Etat et collectivitésPour un vote électronique citoyen et souverain

10 août 2021
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Virginie Duby-Muller, vice-présidente de notre mouvement et députée de Haute-Savoie, plaide pour que le vote électronique soit mis en place afin de lutter contre l’abstention.

Les élections départementales et régionales ont montré à quel point nos modes d’élection traditionnels ne sont plus adaptés aux attentes des citoyens. Lorsqu’un Français sur trois seulement se rend aux urnes, on ne peut plus se contenter de blâmer le manque de civisme. Surtout lorsque l’on constate que l’abstention atteint 87% chez les 18-25 ans.

Il est donc urgent de travailler à des solutions fiables de vote électronique à distance, que réclament plus des trois quarts des Français. Bonne nouvelle, la France fait partie des pionniers ayant décidé d’avancer sur le sujet.

En parallèle des régionales, une autre élection a eu recours au vote électronique à distance : celle des conseillers et délégués consulaires des Français de l’étranger. Nos concitoyens résidant hors de France ont eu la possibilité de voter soit dans les urnes (ce qu’ont fait 2% d’entre eux), soit électroniquement (pour 13% d’entre eux). La participation peut sembler faible mais elle s’est maintenue quasiment au même niveau que lors des élections consulaires de 2014, là où la participation en France aux régionales au second tour a chuté de près de 25 points entre 2015 et cette année.

Le ministère des Affaires étrangères a réussi à organiser ce scrutin réparti sur 130 circonscriptions électorales sans problème technique ni contestation. Mais une nouvelle méthode est nécessaire pour généraliser une telle expérimentation. Le vote consulaire s’est appuyé sur un prestataire privé dont la solution de vote n’a jamais été rendue publique. Dans ces conditions, il n’est pas possible de garantir une sécurité totale puisqu’on se prive du regard extérieur des experts, ni la confiance des citoyens du fait du manque de transparence.

Transparence. Les logiciels de vote ne sont pas des prestations banales que l’on peut confier à un acteur privé indépendant. Le scandale autour de la distribution des professions de foi doit nous alerter. L’architecture d’un système de vote a des conséquences encore plus importantes. Un dispositif de vote électronique est en préparation pour les 11 circonscriptions législatives des Français de l’étranger en 2022. Onze députés en mesure de faire pencher la balance sur une loi, voire la couleur politique du gouvernement !

Le vote électronique souverain doit être ouvert et libre de droits (open source). Les enjeux de sécurité et de confidentialité du vote électronique sont cruciaux et complexes et aucune solution existante ne répond à tous les critères. Il est essentiel de sécuriser l’ensemble des opérations, de l’hébergement des données jusqu’à l’audit, en garantissant anonymat et vérifiabilité. Cela n’empêche pas des expérimentations mais dès qu’il s’agit de vote souverain, une transparence totale est indispensable.

Un plan d’investissement public ambitieux est nécessaire. Les montants mobilisés jusqu’ici sont dérisoires. Un tel plan d’investissement sera rapidement amorti, notamment si on le compare au coût récurrent du vote papier (180 millions d’euros pour l’organisation de la présidentielle, hors frais de campagne, dont 40 pour le seul coût des procurations, estime le Sénat). A l’Etat d’engager un chantier collectif, transparent et partagé pour que nous construisions ensemble la démocratie de demain.

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