SociétéFrançois-Xavier Bellamy : « Être de droite, cela veut dire savoir que nous avons beaucoup à protéger »

22 mars 2021
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Vendredi 12 mars 2021, le député européen François-Xavier Bellamy était Toulouse, à l’invitation de la Fédération des Républicains 31. Une étape qui lui a donnée l’occasion de commémorer le drame survenu à l’école Ohr Torah, en rencontrant la direction de cette école, avant d’échanger avec les élèves de Terminale sur les questions de radicalisation et les difficultés d’enseigner aujourd’hui. En fin de matinée, il a participé à une conférence de presse aux côtés d’Aurélien Pradié, député et candidat tête de liste LR à l’élection régionale en Occitanie. Le député européen a ensuite conclu son déplacement toulousain par une visite de l’entreprise Gentilin-Nexteam-Group, sous-traitant d’Airbus, pour évoquer les difficultés économiques liées à la crise sanitaire et le plan de relance européen.

Est-ce la première fois que vous venez à Toulouse ?

Non, à titre personnel j’aime beaucoup cette ville. J’étais venu lors de la campagne pour les élections européennes. Nous avions fait une très belle réunion publique avec Laurence Arribagé, et c’est pour prolonger cette première visite que je reviens. À l’époque déjà nous avions visité un site d’Airbus et de sous-traitants pour travailler au soutien de l’Europe à l’industrie aéronautique.

Votre visite à Toulouse a commencé autour des questions de la radicalisation et les difficultés d’enseigner. En France c’est un vrai sujet, qu’en est-il au Parlement européen ?

C’est une question qui concerne toute l’Europe. J’ai été très touché de pouvoir partager ce moment de commémoration à l’école Ohr Torah. Ces attentats m’ont particulièrement marqué ; la communauté juive de ma ville, Versailles, a été directement et terriblement endeuillée par ce crime. Ce vendredi, je suis aussi venu comme professeur, car j’ai enseigné la philosophie pendant une douzaine d’années. J’ai eu l’occasion d’écrire sur ce qui s’était passé à Toulouse. Toute l’Europe est engagée dans ce combat car on voit bien que la montée de l’islamisme est un défi pour nos sociétés occidentales. Je travaille pour mettre enfin un terme à la naïveté dont font preuve encore trop de responsables politiques face à cette menace qui fracture nos sociétés. Cela fait des mois que la Commission européenne évoque des “extrémistes violents”, mais il faut nommer la menace par son nom ! Il faut se mobiliser contre l’islamisme, y compris pour préserver la communauté musulmane face à cette menace.

Parmi les autres sujets d’actualité, l’Europe occupe une place centrale dans la lutte contre l’épidémie de Coronavirus. Quel regard portez-vous sur la gestion de l’épidémie ? Pensez-vous que l’Europe a bien joué son rôle dans cette crise ?

Il y a des choix qui ont été faits et qui peuvent être discutés, notamment ceux de négocier le prix des vaccins. Aujourd’hui, l’Union européenne n’est pas servie en premier dans la vaccination, contrairement aux pays qui ont fait le choix de payer le prix fort. La Grande-Bretagne ou Israël par exemple ont payé le vaccin beaucoup plus cher et l’ont eu plus vite. Cela dit, en France, le vrai problème ce n’est pas la lenteur de l’Europe mais l’organisation, par le gouvernement, de la vaccination. On a reçu en France beaucoup plus de doses que celles qui sont administrées. Si nous sommes en retard et parmi les derniers, c’est parce que la logistique gouvernementale n’a pas suivi. J’avais tiré la sonnette d’alarme il y a plusieurs mois en voyant l’Allemagne et d’autres pays construire des centres et des congélateurs spécialisés, alors que rien ne semblait se préparer en France. Malheureusement cette inquiétude était justifiée.

En France, comment jugez-vous le plan de relance de l’activité mis en place par le gouvernement ?

Tout d’abord, je tiens à dire que la réponse économique a été globalement à la hauteur. On a vu l’Etat substituer le chômage partiel à la perte d’activité, ce qui était une réponse de court-terme nécessaire. Je reste très préoccupé par la situation des indépendants et patrons de PME qui sont dans une situation de grande précarité. Maintenant, le plan de relance doit permettre de créer de l’activité économique. Il est très dangereux de dépenser beaucoup d’argent public si ces dépenses ne soutiennent pas l’activité des entreprises, avec une vraie stratégie industrielle. C’est ce qui manque le plus, alors qu’il faudrait garantir aux générations futures une activité économique qui puisse dégager les revenus nécessaires au remboursement des dettes immenses qui sont aujourd’hui créées.

Ce sont les Régions qui ont été désignées pour distribuer une grande partie de ces aides. Est-ce que selon vous cela a été fait correctement ?

Le plan de relance européen n’a pas encore été déployé. Les stratégies de chaque pays sont en cours d’examen, espérons qu’elles seront validées le plus rapidement possible. Je fais partie du petit groupe de députés qui va examiner ces plans de relance nationaux et nous ferons tout pour travailler dans les délais les plus serrés, pour que les plans se déploient aussitôt que possible pour les français.

