SécuritéChristian Jacob : « Réarmons-nous face à l’islamisme et à l’ultraviolence »

16 novembre 2020
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Alors que les Républicains organise le 17 novembre une convention sur le thème de l’autorité de l’État, le président du parti présente ses réflexions sur la lutte contre le terrorisme islamiste.

Les terribles attentats ayant récemment endeuillé la France sont la pointe émergée de l’iceberg islamiste que nous avons laissé croître sur notre sol. C’est la manifestation la plus violente de la propagation du fanatisme et de la fracturation de notre nation. Nous sommes confrontés à un ennemi décidé à détruire tout ce à quoi nous tenons. Tandis que le communautarisme et l’ultraviolence prospèrent, notre pays connaît une déliquescence de l’autorité.

Cette situation d’une gravité exceptionnelle n’appelle pas de grands discours ou de petits tweets, mais un véritable réarmement régalien, juridique et civique. Nous devons d’abord faire de la sécurité une priorité budgétaire, ce qui n’est nullement le cas aujourd’hui: depuis 2017, le budget de la mission «sécurités» a crû moins vite que l’ensemble de la dépense publique. Nous devons l’augmenter d’au moins 5 milliards d’euros en cinq ans. Les forces de l’ordre sont aujourd’hui sur une pente de paupérisation et le gouvernement recrute de nouveaux policiers et gendarmes sans leur donner les moyens de faire leur travail. Le budget hors personnel des forces de l’ordre ne représente plus que 11% de leur budget total. C’est dramatiquement insuffisant. Elles manquent de tout: de gilets pare-balles, d’uniformes, de véhicules opérationnels, de matériel informatique fonctionnel…

Mais ce désarmement régalien n’est pas que matériel. Il est temps d’assurer l’effectivité des peines et de durcir la réponse pénale, notamment en instaurant des peines planchers exemplaires et en supprimant les réductions de peine quasi automatiques. Plutôt que de vider les prisons à l’occasion de la crise sanitaire, nous devons construire en urgence 20.000 places de prison, en les diversifiant selon la dangerosité des détenus. C’est une condition indispensable pour que les peines de prison soient appliquées. Nous devons aussi dématérialiser et simplifier la procédure pénale en rédigeant un nouveau code de procédure pénale inspiré du droit britannique.

La restauration de l’ordre public et l’application rapide des peines doivent aller de pair avec la restauration de la cohésion nationale. Le réarmement régalien est indispensable mais ne suffit pas. Pour que la cohésion nationale ne reste pas un slogan, cela exige de réparer les fractures territoriales, économiques, éducatives ou culturelles qui menacent de défaire notre nation.

Cela suppose de réduire drastiquement une immigration aujourd’hui hors de contrôle qui ne fait qu’aggraver le communautarisme. Il est temps d’arrêter les régularisations qui sont des primes à la violation de nos frontières et de notre droit, ainsi que de voter au Parlement un strict plafond d’immigration légale en fonction de nos capacités d’intégration. La France n’est pas en situation d’assimiler 275.000 nouveaux immigrés légaux tous les ans, sans compter les dizaines de milliers de déboutés du droit d’asile ou les milliers de mineurs non accompagnés.

C’est aussi l’heure d’éradiquer l’ennemi islamiste par tous les moyens, en expulsant systématiquement les étrangers liés aux mouvances islamistes et en fermant définitivement les lieux de culte salafistes ou fréristes. On ne peut se satisfaire que seules sept mosquées aient été temporairement fermées sur le fondement de la loi du 1er novembre 2017. Il nous faut adapter notre droit à la lutte contre l’islamisme. Notre capacité d’action est aujourd’hui paralysée par un étau de règles et de jurisprudences faisant prévaloir les droits individuels au point de nous priver des moyens de nous défendre. C’est pourquoi il nous faut réviser notre Constitution: la France a le droit de décider qui s’installe sur son sol et le droit de se défendre contre ceux qui veulent sa mort. Face à l’islamisme, il est urgent de passer des discours aux actes.

Et nous devons enfin donner à aimer la France en transmettant à nos enfants et aux étrangers notre langue, notre histoire et nos valeurs. L’enseignement de la langue française doit être une priorité absolue. Plutôt que d’«exalter» les langues d’origine comme nous y invite le président de la République, c’est la langue française que nous devons transmettre avant tout à nos enfants et aux étrangers admis à séjourner sur notre sol. Que l’on instaure un examen de français à l’entrée en sixième en doublant les heures de français pour les élèves en difficulté. Que l’on conditionne l’obtention ou le renouvellement d’un titre de séjour à un contrôle effectif du niveau de maîtrise oral et écrit de notre langue ainsi qu’à la connaissance minimale de notre histoire et de notre mode de vie.

Nous avons à faire face à un nœud de problèmes: la paupérisation des forces de l’ordre, l’inexécution des peines, le laxisme pénal, une immigration de masse incontrôlée, l’abandon de l’assimilation, la montée du communautarisme islamiste et la crise de la transmission de notre langue et de notre culture. Ces défis ne sont pas indépendants les uns des autres ; il nous faut les relever ensemble par une restauration de l’autorité à tous les niveaux et une réaffirmation de tout ce qui fait de la France une nation.

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