Etat et collectivitésGuillaume Peltier : « Édouard Philippe fut le premier ministre des sept plaies qui abîment la France »

6 avril 2021
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Pour le vice-président des Républicains, la popularité du maire du Havre est une « bulle médiatique » derrière laquelle se cache un bilan désastreux à Matignon.

Le dernier livre d’Édouard Philippe sort cette semaine. En avez-vous pris déjà connaissance ?

J’ai d’abord pris le temps de lire sa dernière interview et elle confirme mon sentiment. Si j’ai du respect pour l’homme et la fonction qu’il a occupée, je n’ai aucune considération pour son bilan comme pour ses choix politiques. Édouard Philippe n’est que le vice-roi du macronisme bureaucratique. Son arrivée à Matignon fut enveloppée du sceau de la trahison à sa famille politique et à ses idées. Et son départ fut marqué par celui de la lâcheté puisqu’il démissionna en pleine crise sanitaire quand les Français souffraient comme rarement.

Pourtant les sondages le disent populaire et certains le croient en embuscade pour la présidentielle. Sera-t-il un candidat ou un rival pour la droite ?

Cette popularité est une bulle médiatique. Édouard Philippe est tout sauf de droite. Il est le fils caché de François Hollande et d’Emmanuel Macron. Que chacun soit bien lucide ; il fut le premier ministre des sept plaies qui abîment la France : la dette, les impôts, la pauvreté, l’immigration massive, l’insécurité, l’islamisation et la bureaucratie.

Que lui reprochez-vous ?

Dis-moi quel est ton bilan, je te dirai qui tu es. À son départ en juillet 2020, il s’illustra comme le premier ministre historique de la dette (2500 milliards d’euros et 100 % du PIB) et des impôts (1000 milliards d’euros pesant sur les Français, + 25 % de CSG pour 7 millions de retraités, des taxes sur le diesel, le gaz et le fioul). Il fut aussi le premier ministre du record de la pauvreté (10 millions de pauvres), du record de l’immigration (près de 2 millions de nouveaux étrangers), de l’insécurité (+ 21 % d’agressions soit 260.500 par an) et de l’islamisation (+ 37 % d’atteintes à la laïcité en milieu scolaire). Et je ne parle même pas de la bureaucratie et de notre perte de souveraineté: du renoncement à Notre-Dame-des-Landes à la fermeture de Fessenheim en passant par les signatures des traités internationaux du Ceta et du Tafta. Personne ne devrait se jeter dans les bras de celui qui a aggravé les maux français. Lui confier l’avenir de la France, c’est comme si l’Empire romain avait confié son destin à Brutus…

Dans ce cas, comment expliquez-vous la bienveillance d’une partie de l’électorat de droite à son égard ?

Emmanuel Macron suscite un tel rejet des Français que ceux qui le quittent, même par opportunité, peuvent bénéficier d’une bienveillance factice et provisoire.

Macron devrait-il s’en méfier ?

Édouard Philippe est bien plus un problème pour Emmanuel Macron que pour la droite. En tant que numéro 2 des Républicains, en tant que patriote, mon rôle est de préparer, avec Christian Jacob, une rupture radicale avec le macronisme et de réparer la France avec nos valeurs fondées sur le travail, l’autorité, la liberté, le respect de nos provinces et l’amour de la France. À l’esprit de défaite de quelques courtisans naïfs qui s’aveuglent sur le bilan terrible du petit télégraphiste du macronisme et qui feraient mieux de relire Marc Bloch, je préfère l’esprit de conquête d’une droite forte, populaire et fière d’elle-même, qui aura le courage de tourner la page de la bureaucratie, de la pensée unique et du déclin français, celui de toutes nos dépossessions identitaires, économiques, démocratiques.

Philippe fut loyal à l’égard de Macron mais s’il était plus libre, pourquoi ne pourrait-il pas être l’homme de la situation en 2022 ?

Parce qu’il est disqualifié par son bilan. Il est resté 1144 jours à Matignon. Lui-même sait parfaitement que la Ve République, c’est présider et gouverner. Comment peut-on s’imaginer bien présider demain quand on a si mal gouverné hier ? La politique n’est ni un jeu ni une série télévisée: elle est une vocation grave consistant à réparer la France.

L’ex-premier ministre est visé par une information judiciaire sur la gestion de la crise sanitaire. Attendez-vous quelque chose de la Cour de justice de la République ?

Non. Un premier ministre doit rendre compte de son action devant le peuple, pas devant les juges.

Pour quelles raisons Xavier Bertrand, dont vous êtes l’un des soutiens, serait-il plus qualifié qu’Édouard Philippe en 2022 ?

J’annoncerai mon choix cet été mais je note que Xavier Bertrand est le mieux placé aujourd’hui pour faire gagner nos idées. Il me semble être l’exact inverse du macronisme. Pendant que le duo de l’ENA Macron-Philippe abîmait la France, lui commençait à redresser une grande région populaire avec les vraies valeurs du gaullisme.

Vous venez de lancer « Ensemble avec Guillaume Peltier ». Le temps des écuries a-t-il sonné ?

Certainement pas. Ce label vise à organiser d’ici l’été une grande consultation populaire, auprès des 262.000 sympathisants de mon mouvement, pour hiérarchiser les grandes réformes prioritaires qu’il nous faudra mener lorsque nous arriverons au pouvoir en 2022.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

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