Vie du mouvementChristian Jacob : « Ce sont les militants qui décideront d’un processus de primaire »

3 septembre 2021
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Le président des Républicains se dit convaincu que la droite parviendra à ne présenter qu’un seul candidat.

Les Républicains font leur rentrée politique samedi et dimanche. Quel est votre message à huit mois de la présidentielle ?

Nous sommes convaincus que la victoire est possible en 2022. Après avoir rassemblé notre famille politique, mis sur pied des conventions et des forums thématiques pour travailler sur un projet d’alternance, renoué avec la victoire électorale après une série de défaites, il restait cette dernière étape, la mise sur pied d’un vrai mouvement jeune, autonome. C’était un de mes objectifs quand je me suis présenté à la présidence du parti. On y est. Ce week-end, plus de 1600 jeunes venus de toute la France se réuniront au Parc floral près de Vincennes dans le Val-de-Marne, un département symbolique de la dynamique électorale des Républicains aux dernières élections face à l’incapacité de LREM de s’implanter dans les exécutifs locaux et face à l’effondrement du RN.

Le projet des Républicains sera présenté ce week-end. Comment peut-on le définir ?

On a organisé plus de 200 réunions pour construire un projet d’alternance en réunissant élus locaux, parlementaires, experts, représentants de la société civile. Toutes les propositions ont été votées par les militants. Nous le présenterons samedi. Il aura vocation à être enrichi des propositions faites par les jeunes. Ce programme permettra d’avoir un cadre législatif et d’offrir à notre candidat à la présidentielle un véritable projet d’alternance. Le travail de coordination du projet mené par Olivier Marleix et Christine Lavarde s’articule autour de trois thématiques: protéger, libérer, rassembler. La crise a révélé un centralisme étatique sans vision stratégique et une perte de souveraineté de la France en matière sanitaire, industrielle et alimentaire, avec un État trop lourd là où il devrait être souple et trop faible là où il devrait être fort. D’où notre triptyque. Il faut un État qui protège ses citoyens et restaure la souveraineté de la France. Il faut libérer les entreprises sur les excès de fiscalité, de normes, d’impôts, et favoriser le travail, l’intéressement et la participation. Enfin, il faut rassembler, favoriser l’insertion des jeunes dans le monde du travail en facilitant l’apprentissage dès 14 ans, rebâtir l’école de la République, faire de l’apprentissage du français une grande cause nationale. Il faut reconstruire une vraie politique familiale, transmettre notre mode de vie et les valeurs de la République.

Un candidat à la présidentielle qui voudrait obtenir le soutien des Républicains devrait-il s’engager à reprendre ce programme ?

Chaque candidat a la liberté de présenter son projet. Mais il est bien évident que Les Républicains se tourneront vers celui qui le reprendra le plus. Tout ce travail n’a pas été fait sur un coin de table, il est le fruit de débats soumis au vote des militants.

La primaire aura-t-elle lieu ? Finalement, quand le saura-t-on ?

Force est de constater qu’aujourd’hui aucun candidat ne s’impose. Il est normal et sain qu’on ait un débat sur la primaire. Mais, comme je m’y suis toujours engagé, ce sont les militants LR qui décideront ou non d’un processus de primaire. Seuls eux ont la légitimité de trancher ce débat. Ils le feront lors du congrès du 25 septembre.

Mardi, Les Républicains se retrouveront en comité stratégique. Que s’y passera-t-il alors ?

Il faut que nous évoquions les enjeux des prochaines semaines, le calendrier et notamment la préparation du congrès du 25 septembre.

Que répondez-vous à ceux qui, en interne, au sein de LR, vous accusent de vouloir gagner du temps et de vouloir enterrer la primaire ?

Je respecte simplement le calendrier qui a été voté à l’unanimité en bureau politique en décembre, puis en juin. Je n’ai qu’un objectif: gagner la présidentielle. Et je fais le constat que, quand les Français veulent confier les clés d’une collectivité, ils se tournent vers Les Républicains. Je suis donc confiant pour qu’ils se tournent aussi vers nous à la présidentielle. Je continue de vouloir faire le pari de l’intelligence collective pour arriver à un seul candidat. C’est la condition pour gagner. Nous avons une obligation, celle de la responsabilité et d’une seule candidature.

Les deux favoris à droite, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, sont d’ex-LR. Comment parvenir alors à maintenir l’unité entre tous ?

Le désir de victoire de la droite et du centre nous oblige à l’unité. Nous avons plusieurs candidats, Michel Barnier, Éric Ciotti, Philippe Juvin, mais aussi Valérie Pécresse, Xavier Bertrand. Ils sont conscients que la division mènera à la défaite et qu’il leur faut pouvoir rassembler pour l’emporter. Chacun devra faire face à ses responsabilités. Dans quelques semaines, nous aurons une enquête d’opinion dont les résultats seront connus autour du 20 septembre. Ce sera un élément d’éclairage. Mais gardons notre calme. Aucun candidat ne s’est jamais imposé à cette période, exception faite de Jacques Chirac, sortant, en 2002, et de Nicolas Sarkozy.

Êtes-vous inquiet d’une éventuelle candidature d’Éric Zemmour, qui siphonnerait les voix de la droite ?

Éric Zemmour semble vouloir être candidat. Humainement, je l’apprécie, mais il ne fait pas partie de notre famille politique. Et, sur certains sujets, il défend une ligne politique qui n’est pas la nôtre.

Les demandes d’ordre et d’autorité n’ont jamais été aussi fortes dans la société. Pourquoi les Français feraient davantage confiance aux Républicains plutôt qu’à Emmanuel Macron ?

Nous, nous avons le mérite de la cohérence et l’expérience de la gestion des collectivités territoriales. Dix ans d’opposition nous ont permis d’affiner nos propositions, notre diagnostic. Avec Emmanuel Macron, les résultats sont inversement proportionnels au nombre de déplacements et de discours. Ce que les Français attendent, ce sont des résultats. Or la situation ne cesse d’empirer, la violence et la délinquance ne cessent d’augmenter. Aucune réforme n’a été menée dans les trois ans qui ont précédé la crise sanitaire. Celle-ci ne peut pas servir de justificatif à ce piètre bilan.

La République en marche prépare une campagne d’affichage et de distribution de tracts « Macron, c’est du plus pour la France ». Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela ne s’est pas vu. Il fait aujourd’hui le constat de son impuissance, et, pour combler cette inefficacité, il enchaîne discours, déplacements et coups de communication.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

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