Non classéValérie Pécresse : « Il est temps d’en finir avec cette présidence de la discorde et du mépris »

8 janvier 2022

Seul le prononcé fait foi

Mesdames, Messieurs,

Le futur président ou présidente de la République se trouve aujourd’hui face à l’histoire car la prochaine présidence ne pourra pas être une présidence comme les autres. Désormais, il n’y a plus le temps d’échouer. Nous sommes face au risque le plus grand qui soit pour un pays comme la France : le risque d’habiter un monde que nous ne contribuons plus à bâtir. C’est ce qui est en train de nous arriver, et c’est la première fois dans une longue histoire. C’est un danger mortel.

Oui, le futur président de la République a rendez-vous avec l’histoire. Il devra, non seulement, conduire le pays à travers les périls mais aussi apaiser la société pour garantir l’unité nationale.

Emmanuel Macron qui prétendait vouloir une République exemplaire est devenu un contre-exemple. Car si le Président s’autorise à « emmerder » – comme il dit – les Français, pourquoi les Français devraient-ils respecter l’Etat ?
En cela, Emmanuel Macron alimente le rejet de toutes les figures d’autorité. Il fracture le pays, il divise les Français. Il faut une autre présidence à la France. Ma présidence sera celle des solutions, des convictions, du respect, du courage et du devoir.

1/ Nous sommes de moins en moins propriétaires de notre destin collectif. C’est l’amoncellement des renoncements et des inerties que je veux combattre.
Face à ce danger, j’entends avant tout incarnerune présidence qui fait. Emmanuel Macron a manifestement une obsession, c’est celle de plaire. Sa présidence fut bavarde, avec des mots sans lendemain et des promesses jamais tenues. Je n’ai, pour ma part, qu’une ambition : c’est de faire. Dans toutes les missions qui m’ont été confiées ou les mandats que j’ai occupés, j’ai agi, tenu, combattu, résisté.

Augmentation de 17% des violences, plus de 1 000 milliards d’euros de dette supplémentaire en 10 ans, déficit public et commercial records, frontières bafouées, élèves français derniers en mathématiques de l’Union européenne, et incapacité à mener les réformes structurelles indispensables comme celles des retraites, du temps de travail, de la dépendance… La liste des échecs et des renoncements est malheureusement trop longue.

Présidente de la République, je mettrai fin à cette impuissance d’État, dont nos concitoyens sont aujourd’hui les victimes, qui est le véritable mal qui ronge notre pays.

2/ Je veux être une présidente capable de mobiliser tout un peuple. Agir, mais ne jamais agir seule. Contrairement à Emmanuel Macron, ma présidence s’appuiera sur l’intelligence collective. Les ressources de la Nation n’ont jamais été contenues dans l’intelligence d’un président ou de ses conseillers. Le président sortant a mis en place et mis en scène une présidence solitaire, déconnectée des aspirations profondes et des difficultés quotidiennes des Français.

Ma Présidence sera en rupture avec cette façon d’être, ni égocentrisme, ni narcissisme : je ne serai pas une présidente soliste mais une présidente chef d’orchestre.
Les ressources et les ressorts sont dans les profondeurs du pays, dans son histoire, dans le génie de son peuple, dans la puissance de son esprit, dans son amour de la liberté. C’est cela que doit porter la Présidente de la République.

J’ai la volonté d’agir de concert et en confiance avec toutes les énergies que possède notre pays. Je veux, en effet, libérer la société en redonnant des pouvoirs aux territoires, en mettant en place l’autonomie scolaire et universitaire, en débureaucratisant l’administration, en rendant le pouvoir aux médecins à l’hôpital et en m’appuyant sur les corps intermédiaires pour mettre en œuvre nos priorités : protéger-éduquer-soigner. J’agirai avec et pour les Français, leurs représentants, et jamais sans eux.

3/ En effet, contrairement à Emmanuel Macron, j’incarnerai la Présidence du respect. « Gaulois réfractaires », « ces gens qui ne sont rien », « fainéants », « cyniques », « analphabètes »…

Emmanuel Macron n’a eu de cesse de diviser, fracturer, et même dresser les Français les uns contre les autres allant jusqu’à déclarer cette semaine que certains Français, qui pourtant n’enfreignaient pas la loi, « n’étaient plus des citoyens ».

