Vie du mouvementJean Leonetti : « Désunis, nous aurions peu de chances de l’emporter »

5 juillet 2021
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Le « Monsieur Primaire » des Républicains, Jean Leonetti, présentera mardi les grandes lignes d’un système de départage des présidentiables de la droite. Il dévoile les principaux axes d’un processus qu’il veut « irréversible ».

Vous présenterez en bureau politique des Républicains, mardi, les grandes lignes d’un système de sélection du candidat de la droite. Comment avez-vous travaillé ?

Une grande partie de ce travail avait déjà été réalisée par Christian Jacob et Gérard Larcher, qui ont rencontré ces derniers mois l’ensemble des candidats potentiels et réfléchi à tous les systèmes possibles de départage. Je l’ai poursuivi en consultant à nouveau les personnalités susceptibles d’être candidates à la présidentielle au sein de la droite et du centre. Grâce aux résultats des élections régionales, gagner en 2022 devient un horizon possible. Mais si nous avons plusieurs candidats, nous aurons très peu de chances de l’emporter. C’est pourquoi nous devons trouver un système pour les départager.

Xavier Bertrand a déjà dit qu’il n’y participerait pas…

Je suis très lucide. Je sais qu’à l’heure où nous parlons, Xavier Bertrand n’est pas favorable à une démarche de départage. J’en prends acte. Mais nous avons eu un dialogue amical et constructif et nous partageons certaines analyses telles que la nécessité de se rassembler. Nous avons tous en mémoire la fable du lièvre et de la tortue mais, en politique, ce n’est pas parce qu’on part avec un peu d’avance qu’on ne peut pas être rattrapé.

Quelles sont vos priorités dans la définition de ce processus ?

Sélectionner celui ou celle qui va nous faire gagner. Ça suppose que nous restions unis. Nous devons tirer les leçons de la primaire de 2016. A l’époque, nous n’avons pas su nous rassembler après le vote. Cette fois, le départage ne doit pas donner lieu à une compétition négative, mais à une coopération positive. En économie, on parle de « coopétition ». Il faut faire en sorte que celui qui arrivera en tête n’exclue pas les autres et que tous forment in fine une équipe capable d’assumer, ensemble, le projet que
nous présenterons aux Français.

Cette primaire doit-elle être ouverte ?

Elle ne peut qu’être ouverte. Si nous décidions d’interroger nos seuls militants LR, comment pourrions-nous demander à Valérie Pécresse, Xavier Bertrand ou nos amis centristes d’y participer ?

Faut-il accélérer le calendrier du processus de sélection, comme le réclament les sénateurs LR dans une motion ?

Essayons plutôt de faire les choses de façon sereine et déterminée. Demander à des candidats de se déclarer maintenant et d’aller chercher des parrainages pendant l’été  ne serait pas sérieux. Pendant l’été, chaque personne concernée doit pouvoir, en conscience, réfléchir et se déclarer candidate ou pas. Le mois de septembre permettra à chaque candidat de rechercher ses parrainages. Fin août, un sondage sera lancé dont le compte rendu est prévu pour la mi-septembre. Il faudra aussi organiser un congrès, fin septembre, pour consulter nos militants et modifier éventuellement nos statuts. Viendra alors en octobre le temps de la campagne, d’au moins quatre semaines. Notre calendrier nous amène donc à une désignation de notre candidat en novembre. Si dès mardi prochain, comme je l’espère, nous actons les principes d’un processus de sélection de notre candidat, nous serons dans un calendrier raisonnable et efficace. Si, mardi, il n’y avait pas une validation par l’ensemble du bureau politique de cette procédure pour continuer à avancer, là, oui, nous prendrions du retard.

L’organisation de deux sondages à la rentrée suscite de fortes réticences… Quel est leur rôle ?

Il faut lever un certain nombre d’ambiguïtés. Cette étude va éclairer le débat mais, et je veux le dire très clairement, elle ne peut pas se substituer à la procédure de sélection du candidat par les citoyens. Nous ne serions pas crédibles si nous laissions un sondage décider de notre candidat. Nos militants et nos lecteurs ne l’accepteraient pas, les candidats éliminés non plus. J’ajoute qu’il ne s’agit pas de demander à un panel d’électeurs pour qui ils voteraient si la présidentielle avait lieu dimanche. Nous proposerons une enquête élargie à plus de 15 000 personnes, ciblée sur l’électorat de la droite et du centre, et qualitative. Il s’agira, par exemple, de savoir qui paraît avoir la plus grande capacité à rassembler ou à faire des ré formes.

Pourquoi un second sondage ?

Il serait éventuellement réalisé  pendant la campagne. Pour ne pas la perturber, il ne porterait que sur les attentes de notre électorat, pas sur les personnes.

Un Éric Zemmour pourrait-il participera cette compétition ?

Il pourra toujours voter ! En revanche, ne pourront être candidats que les personnalités de notre famille de pensée de la droite et du centre validées par un système de parrainages. Et parce que nous souhaitons organiser des débats à la télévision, le nombre de candidats devra rester raisonnable. Il ne s’agit pas d’accepter des candidatures de témoignage, mais bien de sélectionner notre champion ou notre championne. Ce n’est faire offense à personne que de dire qu’il n’y a pas 15 présidentiables dans notre famille politique.

Valérie Pécresse a souhaité que tous les acteurs se réunissent pour fixer ensemble des règles du jeu pour sélectionner un candidat. Qu’en pensez-vous ?

Que les candidats potentiels dialoguent, c’est très positif et je m’en réjouis. Ce qui pourrait stopper la procédure de sélection, ce serait que tous les candidats se réunissent, choisissent ensemble leur capitaine et viennent nous voir avec leur équipe. Mais lorsque j’avais évoqué cette hypothèse en comité stratégique, ça avait suscité quelques sourires autour de la table… Je crois que personne n’y croit vraiment. Alors commençons par nous mettre d’accord sur une méthode.

>> Lire l’interview sur LeJDD.fr

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