SociétéChristian Jacob reconstruit Les Républicains « par le terrain »

23 décembre 2020
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Le président des Républicains veut remporter les départementales et les régionales de 2021 avant de penser à la présidentielle de 2022. Son parti sort gagnant des élections municipales de cette année. Une victoire en 2021 permettrait au parti de se réinstaller dans le paysage politique. Le candidat ou la candidate de la droite à la présidentielle ne sera choisi qu’après cette échéance.

Christian Jacob est député de Seine-et-Marne et président des Républicains. Son parti attendra que les élections départementales et régionales de 2021 soient passées pour choisir son ou sa candidate à l’élection présidentielle de 2022. Christian Jacob espère toujours qu’une candidature puisse s’imposer naturellement à droite. Si ce n’était pas le cas, Les Républicains devront inventer un processus de départage différent des primaires telles qu’elles sont prévues dans les statuts du parti : elles font l’unanimité contre elles, précise l’élu. Des décisions prises lors du bureau politique du 16 décembre dernier.

Quels seront les enjeux des élections départementales et régionales pour Les Républicains ?

Continuer la reconquête des territoires, engagée aux municipales. Nous avons eu d’excellents résultats, qui se sont traduits par une augmentation de notre groupe parlementaire au Sénat. Il faut continuer sur cette logique. Je crois beaucoup à cela.

Quelle logique ?

Nous avons perdu deux fois les présidentielles, nous n’étions pas au second tour la dernière fois – ce qui ne nous était pas arrivé depuis 1958 – nous avons perdu deux fois les législatives et connu une défaite cinglante aux européennes… Après les échecs nationaux successifs que nous avons encaissés, je ne crois pas que l’on puisse se reconstruire par le haut, nous devons nous reconstruire par le terrain.

Notre retour au gouvernement passera par les territoires. En gagnant les élections locales. C’est pour cela que je me suis engagé pleinement pour les municipales. C’est pour cela que je souhaite que l’on s’engage pleinement dans les départementales et les régionales.

Les municipales ont marqué le retour des grands partis de gouvernement que sont les LR et le PS ?

Elles ont démontré que la politique avait besoin de professionnels, pas d’amateurs. Et nous les avons clairement remportées. Nous avons perdu de grandes villes, comme Marseille ou Bordeaux, mais nous avons gagné beaucoup de villes moyennes.

Plus de la moitié des villes de plus de 30 000 habitants, qui ne sont traditionnellement pas dans notre strate, ont un maire LR. Elles regroupent plus de 15 millions d’habitants. À titre de comparaison, le PS a remporté 25 % des villes de plus de 30 000 habitants et 8 millions de personnes, les Verts c’est 2 % et 2 millions, LREM 2 % et 500 000, le RN 1,5 % et 400 000.

Vous pensez pouvoir réitérer l’exploit aux départementales et aux régionales ?

Nous allons tout faire pour. J’ai demandé à nos fédérations de s’appuyer sur les municipales pour les préparer, de choisir les bons chefs de file, d’avoir des listes représentatives des aspirations de nos compatriotes et des projets locaux, en lien avec les compétences des départements et des régions. Là ce sera la fibre optique, ici le manque de lycées ou de collèges, là le réseau routier, ici la politique touristique, là l’accompagnement des entreprises…

On ne va pas faire un projet national pour les régionales. Je crois vraiment aux projets qui collent aux territoires, parce que c’est là que nous sommes solides que nous allons démontrer notre capacité à gérer des collectivités. Si nous réussissons cela en juin, nous serons en position de force pour aborder les présidentielles.

Êtes-vous vraiment sûr que ces élections se tiendront en juin ?

On ne peut pas aller au-delà, il faut être sérieux ! Sept mois permettent tout à fait de faire campagne dans de bonnes conditions. J’invite à la prudence tous ceux qui auraient envie de repousser encore cette échéance. Changer les règles de scrutin avant l’élection se retourne toujours contre ceux qui le font. Les Français ne sont pas dupes des petites combines politiciennes.

Rangeriez-vous le référendum sur le climat dans cette catégorie ?

On est dans une opération totalement démagogique qui vise à masquer les faiblesses, les défaillances et l’inefficacité du gouvernement sur la gestion de la crise sanitaire et le désordre permanent dans lequel nous nous trouvons.

La Constitution garantit déjà la préservation de la biodiversité, de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique. Rien n’empêche le gouvernement d’agir. Si le but est vraiment de lutter contre le réchauffement climatique, nous sommes prêts à débattre, nous avons des propositions très concrètes à mettre sur la table. S’il ne s’agit que d’une petite manœuvre de basse politique, que l’on ne compte pas sur nous pour la cautionner !

Comment abordez-vous la présidentielle ?

Par le terrain, en commençant par gagner les départementales et les régionales, comme je vous l’ai dit. C’est comme ça qu’on retrouvera de la crédibilité.

Ce qui veut dire que leurs résultats aux régionales permettront de « départager » Valérie Pécresse, Xavier Bertrand ou Laurent Wauquiez pour 2022 ?

Ce sera à eux de le dire. Je suis un paysan vous savez, je respecte le rythme des saisons, il ne faut pas précipiter les choses. Rien n’est pire que de vouloir enjamber une élection en pensant à la suivante. On a tout perdu pendant huit ans, ça mérite de faire preuve d’un peu d’humilité, non ? Travaillons sur le terrain, gagnons les élections qui viennent, la présidentielle viendra ensuite.

Vous croyez toujours à une candidature capable de s’imposer « naturellement » à tous ?

Bien sûr et à 18 mois de l’élection présidentielle, il ne faut rien exclure, oui.

Vous pensez encore à Nicolas Sarkozy ?

C’est vous qui citez son nom, pour moi ce n’est absolument pas le sujet aujourd’hui. Je m’interdis de prendre position pour telle ou telle personnalité de notre famille politique. Ce n’est pas le moment. Le paysage va s’éclaircir avec les élections départementales et régionales. Reposez-moi la question dans sept mois, je vous répondrai. Si on a encore trois ou quatre candidats à touche-touche, nous trouverons quelque chose. Mais je vous rappelle que chaque fois que nous avons gagné des présidentielles, nous l’avons fait sans primaires.

Celles de 2016 vous ont laissé un mauvais souvenir ?

Un peu, oui (rires). Ce que je peux vous dire, c’est que les primaires telles qu’elles sont décrites aujourd’hui dans nos statuts font l’unanimité contre elles. C’est réglé, plus personne n’en veut !

Et l’idée de se ranger derrière Emmanuel Macron, en s’abstenant de présenter qui que ce soit en 2022 ?

Autant vous dire qu’il n’en est pas question, ni pour moi ni pour nos militants ! Le bilan d’Emmanuel Macron est catastrophique à tous points de vue, et nous pouvons reprendre le pouvoir. Nous sommes un parti de gouvernement, on a envie de quitter le banc de touche pour revenir, ce qui me paraît tout à fait à portée. En nous reconstruisant par le terrain, avec humilité et modestie. Par le travail. Dans le rassemblement. Et en évitant le piège de la division.

>> Lire l’interview sur Ouest-France.fr

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