Fiscalité et dépense publiqueEric Woerth : « Les gouvernements doivent rendre des comptes si les résultats ne sont pas au rendez-vous »

12 mars 2021
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Député LR de l’Oise et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Woerth expose en exclusivité au Figaro les grandes lignes de la proposition de loi organique pour améliorer l’efficacité des finances publiques plombées par la crise.

Pourquoi jugez-vous nécessaire de modifier le cadre budgétaire ?

Le débat sur la durabilité et la maîtrise de nos finances publiques, c’est maintenant. Il ne pourra pas y avoir de bonnes discussions par la suite si nous n’avons pas de bons outils pour affronter la sortie de crise. Nous avons commencé à travailler avec Laurent Saint-Martin dès 2019 sur ce texte qui vise à moderniser la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) qui date de vingt ans…

Cette loi a certes rempli une partie de son objectif. Depuis, nous savons combien nous dépensons pour chaque politique publique et les administrations sont davantage responsabilisées en suivant de près l’exécution des budgets. Mais les indicateurs permettant d’évaluer la performance ne sont pas toujours utilisés et certains ne sont plus adaptés. Nous avons besoin de moderniser nos instruments pour qu’ils soient plus opérationnels. Comme dans le passé, c’est un débat transpartisan. J’espère que le gouvernement l’inscrira à l’ordre du jour.

Quelles mesures préconisez-vous concrètement ?

Par exemple, nous proposons de différencier les dépenses de fonctionnement de celles d’investissement lors de l’examen des projets de loi de finances. Cette différenciation est une mesure politique et non comptable qui sera au cœur du débat sur la sortie de crise et sur l’efficacité des finances publiques. L’idée est de permettre in fine une meilleure maîtrise de la «mauvaise dette» liée à des dépenses de fonctionnement bien trop élevées contrairement à la « bonne dette », celle des investissements dont le pays a besoin.

Nous voulons aussi renforcer la programmation pluriannuelle des budgets qui, aujourd’hui, n’est jamais respectée. Nous proposons que les gouvernements soient responsables et rendent des comptes si les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Essayez-vous aussi d’améliorer la lisibilité des budgets ?

Dans les projets de loi de finances, nous parlons de plusieurs déficits publics tels que le déficit nominal, le déficit structurel… Cette distinction n’intéresse que les spécialistes et ne sert pas à grand-chose. Nous proposons d’exprimer les trajectoires annuelles et pluriannuelles des dépenses en milliards d’euros pour avoir une vision plus concrète de l’état global de nos finances.

Pensez-vous vraiment qu’avec ce nouveau cadre, la France va enfin s’attaquer à son surendettement ?

Un nouveau cadre en matière de finances publiques est nécessaire mais pas suffisant. Nous avons surtout besoin de courage politique pour réduire les dépenses afin de préserver notre souveraineté financière. Ce n’est pas le débat de l’austérité mais celui de la responsabilité face à un endettement chronique. Jusqu’à présent, toutes les politiques publiques ont été prioritaires. Ce n’est plus tenable. Il n’y a pas de bonne politique sans bonnes finances publiques.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

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