Fiscalité et dépense publiqueAnnie Genevard : « Emmanuel Macron ouvre les vannes alors que les caisses sont vides »

22 septembre 2021
https://i1.wp.com/republicains.fr/wp-content/uploads/2019/12/lR_aannie_genevard_1280x800.jpg?fit=1200%2C750&ssl=1

La vice-présidente des Républicains, députée du Doubs et vice-présidente de l’Assemblée nationale, estime que le chef de l’État poursuit la politique du «quoi qu’il en coûte» à des fins électorales.

Le projet de loi de finances arrive en commission ce mercredi à l’Assemblée. Comment l’abordez-vous ?

Nous allons observer sérieusement les lignes et voir comment celles-ci sont financées. Ce sera un travail d’opposition et de propositions, mais nous dénoncerons avec force tout ce qui apparaîtra comme une instrumentalisation des finances à des fins électorales. Au final, le chef de l’État devra rendre des comptes sur trois sujets: la situation budgétaire du pays, la facture réelle du «quoi qu’il en coûte» et la réalité des réformes. Ce sera l’épreuve de vérité.

Pourtant, Emmanuel Macron multiplie les annonces…

Dépenser n’est pas réformer. Par exemple, augmenter les dépenses de santé n’est pas réformer le système de santé. Emmanuel Macron et sa majorité placent cette rentrée parlementaire sous le signe d’une monumentale hypocrisie ! Il promet des lois, des plans, des mesures… dont une large part ne verra jamais le jour. Et il le sait, car soit le temps parlementaire disponible manquera pour les adopter, soit leur application sera reportée au delà de la présidentielle. Il cherche à enjamber l’élection de 2022 et confond débat démocratique et campagne électorale.

Bruno Le Maire avait annoncé la fin du « quoi qu’il en coûte ». Est-il contredit ?

Emmanuel Macron ouvre les vannes budgétaires alors que les caisses sont vides, donc il continue le « quoi qu’il en coûte ». Mais si ce « quoi qu’il en coûte » peut correspondre à un effort exceptionnel en temps de crise exceptionnelle, il ne peut pas être une méthode de gestion des affaires courantes et encore moins une cagnotte électorale. Ces annonces ne sont que de la dette chargée sur le dos des générations futures. Tout en essayant de flatter la jeunesse en parlant son langage, le chef de l’État l’accable d’un fardeau de plus en plus insupportable qui contribue à ruiner son avenir. Plus de 60 % de la richesse nationale du pays est consacrée à la sphère publique. C’est considérable.

Un président de la République n’a-t-il pas le devoir de réformer jusqu’au bout de son mandat ?

Le propre de cette majorité et de ce président est de considérer que les Français sont des Gaulois réfractaires et que les députés ne peuvent être que des faire-valoir… ou rien. C’est une façon de mépriser et de délégitimer la critique pour accréditer une politique budgétaire erratique. Ces annonces qui donnent le tournis sont très inquiétantes. Elles sont les signes d’un affolement, car Emmanuel Macron sait très bien qu’il n’a pas réformé, au-delà de quelques mesures cosmétiques, comme nous l’avons vu sur le droit du travail. Retraites, dépendance, décentralisation, formation, éducation… Il ne fera rien dans tous ces domaines alors que d’autres sujets ont été totalement oubliés, à l’image de la culture où la situation est dramatique. Pire encore : certaines réformes ont aggravé les problèmes, comme en témoigne la loi sur le détournement du droit d’asile qui était censée corriger une dérive et qui a fini par élargir l’immigration aux familles des migrants mineurs non accompagnés. C’est un échec emblématique de la méthode Macron : parler fort et faire peu.
En réalité, il fait des chèques sans provision, car la France n’a absolument pas les moyens d’une politique de coups clientélistes. En 2019, avant la crise sanitaire, notre pays affichait déjà le pire déficit de la zone euro et le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé d’Europe. Cette situation n’est plus tenable. C’est un détournement du budget de la France, électoraliste, choquant, irresponsable et très inquiétant. Le budget de la France n’est pas une cagnotte électorale.

Quelle est votre préférence concernant le départage des candidats à droite ?

La réponse appartient aux adhérents de LR. Christian Jacob a fait le choix du bon sens : ce sera soit une consultation ouverte, soit une consultation de nos adhérents LR possiblement associés aux militants de nos alliés historiques. Une chose est sûre : nos sympathisants de la droite et du centre attendent, plus que jamais, le retour de la droite au pouvoir. Notre chance de l’emporter en 2022 est réelle, car l’inexpérience de cette majorité jusqu’au sommet de l’État aura été objectivement un sévère handicap. Notre équipe et notre projet sont à la fois prêts et solides pour redresser la France.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

%d blogueurs aiment cette page :