SociétéEri Woerth : « Nous ne partageons aucune valeur avec le Rassemblement national »

10 juin 2021
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Le comité stratégique de LR a décidé, mercredi 9 juin 2021, d’attendre de voir si un candidat naturel à la présidentielle émerge des enquêtes d’opinion.

Guillaume Peltier, secrétaire général de votre parti LR, a déclaré le 30 mai sur RTL qu’il portait « les mêmes convictions » que Robert Ménard, le maire d’extrême droite de Béziers. Qu’en pensez-vous ?

Je ne connais pas les convictions de Robert Ménard, donc je n’en pense rien. Ce que je connais, ce sont les partis politiques. Le RN est bien évidemment l’extrême droite. Il est en dehors de l’arc républicain. Mais c’est aussi Debout la France (avec lequel LR est allié en Bourgogne-Franche-Comté, NDLR), puisque son fondateur Nicolas Dupont-Aignan était le premier ministre pressenti en cas de victoire de Marine Le Pen. L’un et l’autre portent les mêmes convictions. Ils confondent patriotisme et rabougrissement, souveraineté et isolement, autorité et autoritarisme. Avec eux, ce ne serait pas la grandeur de la France mais son affaiblissement.

Je suis pour la clarté et ne suis donc pas un adepte du « ni ni ». Il me pose problème s’il revient à renvoyer dos à dos le RN d’un côté, LREM ou le PS de l’autre. Il y a une confusion des esprits quand quelqu’un de droite déclare qu’il vote blanc dans une telle configuration. Ce n’est pas mon cas. Depuis Charles Pasqua, il s’en est toujours trouvé pour tenir des propos ambigus. Mais la ligne rouge qui nous sépare de l’extrême droite doit rester infranchissable : nous ne partageons aucune valeur commune.

Vos critiques d’Emmanuel Macron portent davantage sur son bilan que sur ses intentions. Incarnez-vous vraiment une alternative ?

Évidemment, LR incarne une alternative et travaille en attendant de trouver son candidat. Ce n’est pas nous qui rejoignons Emmanuel Macron. C’est lui qui, tout au moins dans le discours, nous rejoint. Quand nos idées sont reprises, elles restent bien entendu nos idées. Baisser les impôts, réduire les déficits publics, repousser l’âge de départ à la retraite : c’était déjà dans les projets de Nicolas Sarkozy et de François Fillon.

Sur les retraites, nous verrons cet été quelle est la nouvelle voie choisie par le gouvernement. Il y a eu la réforme que j’ai portée en 2010, mais nous avons perdu beaucoup de temps sous François Hollande. Il faut maintenant aller jusqu’à 65 ans. Ce qui compte, c’est aussi le rythme et tous les autres volets : la pénibilité, les régimes spéciaux, les petites pensions.

Sur les déficits, ce n’est pas la priorité du gouvernement : les dépenses courantes, hors crise sanitaire, ne sont toujours pas maîtrisées. Ce sont peut-être des décisions difficiles et impopulaires, mais ce sont celles qui distinguent l’homme d’État.

Est-ce une bonne formule de s’en remettre aux sondages pour désigner votre candidat à la présidentielle ?

Les sondages, c’est une primaire sans les inconvénients ! En décembre 2020, j’avais proposé d’attendre de voir si un candidat naturel émergeait avant de se lancer dans le mécanisme lourd et complexe d’une primaire. Ce qui passe forcément par des sondages. J’ai été écouté par Christian Jacob. Dans cette perspective, le comité stratégique a décidé hier de commander pour septembre des enquêtes d’opinion sur la base d’un panel très large de 15 000 sympathisants de droite.

Si, à l’unanimité, un nom se détache, il faudra le désigner sans tarder. Il y a en effet toujours eu des voix discordantes et minoritaires à droite : tant que nous n’avons pas de candidat, elles seront considérées au même niveau que les autres, majoritaires. Si personne n’écrase le match, il faudra alors utiliser un processus de sélection, c’est-à-dire une primaire même si plus personne ne veut utiliser ce mot ! Jean Leonetti a été chargé d’y travailler.

Les élections locales prouvent que nous avons des racines. La présidentielle dira si ces racines produisent aussi des feuilles.

>> Lire l’interview sur La-Croix.com

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