Etat et collectivitésGérard Larcher : « Attention à ce qu’il n’y ait pas du mépris de la part de l’État »

22 octobre 2021
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Le président du Sénat Gérard Larcher, qui se rend aujourd’hui dans la cité phocéenne, évoque la décentralisation et le plan « Marseille en grand ».

« Si je suis aujourd’hui à la Région, c’est que le travail qui a été fait me semble positif. Renaud Muselier a compris sa région », se félicite Gérard Larcher. Le président (LR) du Sénat, qui participe aujourd’hui à la convention annuelle des maires de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a « toujours soutenu Renaud Muselier même pendant les turbulences de la campagne des régionales. Il était important de répondre à son invitation après une période qui a été dure à vivre pour lui. »

Pourquoi venez-vous à Marseille ?

La Région rassemble l’ensemble des maires du territoire et c’est une particularité. Des maires avec des problématiques très diverses. Je viens écouter les élus avant de prononcer un discours en conclusion. Je vais évoquer des communes dans cette grande région.

Et le rôle de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ?

La Région Paca a pris à bras-le-corps un bon nombre de sujets comme la première préoccupation des Français, la santé. Le Sénat a déjà dit que la gouvernance des ARS devait être partagée avec les Régions. La Région doit prendre la compétence sur l’emploi. Comme la compétence médico-social qui doit être uniquement celle du Département. J’ai été impressionné aussi de l’action de la Région pour la montagne, qui multipliait par deux à la fois le soutien aux stations mais aussi le soutien aux vallées. Ces stations ont vécu une année quasi blanche.

Le rôle du maire doit-il encore évoluer ?

Il est central. La crise sanitaire l’a conforté. Au moment où on commence à discuter de la loi sur l’organisation territoriale de la république, en cours de navette sur la loi 3DS, on voit bien que la commune, c’est la cellule de base du pays. La réflexion que l’on a dans la loi 3DS c’est d’être plus pragmatique et d’affirmer le principe : ce que l’on peut plutôt faire en proximité, il faut le faire en proximité plutôt que de le faire à distance. Cela nous renvoie dans des questions métropolitaines aussi bien dans celle d’Aix-Marseille mais aussi dans d’autres endroits.

Les propositions du Sénat vont plus loin que le projet de loi avec plus de diversification, de souplesse en direction des communes avec je l’espère la création d’une commission mixte paritaire. Le volet du plan « Marseille en grand » sur la compétence de la métropole nous y aidera. Les métropoles globalement fonctionnent bien sauf trois d’entre elles : celle de Lyon, Aix-Marseille et le Grand Paris. La commission des lois du Sénat entend se pencher sur ses trois métropoles en plus de la réflexion sur la loi 3DS.

Que pensez-vous du plan « Marseille en grand » présenté par le président de la République le 2 septembre ?

Il faut le faire avec les élus. Si c’est la reprise en main par le seul président de la République, on en arrive à la centralité. Attention à ce qu’il n’y ait pas une part de mépris de la part de l’État. Le statut de la métropole construit il y a six ans ne fonctionne pas vraiment bien. Que cela soit la gouvernance, le partage des compétences et les lourdeurs de fonctionnement.

Le sujet majeur concerne les transports et les écoles sur Marseille et le logement. Mais le sujet de la métropole a été abordé avant même que le président de la République ne vienne à Marseille lors d’un débat au Sénat le 20 juillet et un dialogue entre Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires et Stéphane Le Rudulier, sénateur (LR) des Bouches-du-Rhône qui a évoqué le rapport Dartout (ancien préfet) sur la fusion Métropole-Département. Il dit qu’il faut faire redescendre les compétences de proximité.

L’Assemblée nationale a voté la reconduction du passe sanitaire jusqu’au 31 juillet, qu’en pensez-vous ?

Cela sera non au Sénat ! Le 31 juillet, cela fera 27 mois que nous serons en état d’urgence. Il faut un contrôle démocratique du Parlement. Si la situation de la Nation le nécessite, on le fera, on l’a déjà fait. Nous proposons donc un nouveau débat en février. Même à l’époque du drame algérien, le général de Gaulle ne l’a pas fait. Je fais une critique directe au président de la République, on ne peut pas tout décider en conseil de défense. Le contrôle démocratique est indispensable. Et si le prolongement jusqu’en juillet est adopté par l’Assemblée in fine, nous saisirons le Conseil constitutionnel.

Est-ce une bonne chose que cela soit les adhérents LR qui choisissent votre candidat à la présidentielle ?

J’étais favorable à une primaire plus ouverte. Les adhérents en ont décidé autrement. Cette procédure va fonctionner, le fait qu’il y ait quatre débats va enfin déclencher le débat d’idées. Les candidats ne sont pas des adversaires, ils sont dans une situation de concurrence. Nous pourrons rassembler autour d’un projet et cela doit nous permettre d’être présents au deuxième tour et là tout est ouvert. Je n’ai qu’un seul favori, celui ou celle qui nous permettra d’être au deuxième tour et de l’emporter.

Éric Zemmour a encore fait polémique en s’« amusant » à cibler des journalistes avec un fusil. Que pensez-vous de sa campagne ?

Nous n’avons pas la même vision de la France monsieur Zemmour et moi. Il joue les fractures, les divisions, les peurs et moi je dis qu’il faut rassembler. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas traiter un certain nombre de sujets. La santé, la sécurité, de l’identité, de la maîtrise des flux migratoires.

>> Lire l’interview sur LaProvence.com

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