SociétéChristian Jacob : « La droite a repris le leadership »

29 novembre 2021
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Avant l’ouverture du congrès LR qui désignera le candidat de la droite à la présidentielle, le patron du parti, Christian Jacob, table sur une participation élevée.

A quatre jours de l’ouverture du congrès LR qui désignera le candidat de la droite à la présidentielle, Christian Jacob assure dans le JDD que la campagne a montré « une belle image d’unité » de son camp. C’est d’ailleurs au nom de cette unité qu’il dit non à un débat d’entre-deux-tours (entre jeudi 14 heures, fin du premier tour, et vendredi 8 heures, début du second). Celui prévu mardi sur France 2 entre les cinq prétendants sera donc le dernier. Et après ? Le président de LR égrène le calendrier : grand meeting le 11 décembre à Paris avant, espère-t-il, « que les discussions du repas de Noël des Français tournent autour de notre ­candidat » et d’en voir les effets dans les sondages « à partir de la première quinzaine de janvier ».

Quel bilan tirez-vous de cette campagne interne des Républicains qui approche de son terme ?

Nos fédérations n’ont jamais été aussi ­animées! Rien que sur les dix derniers jours, 63 réunions ont été programmées au total par les cinq candidats. Autre point positif : après dix-huit mois de travail de fond et une quinzaine de conventions, nos ­candidats se retrouvent sur un socle ­idéologique commun, avec leur ­personnalité et leur tempérament. Nous ­n’entendons plus les débats que nous avions il y a dix-huit mois sur la ligne, qui devait être plus souverainiste, plus libérale ou plus sociale, selon les uns ou les autres. Cela donne une belle image d’unité qui, j’en suis convaincu, nous ­profitera le moment venu.

Vous attendez-vous à une participation élevée lors du vote ?

Lors du congrès du 25 septembre, nous avions battu notre record avec un taux de participation supérieur à 50%. Je pense que nous serons au-dessus.

Y aura-t‑il un débat entre les deux tours ?

Non. J’y suis opposé parce que nous recherchons l’unité. Nous sommes dans un processus de rassemblement, alors que l’intérêt des médias est de créer un match. L’entre-deux-tours sera de toute façon très bref, seulement une demi-journée, puisque les résultats du premier tour seront connus jeudi à 14 heures et que le vote pour le second tour débutera vendredi à 8 heures.

En cas de résultats serrés, des contestations sont-elles possibles ?

Nous avons pris toutes les précautions nécessaires pour que ce ne soit pas le cas. Nous avons opté pour le niveau de sécurité le plus élevé que proposait la plateforme de vote électronique Neovote. Le scrutin se déroulera sous l’autorité de l’instance de contrôle présidée par Philippe Bas. Privilégier la sécurité maximale génère des contraintes, puisque chaque électeur doit fournir un numéro de portable, une adresse mail et une adresse postale pour pouvoir voter. Mais c’est l’assurance qu’il n’y ait pas de contestation ou de piratage.

Et après le 4 décembre ? Quelle devra être la priorité du candidat ou de la candidate LR ?

Le rassemblement et la constitution de l’équipe de campagne. Et ensuite, en avant! Avec une première étape, le 11 décembre : un grand rassemblement porte de ­Versailles, à Paris. Notre objectif est de réunir 5.000 personnes. On y lancera la mobilisation autour de notre candidat.

Votre objectif est-il de réunir davantage de monde qu’Éric Zemmour, au Zénith de Paris le 5 décembre ?

Je me contrefiche de ce que fait Zemmour.

Mais votre congrès aura de la concurrence le week-end prochain, avec le meeting d’Éric Zemmour et celui de Jean-Luc Mélenchon…

Cela montre que nous avons repris le lead. Tout le monde s’aligne sur notre ­calendrier : Zemmour, Mélenchon, mais aussi Emmanuel Macron, puisque le président de la République a prévu aussi d’organiser quelques annonces sur cette période. C’est donc que ce calendrier était bon!

Malgré trois débats télévisés et une campagne interne intense, les intentions de vote en faveur des candidats LR pour la présidentielle n’ont quasiment pas varié dans les sondages. Il n’y a pas d’effet congrès visible. Cela vous inquiète-t‑il ?

C’est tout à fait normal. L’effet congrès, on le sentira dans la deuxième quinzaine de janvier. Tant que notre candidat n’est pas identifié, les rapports de force ­resteront stables. Le calendrier que nous avons adopté avait pour objectif d’être présent dans l’espace médiatique sur tout le mois de novembre, et jusqu’à la trêve des ­confiseurs. Il faut que les discussions du repas de Noël des Français tournent autour de notre ­candidat. Nous en verrons les effets à partir de la première quinzaine de janvier.

Beaucoup de ténors LR n’ont pas pris parti : Nicolas Sarkozy, François Baroin, Laurent Wauquiez, Jean-François Copé, Éric Woerth, Bruno Retailleau, Gérard Larcher… Vous le regrettez ?

Cela a sans doute permis d’avoir des débats plus apaisés. Dans ma fonction de président des Républicains, il m’était impossible de prendre position car mon job, le 5 décembre au matin, est d’organiser le rassemblement autour de notre candidat, quel qu’il soit. Mais le fait que les principaux leaders de notre famille n’aient pas fait de choix public est plutôt une bonne chose : cela facilitera le rassemblement.

Votre ami Renaud Muselier a décidé de quitter LR cette semaine, après avoir vertement critiqué Éric Ciotti et David Lisnard. Vous le comprenez ?

À titre personnel, ça m’attriste, et je pense que c’est aussi le cas pour Renaud. Mais sur le plan politique, cette issue était inexorable. La dureté de ses critiques à l’égard de David Lisnard et d’Éric Ciotti n’a pas été comprise par nos militants.

Certains à LR y voient une opération de déstabilisation du congrès pilotée par l’Élysée…

Je n’y crois pas. D’abord parce que ça ne déstabilise rien. Et si l’Élysée compte là-dessus pour nous affaiblir, c’est qu’ils sont bien mal en point.

>> Lire l’interview sur LeJDD.fr

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