SociétéAurélien Pradié : « Voici notre plan d’attaque contre la pauvreté »

1 février 2021
https://i1.wp.com/republicains.fr/wp-content/uploads/2020/02/lR_aurelien_pradie_02_1280x800.jpg?fit=1200%2C750&ssl=1

Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains et député du Lot, veut distribuer des chèques alimentaires à 6,6 millions de Français et proposer aux jeunes 300.000 « jobs pour la nation ».

Le secrétaire général de LR, Aurélien Pradié, appelle la droite à « renouer avec son histoire » en faisant de la lutte contre la misère une priorité. Dix millions de Français sont sous le seuil de pauvreté.

Que proposez-vous face à l’explosion de la pauvreté ?

Après plusieurs mois de travail collectif, nous avons conçu un plan d’attaque contre la pauvreté. L’accès à l’alimentation est la première urgence. On n’a pas le droit de gaspiller 12 millions de tonnes de produits alimentaires par an quand 8 millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire. Il faut donc multiplier par 20 l’amende pour les distributeurs qui détruisent des produits alimentaires. Elle passerait de 0,1 à 2% du chiffre d’affaires et s’appliquerait à partir de 200 mètres carrés de surface commerciale, au lieu de 400.

Nous proposons aussi de créer dans les trois mois un fonds national d’aide alimentaire, dont la gestion serait confiée aux départements, doté de moyens en hausse de 30% par rapport aux dispositifs actuels. Enfin, nous proposons de distribuer des chèques alimentaires, de 450 euros par trimestre, par exemple aux 6,6 millions de bénéficiaires de l’allocation logement. Pendant un an, ils leur permettraient d’acheter des produits frais issus de l’agriculture nationale.

Cela représente une facture de plus de 11 milliards d’euros…

Le périmètre peut être progressif. Mais c’est un investissement. L’explosion de la pauvreté alimentaire aura un coût plus grand encore. Et nous réinjectons ces moyens dans la machine économique du pays. Nous avons aussi besoin d’une relance par la consommation. La jeunesse doit être notre urgence. Nous proposons de créer 300.000 « jobs pour la nation » pour les 18-25 ans, dans des collectivités, des administrations, des associations d’utilité publique ou des universités.

Grâce à ces jobs à temps partiel rémunérés au smic et pris en charge sur le modèle du chômage partiel pendant deux ans, les jeunes qui ont perdu leur job pourraient retrouver un petit boulot, utile à la nation. Cela représente 1,8 milliard d’euros par an. Autant que des minima sociaux. Nous préférons un travail utile qu’une allocation sociale. Le sacrifice de cette génération coûterait plus cher encore à notre société. Nous devons aussi agir sur le terrain du logement social.

Comment ?

Nous voulons confier aux maires le droit de réquisition qui ­appartient pour l’heure aux ­préfets, afin de permettre la réquisition des ­bâtiments administratifs ­vacants. Enfin, parce que c’est une ­question de dignité, il faut ­engager ­rapidement une ­discussion ­volontaire avec les industriels et les distributeurs pour garantir les prix de 30 produits d’hygiène féminine et infantile. Nous devons tous nous mobiliser pour que des femmes et des enfants aient accès à l’hygiène.

Vous envisagiez en décembre un revenu universel versé dès 18 ans. Avez-vous abandonné l’idée ?

Je reste convaincu que c’est une piste à creuser. Il ne s’agit pas de copier la caricature du revenu universel de la gauche, mais de ­clarifier le maquis des aides ­sociales. Pour y prétendre, il ­faudra avoir consacré plusieurs mois à l’intérêt général. Et le travail devra toujours rester plus rémunérateur. Pour les 18-25 ans, cela serait une meilleure réponse que le RSA…

Cette idée fait bondir les libéraux de LR…

Mais je me sens très libéral! Ne nous caricaturons pas les uns les autres. Les fous, ce sont ceux qui n’ont pas le courage d’imaginer des solutions nouvelles, qui veulent régler une crise jamais vue avec les outils d’hier. Pour pouvoir s’adresser à nouveau à toute la société, la droite doit se remuer les méninges. C’est ce que nous faisons avec Christian Jacob et je sais que libéraux et gaullistes peuvent se mettre d’accord sur des valeurs communes. Nous avons tous une exigence : être juste et mettre le travail au cœur de nos politiques.

Que Xavier Bertrand dialogue avec Arnaud Montebourg, cela vous choque ?

On peut parler de tous les sujets, mais pas avec n’importe qui. Je n’oublie pas que Montebourg a combattu la droite républicaine, et Jacques Chirac en particulier, et que ses convictions ont beaucoup fluctué. Ce n’est pas le moment de ressusciter les vieilles lunes avec une alliance contre nature.

>> Lire l’interview sur LeJDD.fr

%d blogueurs aiment cette page :