Travail et emploiChristian Jacob : « Nos propositions pour valoriser le travail et l’initiative »

7 décembre 2020
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À la veille d’une convention de son parti sur le travail, les entreprises et le pouvoir d’achat, le 8 décembre, le président des Républicains présente les réformes qu’il préconise pour réhabiliter le travail.

La crise que nous traversons a des conséquences économiques et sociales désastreuses: cette année, il est probable que la France affiche 11% de chômage, 11% de déficit public et 11% de récession du PIB. La dette publique, qui continuait d’augmenter à rebours de nos voisins, avoisinera les 120 % du PIB. Selon le Secours catholique, le nombre de pauvres augmentera de près d’un million.

Si la France est plus durement touchée que beaucoup de nos voisins, c’est que nos indicateurs économiques étaient dégradés avant la crise. La France affichait en 2019 le pire déficit commercial d’Europe et le pire déficit public de la zone euro pour la première fois de son histoire. Aucune réforme structurelle n’a été entreprise en trois ans.

Soixante milliards d’euros d’économies, 120 000 fonctionnaires en moins, une révolution copernicienne » du droit du travail, « la plus ambitieuse » des réformes des retraites… Toutes ces promesses d’Emmanuel Macron sont restées lettre morte. Dans une parfaite continuité avec François Hollande, le gouvernement déverse des dizaines de milliards d’euros en mettant les réformes au point mort.

L’urgence de la situation impose évidemment des mesures exceptionnelles pour limiter les faillites d’entreprises, sauver des emplois et soutenir nos concitoyens les plus fragiles. Baissons donc la TVA sur l’hôtellerie-restauration. Instaurons un dispositif d’accès au travail pour les jeunes: les six premiers mois du premier emploi seraient pris en charge par l’État, suivis d’une exonération de charges de deux ans en cas d’embauche en CDI. Il est également indispensable de transformer une large partie des prêts garantis par l’État en quasi-fonds propres pour les TPE, PME et ETI qui ne sont pas en situation de rembourser leurs prêts.

Mais cette crise met aussi en exergue les failles de notre économie que seules des réformes structurelles et la résorption des déficits public et extérieur permettront de combler. Comparée à nos voisins, la France est le pays qui a connu la plus forte désindustrialisation, entraînant chômage de masse et déclassement des classes moyennes. Il nous faut une stratégie de long terme pour réindustrialiser notre pays, pour réduire notre dépendance énergétique et industrielle, pour valoriser le travail et l’initiative plutôt que l’assistanat.

Produire en France est un impératif économique, social et écologique. C’est aussi une question de souveraineté. Nous proposons de créer un fonds souverain français qui mobilisera l’épargne privée pour investir dans les secteurs stratégiques. Il accompagnera, en complément d’un « crédit d’impôt relocalisation », la renaissance de l’industrie française.

La France est en 2019 le pays développé où l’imposition totale des entreprises est la plus lourde: 60,7 % des résultats commerciaux selon la Banque mondiale, en hausse de 0,3 point en un an. Réduisons de 25 milliards d’euros les charges sociales sur l’ensemble des salaires (et non sur les seuls bas salaires) et supprimons la fiscalité de transmission des entreprises familiales.

Simplifions drastiquement le Code du travail et nos normes – qui ne doivent plus être davantage contraignantes que les normes européennes. Laissons notamment les entreprises fixer le temps de travail qu’elles appliqueront par un simple référendum interne (entre 35 et 40 heures hebdomadaires).

Pour François Hollande comme pour Emmanuel Macron, quand l’économie est au beau fixe, on nous explique que les Français ne comprendraient pas la nécessité des réformes. Quand l’économie s’effondre, on nous explique que ce n’est pas le moment de réformer. Ce n’est en somme jamais le moment de redresser la France… Il est temps de trancher le nœud gordien et de redonner force à l’économie française.

Et la seule manière de rendre acceptables les réformes indispensables à notre redressement est de revaloriser le travail. Augmentons de 5 % la rémunération nette de 90 % des ménages par une division par deux de la CSG pesant sur le travail. Et supprimons le forfait social et la fiscalité qui pèsent sur la participation et l’intéressement. La justice sociale passe avant tout par le travail: c’est pourquoi il nous faut aussi conditionner le versement du RSA à 10 heures hebdomadaires d’activités d’intérêt général.

Contrairement au gouvernement qui laisse entendre que l’argent public tombe du ciel, il n’y a pas d’argent magique. Le rétablissement de nos finances publiques est une question de souveraineté. L’endettement peut être légitime s’il permet d’investir pour l’avenir ; il est inacceptable s’il sert à payer des dépenses de fonctionnement, ce qui est largement le cas aujourd’hui.

Nous avons donc détaillé quatre grands axes d’économies: la lutte acharnée contre les fraudes (notamment par une carte vitale biométrique), contre les dérives de l’assistanat (par une aide sociale unique plafonnée à 75 % du SMIC), contre les dépenses de fonctionnement superflues (par un plan de modernisation déjà présenté à l’occasion de la loi de finances) et contre les incitations à l’immigration (en exigeant des étrangers cinq années de cotisations pour accéder aux prestations sociales non contributives). Les baisses massives de prélèvements obligatoires que nous proposons seront ainsi financées. Couplées à des réformes structurelles, comme le report progressif de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, elles permettront d’augmenter la croissance potentielle et donc de réduire à terme le ratio d’endettement.

Il n’y a aucune fatalité à ce que la France se déclasse. Maintes fois dans son histoire, elle a su trouver les ressources d’un sursaut inespéré. C’est le moment d’en créer les conditions et de bâtir un projet d’alternance après l’immobilisme des quinquennats de François Hollande et Emmanuel Macron.

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