Vie du mouvementJean Leonetti : « Si Xavier Bertrand refuse la primaire, il apparaîtra comme une candidature dissidente »

8 septembre 2021
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Le maire LR d’Antibes, ancien président par intérim des Républicains, a été missionné par Christian Jacob, le patron du parti, et Gérard Larcher, le président du Sénat, pour réfléchir aux conditions d’organisation d’un système de départage entre les candidats à la présidentielle et permettre ensuite le rassemblement.

Les Républicains se sont réunis en comité stratégique, mardi, pour débattre de la primaire et de ses modalités. Où en êtes-vous ?

Nous avançons sur la voie de la clarification de notre organisation. Personne ne conteste qu’il nous faut un seul candidat, et tous ceux qui veulent se présenter le disent. C’est déjà une façon d’accepter la compétition. Ensuite, tout le monde a besoin du parti. Les Républicains ont les moyens de financer une campagne présidentielle, ils ont des militants, des élus et des relais. Le jour où la « machine » se mettra derrière un candidat, elle lui apportera une force financière, militante et territoriale. Et cela, tout le monde l’a compris. Ensuite, on doit définir les modalités du départage entre les candidatures de notre famille politique. Personne n’imagine qu’un bureau politique restreint puisse désigner tout seul un candidat. À partir du moment où l’on a acté qu’il n’y avait pas de leader naturel, il faut voter pour départager et rassembler. Avant la fin de l’année, le parti aura choisi un nom pour incarner la droite et le centre à l’élection présidentielle.

Comment ce vote s’organiserait-il ?

Il y aura une primaire, qu’elle soit ouverte aux militants et sympathisants ou limitée aux seuls militants. Nous sommes tous d’accord pour dire que la primaire de 2016 qui figure dans nos statuts et qui était totalement ouverte ne peut plus avoir lieu. Christian Jacob et Gérard Larcher m’ont donc chargé de réfléchir et d’organiser une procédure de primaire semi-ouverte. Je le fais en étant bien conscient que les avis ne sont pas unanimes et que les militants auront le dernier mot le 25 septembre.

Je plaide pour une primaire semi ouverte aux militants et aux sympathisants. Elle offre une assise populaire plus forte. Elle crée une dynamique de campagne autour du candidat. Elle lui permet d’affirmer ses orientations programmatiques.

En cas de primaire, quelles seront les modalités ? Y aura-t-il un tour ? Deux tours ? Sera-t-elle payante ?

Toutes les modalités se discutent, rien n’est tranché. On peut envisager une participation d’environ 2 euros pour tous les votants.

Tous les citoyens engagés qui votent devront aussi accepter d’apparaître dans un fichier sur lequel notre candidat pourra s’appuyer pendant la campagne. Concernant le second tour, je me souviens qu’en 2016 Alain Juppé s’était beaucoup interrogé sur la question de participer ou non à un second tour qui allait affaiblir le vainqueur sans inverser les résultats.

Que se passera-t-il si les militants rejettent le 25 septembre, lors du congrès, l’idée d’une primaire ouverte ?

À ce moment-là, il n’y aurait plus qu’une solution : une primaire fermée organisée auprès des adhérents des partis politiques de la droite et du centre, via un congrès. Dans ce cas, ma mission serait terminée, le parti organisera ce vote. Mais cela pourra, à mes yeux, être perçu comme un recul puisque nous avions validé le principe d’une primaire ouverte le 21juillet, en bureau politique.

Le choix du candidat pourrait-il se faire au-delà du mois de décembre ?

Le temps est un facteur important car on sait qu’Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont déjà en campagne. Donc plus tôt nous terminerons cette séquence de la désignation d’un candidat, mieux cela vaudra.

Chacun commence à le comprendre, d’autant plus que pendant cette période d’attente le débauchage des élus LR recommence. Certains maires ont déjà franchi le pas. Sous l’égide d’Édouard Philippe, on voit bien que s’organise une volonté de rassembler des élus territoriaux pour soutenir Emmanuel Macron. Plus on tarde, plus certains pourraient être tentés de répondre aux sirènes du pouvoir.

Comment tranchez-vous la question de Xavier Bertrand, qui refuse toute participation à la primaire ?

Soit Xavier Bertrand est prêt à participer à une primaire ouverte, et nous sommes toujours prêts à discuter avec lui des modalités ; soit il refuse, et la primaire aura lieu sans lui. Mais dans ce cas, le parti sera derrière celui qui aura été désigné par la procédure, qu’il s’agisse d’une primaire ouverte aux militants et aux sympathisants ou d’une primaire fermée limitée aux seuls militants.

Dans l’intérêt de tous, il est important de continuer le dialogue avec Xavier Bertrand pour le convaincre de participer à la procédure commune. S’il refuse, il apparaîtra comme une candidature dissidente.

Vous rencontrez Nicolas Sarkozy, ce mercredi. Attendez-vous une implication de sa part ?

Non. Je vais le voir par respect. C’est un personnage important de notre famille politique. Il a été président de la République et a incarné une politique volontariste de la droite et du centre. J’imagine qu’il aura des paroles de rassemblement.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

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