Santé et solidaritéDamien Abad : « Profitons du confinement pour tester tout le monde »

13 novembre 2020
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Le président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale préconise de systématiser les tests antigéniques dits rapides.

Pourquoi prônez-vous le modèle slovaque d’un test antigénique massif, systématique et rapide dès la fin novembre ?

Pour éviter un nouveau confinement et cette politique de « stop and go » permanente qui a des conséquences psychologiques, économiques et sociales désastreuses. Le confinement ne peut être qu’une solution temporaire, bien imparfaite sur le plan des libertés. La stratégie efficace, c’est confiner pour tester. Il faut profiter du confinement pour tester tous les Français de manière systématique. Ce dépistage général permet de détecter les porteurs asymptomatiques qui représentent environ 50% des contaminations. Si on ne fait pas cela, l’épidémie continue d’avancer. La rapidité des résultats est une arme décisive contre la propagation, surtout lorsque l’on sait que la plupart des personnes contagieuses le sont moins de 12 jours. Aujourd’hui le « tester, tracer, isoler » est un triple échec. Nous testons toujours trop peu et trop tard, et le virus continue à circuler. Le traçage est très imparfait et l’isolement est le grand absent de notre stratégie sanitaire.

Cette méthode a été appliquée sur une population de 5,4 millions d’habitants. Peut-elle l’être en France où nous sommes douze fois plus nombreux ?

La Slovaquie a réussi à tester deux tiers de sa population en quelques jours. Elle a ainsi isolé 38.000 cas positifs, majoritairement asymptomatiques, mais vecteurs potentiels du virus. Ce dépistage a aussi permis d’accorder un laissez-passer à 99% de la population. La France a plus d’habitants que la Slovaquie, mais les moyens dont elle dispose sont d’une tout autre ampleur. Nous avons deux fois plus d’infirmiers par habitant et la même proportion de médecins. Donnons-nous au moins les moyens d’essayer ! Cela exige une volonté politique forte avec la mobilisation des forces vives de la nation (médecins, étudiants, militaires, policiers, bénévoles) et l’ouverture d’un grand nombre de centres de dépistage. Après le prélèvement, chaque personne devra patienter une vingtaine de minutes. Si le test est négatif, un certificat de libre circulation sera délivré. Dans le cas inverse, la personne devra immédiatement se mettre en quarantaine et ceux qui refusent le test devront se mettre en quarantaine dix jours, sous peine d’une amende très importante.

Comment organiser un tel dépistage sur le plan logistique ?

La question de la logistique est aussi importante que celle du volume de tests disponibles. Nous pouvons procéder par étapes. Des initiatives dans les territoires ont déjà lieu, comme à Avignon ou sur certains campus universitaires. Je propose d’organiser d’abord un dépistage pour tous dans les territoires les plus touchés. Ensuite, la campagne se ferait département par département. Cela permettrait de casser les chaînes de contamination, de faire respirer nos services de réanimation et d’expérimenter le dépistage pour tous à grande échelle avant de le généraliser au niveau national. Il nous faut donc systématiser les tests antigéniques dits rapides, démultiplier les tests PCR groupés et également chercher le virus dans les eaux usées, qui sont un bon indicateur du nombre de personnes infectées.

Pourquoi insistez-vous sur l’urgence d’une telle solution ?

L’urgence est absolue au vu de la dégradation sanitaire, du désastre économique et social qui se profile, et de la nécessité d’avoir une vision pour préparer le déconfinement! Le but est d’éviter à tout prix un troisième confinement. Il faut agir dès maintenant. Cette solution de dépistage général permettrait de repartir pratiquement à zéro en matière de circulation du virus. Sinon, nous continuerons le yo-yo de l’échec dans la relance sanitaire et dans la relance économique. Alors que les fêtes de fin d’année approchent, nous devons être sûrs que les Français puissent se retrouver sereinement pour le repas de Noël ou du Nouvel An. Nous devons tenter cette troisième voie, entre la suppression des fêtes de fin d’année et la création d’un cluster national géant.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

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