Santé et solidaritéDamien Abad : « Attention à ne pas mettre le pays à terre ! »

28 octobre 2020
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Avant l’intervention d’Emmanuel Macron qui doit annoncer ce mercredi de nouvelles mesures contre l’épidémie de Covid-19, le président du groupe LR à l’Assemblée nationale plaide pour que l’économie soit « préservée autant que possible ».

A la veille de l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron, qui doit annoncer mercredi 28 octobre de nouvelles mesures de restriction face à la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19, Damien Abad était à Matignon mardi soir à l’invitation du Premier ministre Jean Castex. Le président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale redoute un reconfinement généralisé, demande que les écoles restent ouvertes, et plaide pour que l’économie soit « préservée autant que possible ». « La deuxième vague n’a pas été anticipée », déplore-t-il, jugeant que « la stratégie du gouvernement de gestion de cette crise a échoué ».

A quoi a servi votre rendez-vous avec Jean Castex ?

Le Premier ministre voulait consulter les responsables politiques pour savoir comment nous voyions les choses et quelles propositions pouvaient être faites. Moi, j’ai dit deux choses : que nous étions face à un choix impossible, entre subir un tsunami hospitalier ou un effondrement économique. Malheureusement, à l’heure qu’il est, il n’y a plus de bonne solution parce que la stratégie du gouvernement de gestion de cette crise a échoué.

Le Premier ministre a-t-il dit qu’on se dirigeait vers un reconfinement ?

Jean Castex a dit qu’on se dirigeait vers un durcissement des mesures sanitaires, et que le reconfinement n’était pas exclu, y compris un reconfinement généralisé. J’ai le sentiment que ça sera une décision nationale et pas locale. De la même manière, on ne devrait pas faire face à un confinement comme au mois de mars, plutôt type « métro, boulot, dodo », sans la vie sociale, mais en permettant à une partie de la vie économique de continuer.

Vous êtes opposé à un reconfinement généralisé. Pourquoi ?

Comme lorsque vous avez été malade, le plus dur, c’est la rechute. Ici, je redoute que les Français acceptent mal d’être reconfinés, que l’acceptation sociale soit faible. L’autre souci est que la stratégie du gouvernement repose uniquement sur les épaules des Français. Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas fait en sorte d’augmenter nos capacités de réanimation depuis la fin de la première vague ? Il fallait ouvrir des hôpitaux éphémères, former davantage d’infirmières. La deuxième vague n’a pas été anticipée, on n’a pas mis à profit la période d’apaisement, et la majorité a voté contre les propositions que nous avons faites sur le sujet. Par ailleurs, un confinement généralisé a un coût économique et social très fort. Attention à ne pas mettre notre pays à terre !

Que préconisez-vous ?

Les écoles doivent être ouvertes et l’activité économique doit être préservée autant que possible. Il faut évidemment renforcer le télétravail, encourager les horaires différenciés pour ceux qui doivent aller travailler, augmenter les capacités des transports en commun. Si on reconfine tout, l’économie du sport, de la culture et toute celle qui repose sur les relations sociales va en souffrir. Le risque, c’est le chômage de masse. Sinon, il faudra un renforcement des mesures de soutien économique aux entreprises, l’annulation des charges sociales pour les PME, leur permettre d’avoir des facilités de prêt.

Le gouvernement vous a-t-il donné une perspective ?

Non, Olivier Véran a même parlé de la possibilité d’une troisième vague. Ce dont nous avons surtout besoin, c’est de cohérence, de transparence et de donner une perspective aux Français. Est-ce que les sacrifices de la Toussaint leur permettront de passer les vacances de Noël en famille ? Est-ce que le gouvernement va apprendre de ses erreurs ? C’est une crise difficile, il faut être humble et responsable.

>> Lire l’interview sur LeParisien.fr

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