Santé et solidaritéChristian Jacob : « Ce fiasco est de la responsabilité directe du président »

8 janvier 2021
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Selon le député de Seine-et-Marne et président des Républicains, la mauvaise gestion de la crise est due à une incompétence et un manque d’expérience au plus haut niveau de l’état.

Le premier ministre, Jean Castex, et le ministre de la Santé, Olivier Véran, ont tenu une conférence de presse, jeudi, sur la crise sanitaire. Comment accueillez-vous leurs annonces ?

Sans surprise. Il y a un côté chat noir chez Emmanuel Macron. Après avoir raté les masques, les tests, les lits de réanimation, voici l’échec de la vaccination! Il faut quand même se souvenir de ce par quoi on est passés: des ministres qui nous expliquaient que les masques étaient inutiles ou qu’ils ne savaient pas comment les porter! Même chose pour le dépistage, avec les ministres défilant pour nous dire que tester les Français à grande échelle ne servait à rien. Résultat: des mois de retard. Comme pour les lits de réanimation. En avril dernier, Olivier Véran nous expliquait l’objectif de passer de 5000 à 14.000 lits. Neuf mois plus tard, rien n’a été fait. On est toujours à 5000 lits. Quant à la vaccination, début décembre, le gouvernement nous annonçait une stratégie efficace. Résultat : on s’est réveillé le 1er janvier avec les Allemands, les Anglais, les Américains, les Israéliens vaccinant des centaines de milliers de personnes voire des millions. Et nous ? On a vacciné Mauricette !

Le gouvernement parle désormais de plusieurs milliers de Français vaccinés…

Mais regardez où en est l’Allemagne au même moment! Il y a une impréparation totale, une erreur de stratégie complète de la gestion de la crise confiée uniquement au ministère de la Santé. Il n’est pas équipé pour cela. Le gouvernement n’a tiré aucune leçon des premiers de mois de crise. Dans la crise sanitaire, la France est le mouton noir de l’Europe. Le gouvernement a tout raté depuis le début mais il s’obstine dans sa stratégie. Aujourd’hui, le gouvernement s’appuie sur un cabinet de conseil américain et sur trente-cinq personnes tirées au sort !

À qui faudrait-il confier la gestion de la crise, selon vous ?

Au ministère de l’Intérieur, qui sait gérer les crises via le réseau de préfets, de sous-préfets et ses contacts avec les élus locaux. Or, aujourd’hui, la stratégie de vaccination se fait uniquement via les hôpitaux. Mais comment font-ils pour connaître et contacter la population de plus de 50 ou 75 ans qu’ils doivent vacciner ? Ils ne savent pas faire, ils ne peuvent pas le faire car ils ne sont pas équipés pour cela. Ceux qui peuvent organiser les vaccinations pour contacter les Français, ce sont les mairies qui ont les fichiers de recensement, les dates de naissance et les adresses.

Vous parlez d’« impréparation ». Comment en est-on arrivé à cette situation ?

À cause d’une incompétence et d’un manque d’expérience au plus haut niveau de l’état. On a un président de la République qui n’a jamais été élu local et qui n’est entouré que de technos et de communicants mais pas d’élus de terrain. N’importe quel maire est capable d’identifier les habitants de sa commune et de les contacter. On voit bien ce à quoi nous mène un gouvernement d’« amateurs ». La politique, c’est un métier de professionnels. Ce fiasco est de la responsabilité directe du président de la République ! Il a présidé près de quarante conseils de défense sur la crise. Qu’on ne nous fasse pas croire qu’il est en colère sur la gestion de la crise : c’est de la mise en scène médiatique, c’est du cinéma. Qu’Emmanuel Macron ne cherche pas aujourd’hui de bouc émissaire : le responsable des ratés de la gestion de crise, c’est lui !

Comment peut-on prévenir le risque d’une troisième vague ?

En accélérant la vaccination ! Il faut s’appuyer sur les collectivités territoriales qui ont la connaissance du terrain, des administrés, et qui ont la logistique pour acheminer les vaccins et faire venir les Français. Il faut organiser de grands centres de vaccination en demandant à chaque maire quel local public peut être utilisé. Aujourd’hui, rien n’a été pensé !

Un troisième reconfinement serait-il aujourd’hui nécessaire ? Certains élus, y compris membres des lR, le réclament.

Cela ne peut être qu’en dernier recours mais cela voudrait dire qu’on a échoué sur le reste.

Les restaurants n’ouvriront pas finalement le 20 janvier, comme prévu. Est-ce une sage décision selon vous ?

Les restaurants comme les salles de spectacle sont particulièrement mal traités alors que ce sont deux secteurs qui ont fait des propositions pour améliorer les protocoles sanitaires. Pourquoi pourrait-on aujourd’hui manger dans une cantine mais pas dans un restaurant ? Pourquoi y aurait-il plus de risques dans une salle de cinéma ou de spectacle que dans un supermarché ? Il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles.

Si la gestion de la crise est si mauvaise selon vous, comment expliquez-vous l’adhésion et la popularité dont bénéficie Emmanuel Macron ?

Ce n’est ni une popularité ni une adhésion mais un réflexe, pendant une crise, de se tourner vers celui qui est aux responsabilités. Ça ne présage rien de la prochaine présidentielle. Compte tenu de l’échec de ce gouvernement, le retour de bâton sera d’autant plus violent en 2022.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

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