SociétéChristian Jacob : « On ne partage rien avec le RN »

7 juin 2021
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Elections régionales, présidentielle, divisions de la droite : Christian Jacob, le président de LR, assume sereinement la pluralité des sensibilités au sein de sa famille politique.

Nicolas Florian, votre tête de liste aux régionales en Nouvelle-Aquitaine, affirme qu’il n’y aura pas d’alliance au second tour avec Geneviève Darrieussecq, la candidate de la majorité présidentielle. Vous confirmez ?

Notre ligne est très claire : pas d’alliance avec qui que ce soit. Le deuxième tour se prépare au soir du premier. Nous aurons un conseil stratégique le lundi 21 juin.

Pourtant, en région PACA, Renaud Muselier a votre soutien alors qu’il a intégré des candidats marcheurs à sa liste…

Nous avons eu des sujets de désaccords sur la composition des listes dans le Grand Est et en Paca. Mais tout cela est derrière nous.

Aux municipales à Bordeaux, l’alliance au second tour entre Nicolas Florian et Thomas Cazenave, le candidat machiniste, a été un échec. Quelle leçon en tirez-vous ?

Ça nous incite à la clarté. Quand on est dans la confusion, on se met en faiblesse. Partout où on a été clairs, on a remporté la victoire aux municipales. Sur les villes de plus de 30 000 habitants, plus de 50 % d’entre elles sont détenues par les Républicains. En Marche ne peut en revendiquer que 2 % et le RN 1,5 %…

Que peut espérer la droite aux régionales en Nouvelle-Aquitaine ?

LR est la première force d’opposition au Conseil régional. Le président sortant rassemblant moins d’un électeur sur quatre, ça veut dire que tout reste possible. Surtout lorsque l’on connaît la qualité de nos listes, la capacité de Nicolas Florian.

A propos de Guillaume Peltier, qui revendique les « mêmes convictions » que Robert Ménard, que dites-vous aux électeurs de droite qui seraient tentés par le RN ?

De De Gaulle à Sarkozy en passant par Pompidou, Giscard et Chirac, la droite a toujours tenu une ligne sans ambiguïté face à l’extrême droite. On ne partage rien avec le RN. Par ailleurs, quand on est dans l’équipe dirigeante, cela impose plus de devoirs que de droits. Le premier des devoirs, c’est de jouer collectif et de respecter nos valeurs.

Guillaume Peltier, mais aussi Eric Ciotti et Nadine Morano, permis les plus droitiers de votre parti, ont-ils encore leur place à lR ?

C’est une évidence. Éric Ciotti et Nadine Morano ont des personnalités et des sensibilités essentielles à notre famille politique. Et jamais ils ne mettront un bulletin RN dans une urne. La droite est plurielle, c’est son histoire.

Il n’y aurait donc pas deux droites irréconciliables ?

Avec les personnalités qui composent la droite aujourd’hui, nous sommes les seuls capables de présenter une équipe de France solide. En Marche ne le peut pas. Le PS est explosé. Et Marine Le Pen promet un gouvernement d’union nationale, ce qui prouve bien qu’elle est seule.

Hubert Falco, le maire de Toulon, a pourtant claqué la porte dénonçant un « rétrécissement » de la ligne du parti…

Il y avait chez nous certaines personnalités proches d’Emmanuel Macron. Dans le cas présent, sa décision a le mérite de la cohérence.

Prise en étau sur l’économie par Emmanuel Macron et sur la sécurité par le RN, la droite a-t-elle encore un espace ?

Plus qu’un espace, elle a un projet tant dans le domaine de la sécurité et du contrôle de l’immigration que dans le domaine économique. En particulier sur le sujet du travail. Le déclenchement des heures supplémentaires doit se décider au niveau des entreprises dans un cadre défini. Cela permettra d’augmenter le pouvoir d’achat du salarié et d’améliorer la compétitivité de l’entreprise. Sur les retraites, nous avons eu quatre ans de bavardages inutiles. Nous refusons la hausse des cotisations comme l’a fait François Hollande et la baisse des pensions comme l’a fait Emmanuel Macron avec la hausse de la CSG. Nous proposons l’harmonisation public/privé et l’allongement de la durée de cotisation.

A un an de la présidentielle, la droite est dans le flou. Xavier Bertrand, qui n’est plus lR, est candidat, mais il ne veut pas de primaire… Comment désigner un candidat qui fasse l’unanimité ?

La primaire de 2016, l’a montré : ce système favorise les clans et génère les divisions. Avec Gérard Larcher, nous travaillons à un processus qui vise à rassembler. Mais s’il suffisait seulement d’avoir un candidat, nous aurions gagné en 2012 et en 2017.

Quel est la calendrier ?

Au lendemain des régionales, on ouvrira la séquence présidentielle. Et le calendrier sera celui que l’on connaît depuis vingt-cinq ans avec une investiture en novembre. Jacques Chirac a déclaré sa candidature le 4 novembre 1994; Nicolas Sarkozy, le 29 novembre 2006 et François Fillon, le 30 novembre 2016.

Emmanuel Macron vient de débuter un tout de France, C’est une campagne qui ne dit pas son nom ?

C’est exactement cela. C’est totalement superficiel avec des déplacements dans des villes bloquées, des contacts sur mesure. Tout ça au frais du contribuable. On est face à un président qui est obligé d’être dans la communication parce qu’il n’a pas de bilan. Son agressivité à notre égard est d’ailleurs liée à son incapacité à présenter une réforme réussie.

Vous avez pourtant voté les ordonnances travail qui ont marqué son début de quinquennat…

Bien sûr mais c’était une réforme a minima. Sur le plan économique, nous avons le pire déficit commercial de l’Union européenne et avant covid, les dépenses publiques avaient déjà explosé. Quant à la sécurité, c’est un échec cinglant : en trois ans, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, les homicides ont grimpé de 9 %, les viols de 56 % et les violences à l’encontre des personnes dépositaires de l’ordre public de 21 %. Ajoutons à cela une immigration incontrôlée. Sous François Hollande, Emmanuel Macron était secrétaire général adjoint de l’Élysée et il a été ministre de l’Économie. Au fond, ça fait dix ans qu’il est au pouvoir.

Vous estimez qu’il n’a « pas de bilan » mais il a choisi ces deux Premiers ministres chez les Républicains…

Par opportunisme, ces deux personnes sont allées à la soupe.

Pour lutter contre l’insécurité, demandez-vous un durcissement de la réponse pénale ?

La priorité, c’est l’exécution et l’effectivité des peines. Nous demandons aussi le retour des peines planchers ainsi que la construction de 15 000 places de prison : projet abandonné par François Hollande et Emmanuel Macron. Mais au-delà, l’autorité s’incarne. Regardez Notre-Dame-des-Landes. Cette ZAD était occupée par des voyous et des casseurs et Édouard Philippe et Emmanuel Macron ont cédé sur tout. Ils ont renoncé à l’aéroport et ils ont mis à disposition ces terres pour les occupants de la ZAD. La gestion des gilets jaunes a été catastrophique. Souvenez-vous des dégradations à l’Arc de Triomphe…

C’est pourtant sous Nicolas Sarkozy que 10 000 postes de policiers et gendarmes ont été supprimés…

C’était il y a plus de dix ans et cette réforme a permis d’avoir plus de forces de l’ordre sur le terrain et moins de policiers et de gendarmes dans les bureaux.

>> Lire l’interview sur SudOuest.fr

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