Santé et solidaritéChristian Jacob : « Emmanuel Macron est un chef de guerre défaillant »

22 mars 2021
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Pour le numéro un des Républicains, le reconfinement marque « l’échec » du chef de l’Etat, qui en est « le seul responsable ».

Le gouvernement vient d’annoncer de nouvelles restrictions pour 21 millions de Français. Était-ce inévitable ?

Le confinement, c’est un échec. C’est l’échec de notre capacité à tester, à isoler, à vacciner. Au mois de décembre, le gouvernement nous annonçait 15 millions de personnes vaccinées d’ici au printemps. Nous y sommes aujourd’hui : seuls 2,3 millions de Françaisont été vaccinés. En janvier, Olivier Véran nous promettait 70 millions de vaccinés cet été.Nous en serons très loin…

Selon Emmanuel Macron, le terme de « confinement » est impropre puisqu’il s’agit de « freiner le virus sans nous enfermer »…

Plutôt que se creuser la tête sur la dialectique, il devrait chercher l’efficacité. Emmanuel Macron s’était défini lui-même comme un chef de guerre il y a un an. Clairement, le chef de guerre est défaillant.

Le chef de l’État avait fait le choix en janvier de ne pas reconfiner. Était-ce une erreur ?

Il a sans doute eu raison, à la condition de mener une stratégie vaccinale efficace. Or, qu’a-t-on fait pendant ce temps-là ? Va-t-on enfin s’engager dans une vraie politique de tests, d’isolement des malades ? Va-t-on construire des hôpitaux éphémères ? Il y a un an, le ministre de la Santé voulait porter à 14000 le nombre de places en réanimation. Depuis, pas un seul lit n’a été créé. Nous attendons toujours la généralisation des tests salivaires ou des autotests. Ça permettrait pourtant d’identifier très rapidement les personnes contaminées et de les isoler. Que de temps perdu !

Fallait-il suspendre pendant deux jours la vaccination avec le sérum d’AstraZeneca, comme l’a fait l’exécutif ?

Les conséquences de ces quarante-huit heures passées à tergiverser sont catastrophiques. Dans ma commune de Provins, neuf volontaires à la vaccination sur dix refusent désormais de se faire vacciner avec AstraZeneca. C’est un coup de frein énorme pour la politique de vaccination.

Après un an de pandémie, quel bilan tirez-vous de sa gestion par Emmanuel Macron ?

Quelle gestion ? Depuis un an, nous n’assistons qu’à des réactions au coup par coup, une communication désordonnée, des contradictions permanentes. Et le seul responsable en est Emmanuel Macron. Il a court-circuité le Parlement comme le Conseil des ministres. Tout passe par le conseil de défense, où il décide seul. Le problème, ce n’est pas l’Administration. Quand elle n’obéit pas, c’est qu’elle n’est pas commandée.

Au vu du contexte sanitaire, les élections régionales et départementales doivent-elles être maintenues en juin ?

S’il s’agissait de la présidentielle, envisagerait-on de la reporter ? Ce n’est pas sérieux. Depuis un an, une douzaine d’élections se sont tenues en Europe, dont deux présidentielles, en Pologne et au Portugal, des élections régionales en Allemagne, des législatives aux Pays-Bas et plusieurs référendums en Suisse. Jean-Michel Blanquer nous annonce que les épreuves du bac se dérouleront dans des conditions normales en juin et juillet. Au nom de quoi les Français ne pourraient-ils pas voter ? Il va falloir m’expliquer… C’est vrai, nous ne pourrons pas organiser de meetings, mais ça n’empêche pas de mener une campagne électorale. Nous nous adapterons, comme nous le faisons depuis un an.

>> Lire l’interview sur LeJDD.fr

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