CommuniquéLa rupture du contrat du siècle avec l’Australie : un nouveau signal d’alarme

17 septembre 2021

Le 16 septembre, l’Australie a rompu « le contrat du siècle » conclu en 2019 avec la France pour l’achat de 12 sous-marins représentant quelque 56 milliards d’euros. L’Australie préfère désormais les sous-marins américains.

Déjà, le 30 juin dernier, la Suisse a annoncé préférer acheter des F-35 américains plutôt que des Rafale français, au lendemain de la visite de Joe Biden. Nombre de nos partenaires européens (Italie, Pays-Bas, Belgique, Pologne) avaient fait le même choix en préférant acheter américain plutôt qu’européen.

Ce mauvais coup porté à l’industrie de défense française est un énième signal d’alarme attestant du déclin industriel et géopolitique de la France. Si nous ne défendons pas implacablement nos intérêts industriels et stratégiques, personne ne le fera à notre place.

Alors que le déficit commercial de la France s’est creusé en 2020 à un niveau jamais vu en Europe, l’annulation de ce contrat rappelle l’urgence de rebâtir notre industrie et mieux défendre nos intérêts.

Il est plus que temps de retirer les boulets que nous mettons aux pieds de nos industries en divisant par deux les impôts de production, en sortant des 35 heures et en laissant les entreprises décider par référendum interne du temps de travail qu’elles appliquent ou en allégeant radicalement les normes qui plombent nos entreprises.

Et nous devons faire montre de la plus grande lucidité dans les rapports de force mondiaux, tant par un meilleur contrôle des investissements étrangers en France que par une diplomatie économique offensive. Gardons à l’esprit que les États-Unis sont nos alliés mais qu’ils défendent d’abord leurs propres intérêts.

Enfin, entretenir l’illusion d’une « armée européenne » alors même que nos voisins européens préfèrent encore acheter américain démontre l’échec de l’idéalisme macronien et la nécessité de voir le monde tel qu’il est. Sans se bercer d’illusions, la France a des cartes à jouer, à condition de ne pas les gâcher.

Toute la lumière doit être faite sur la manière dont ce contrat a été négocié et les raisons qui ont conduit la France à ce fiasco.

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