Le rôle d’un Président est d’emmener les Français et non de les « emmerder ». De les considérer et non de les déchoir de leur citoyenneté. Qui fera vivre la France sinon son peuple ? Si on n’aime pas profondément le peuple, comment peut-on aimer la France ?
Oui, je l’affirme, je serai la Présidente du respect.
Celle du respect des lois, parce qu’il n’y a pas de respect sans autorité, mais aussi celle du respect de chacun, y compris des plus fragiles d’entre nous.

4/ Ma philosophie est claire : Présidente de la République, je serai ferme mais bienveillante.

Ferme et même intransigeante envers ceux qui défient nos lois et qui, à l’intérieur comme au-delà de nos frontières, n’ont que pour objectif le désordre et de s’en prendre à notre Nation ou à la République. A leur égard, comme je l’ai déclaré ce jeudi, je serai sans pitié.

Je serai, en revanche, bienveillante à l’égard de l’immense majorité de nos concitoyens qui respectent nos lois et défendent nos valeurs malgré nos différences ou désaccords.
Un président ne doit jamais être inutilement condescendant et dangereusement blessant. Emmanuel Macron est dur avec les faibles et faible avec les forts, c’est aux antipodes de ce que doit être un président juste.

5/ Enfin, et peut-être même avant tout, j’incarnerai une présidence de convictions. Le « en même temps », véritable ADN de cette présidence, restera comme une succession de marches avant et de marches arrière donnant le tournis à chaque Français. Nos concitoyens sortent épuisés de ce zigzag permanent, nourri depuis cinq années au cynisme et qui n’aura eu que pour seule conséquence : l’inefficacité.

Fermer Fessenheim et acheter l’électricité de centrales à charbon étrangères, c’est tout un symbole. Le gouvernement a imposé à un pays tout entier le passage du 21ème au 19ème siècle. C’est une atteinte au climat, à la souveraineté nationale et une atteinte aux générations futures.
J’affirmerai haut et fort la force de l’esprit français.
Si les robots, les biothèques, le numérique, l’intelligence artificielle sont les fondements de la puissance et de la prospérité du 21ème siècle, quelle part y prenons-nous ? Presque aucune ! Je veux rétablir le génie français dans l’agronomie, la médecine, les mathématiques, le nucléaire dont nous sommes le berceau. Et pour cela, tout commence par un sursaut national pour notre école.

De manière constante et cohérente, je défendrai un projet d’espoir qui vise à restaurer la confiance et rendre sa fierté à chaque Français. Mes mots d’ordre sont l’autorité, la liberté et la dignité.

– L’autorité, pour ramener l’ordre dans la rue, aux frontières, comme dans les comptes.

– La liberté, pour redonner de l’air à la société et à tous les Français en débureaucratisant notre Etat et en mettant fin à la précaution excessive au profit de l’innovation.

– La dignité, pour réparer les fractures, augmenter les salaires et les retraites et donner sa chance à chaque enfant de France à travers le projet de Nation éducative qui refondera l’école républicaine.

A l’issue de ce quinquennat d’un président sans vérité, j’ai le devoir de porter une vision et de récréer une espérance à travers un véritable projet de rupture.
J’ai la conviction qu’il faut que tout change désormais pour que la France reste elle-même. Au premier rang. Et unie.

Mesdames et Messieurs,

Durant cinq années, Emmanuel Macron a tiré à hue et à dia
Quelques jours après chaque mea culpa, le naturel revenant au galop, il jette de l’huile sur le feu. Mais la France est trop fragile aujourd’hui pour un président pyromane.

Je le dis donc solennellement : il est temps de mettre un terme à cette présidence de la discorde et du mépris.

Après tant d’immobilisme, je savais déjà que je devrais réparer la France.
Après tant de cynisme, je comprends que je devrai aussi relever la fonction présidentielle.
Transmettre à nos enfants une France forte, prospère, unie, reconnue sur la scène internationale, ce n’est pas un slogan, c’est une obligation, une exigence, un devoir auquel je consacrerai toutes mes forces.

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