiques, et là encore, le gouvernement avait refusé.

Au Sénat, Roxana Maracineanu a accusé la droite de « cibler une religion plus qu’une autre ». Cette attaque est-elle justifiée ?

Non, car nous avions pris soin dans le texte visé de ne parler d’aucune religion en évoquant les «signes religieux ostentatoires». Mme Maracineanu fait semblant de ne pas comprendre. On ne peut pas banaliser le voile: il ne libère pas, il asservit ; il n’est pas qu’un morceau de tissu mais constitue une bannière pour l’islamisme, un marqueur d’une soumission de la femme à l’homme. Naturellement, toutes les femmes qui portent le voile ne sont pas des islamistes, mais tous les islamistes exigent des femmes qu’elles portent le voile.

Le gouvernement a demandé aux fédérations sportives de veiller à tout « prosélytisme excessif ». Est-ce suffisant ?

La majorité a tenté de nous enfumer avec cet amendement qui en réalité aggrave les choses. Car que veut dire cette expression, « prosélytisme excessif » ? Que l’on accepte celui qui n’est pas abusif ? Cet amendement crée une situation encore plus favorable aux islamistes. C’est affligeant. Le macronisme ne peut pas gagner la guerre contre l’islamisme car il ne la mène pas et ne l’assume pas. Ce n’est pas avec des sabres de bois que l’on vaincra le totalitarisme islamiste.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

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