Vous ne cessez de mettre en garde contre l’endettement des générations futures. N’y a-t-il pas de bon endettement ?

Il y a une dette nécessaire, qui consiste à investir pour préparer l’avenir. Mais depuis trop longtemps, la France charge son avenir d’une dette dangereuse. Le poids de la dette devient réellement inquiétant pour l’économie, pour notre indépendance, et pour la marge de manœuvre qui restera aux générations futures. Si nous sommes déjà surendettés, comment pourront-elles investir et faire face aux crises futures ? Il faut renouer avec une exigence de sérieux pour retrouver sérénité et stabilité.

En tant que député européen, vous êtes l’un des plus fervents défenseurs du monde paysan face aux derniers accords de libre-échange. Où en est-on aujourd’hui ?

Pour nous c’est un enjeu majeur, on l’a vu pendant cette crise. Il est essentiel que notre pays soit capable de produire des produits de première nécessité… Ce n’est pas possible d’en être réduits à mendier à la Chine des masques ou des protections pour les soignants. Il en va de même pour l’agriculture : les agriculteurs français nous permettent aujourd’hui d’être autonomes pour notre alimentation. Ils sont souvent exposés aux soupçons, à la critique et à la surveillance des pouvoirs publics, alors qu’il faudrait au contraire leur dire qu’ils ont toute notre confiance et garantir que leur activité restera possible. Protéger notre agriculture est d’ailleurs un impératif écologique ! Il n’est pas normal, à travers le Mercosur, d’envisager d’importer des milliers de tonnes de viande alors que nos élevages sont de bien meilleure qualité ici ! Notre économie doit être plus respectueuse de l’environnement, et cela passe par le fait de consommer ce que nous avons à proximité et de réapprendre à produire ce dont nous avons besoin.

Que signifie être de droite aujourd’hui ?

Être de droite, cela veut dire savoir que nous avons beaucoup à protéger. Le plus important n’est pas de rêver de tout transformer, mais de prendre soin des biens essentiels que nous avons à maintenir. Être de droite, c’est se préoccuper de transmettre à nos enfants ce que nous avons appris : une culture commune, les conditions d’une économie prospère, d’une vie en sécurité pour tous, de la stabilité de notre société, en revenant par exemple à une vraie maîtrise de notre politique migratoire. La droite est une famille politique qui croit en la nécessité de protéger. Le Président de la République rêvait d’un nouveau monde ? À droite, il y a des gens qui veulent prendre soin du monde tel qu’il est, plutôt que d’en rêver un autre.

Un mot sur les élections régionales. Aurélien Pradié a un parcours atypique en politique. C’est quelque chose que vous appréciez ?

Bien sûr, j’ai beaucoup d’estime pour Aurélien Pradié et son parcours politique. J’ai eu l’occasion de le rencontrer dès 2017 lors des élections législatives. Je sais à quel point il fait un incroyable travail de terrain. Je suis sûr qu’il saura déployer ces qualités lors des élections régionales. J’ai eu moi-même l’occasion de m’engager dans une élection européenne que beaucoup disaient difficile… Le courage politique, c’est de s’engager dans des batailles compliquées. Il y a beaucoup à reconstruire et je suis sûr qu’il saura contribuer à ce travail. À Toulouse, j’ai été également très heureux de retrouver Jean-Luc Moudenc. Avec Laurence Arribagé et toute son équipe, il est l’exemple que ceux qui travaillent sans relâche pour améliorer concrètement la vie des citoyens gardent leur confiance. Sa réélection comme maire de Toulouse est une très bonne nouvelle, et un signe que notre famille politique peut reconstruire une alternative pour cette région et pour la France à l’occasion des prochaines échéances.

En effet, l’an passé Jean-Luc Moudenc a été réélu maire de Toulouse en représentant la droite mais aussi la majorité présidentielle. Le fait que Vincent Terrail-Novès et Aurélien Pradié soient tous les deux candidats ne va-t-elle pas de nouveau favoriser le match entre la présidente sortante Carole Delga et le Rassemblement National ?

Je crois que la démocratie gagne toujours quand on offre un choix clair aux citoyens. Ma famille politique est dans l’opposition au Président de la République. Si LREM n’a pas su trouver de candidat pour les municipales à Toulouse, ce n’est qu’un signe de la faiblesse de leur implantation sur le terrain. En 2019, Jean-Luc Moudenc avait courageusement soutenu ma candidature pour l’élection européenne. C’était un combat difficile et il a montré clairement sa constance et sa fidélité.

Pour terminer sur Aurélien Pradié, quelles sont les qualités qui en feraient un bon président de région ?

C’est un homme de terrain, enraciné, dont la vocation politique est née de son engagement local. Je partage cette expérience avec lui, et je sais combien elle est essentielle pour être vraiment parmi les Français. On a vu, avec la déception provoquée par le gouvernement actuel, que la « start up nation » nous mène dans une impasse. La politique déracinée a perdu le contact avec les Français. Nous avons besoin d’authenticité, d’efficacité, d’énergie et d’une politique qui ressemble à la France… D’une politique qui sache la comprendre. Aurélien Pradié a toutes ces qualités-là.

>> Lire l’interview sur LePetitJournal.net

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