SociétéDamien Abad : « Instaurons des cours sur la laïcité »

19 octobre 2020
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Le patron des députés LR, Damien Abad, dévoile au Parisien les propositions d’urgence que son parti entend porter après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine. Parmi elles, un numéro vert d’urgence pour les profs menacés, et même une modification… de la Constitution.

Le président du groupe LR à l’Assemblée nationale, Damien Abad, avait mis en place un groupe de travail sur le projet de loi sur le séparatisme, qui doit être dévoilé le 9 décembre. Mais avec l’attentat à Conflans-Sainte-Honorine, il accélère son calendrier et dévoile des propositions qu’il entend porter au nom du premier groupe d’opposition alors que ce lundi, Marine Le Pen livrera les siennes dans une déclaration.

Est-ce qu’au regard de l’attentat de vendredi, vous trouvez que le projet de loi sur le séparatisme d’Emmanuel Macron n’est plus suffisant ?

Oui, très clairement. Avec cet attentat, on s’est attaqué au plus sacré de la République : l’école. Ce n’est pas un acte de séparatisme, c’est une déclaration de guerre. Donc il faut aller plus loin et plus vite.

Plus vite ?

Oui, avant même le vote de la loi, j’attends que l’on ferme des mosquées et les salles de prières radicalisées. On sait qu’il y en a. Dans certaines cités, il existe même des accords tacites entre les salafistes et les caïds. Il faut une fermeté absolue dans les fermetures administratives, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il nous faut aussi expulser les imams radicaux étrangers.

Que préconisez-vous pour le jour de la rentrée des classes, le 2 novembre ?

Il faut crever l’abcès. Il faut donc que les élèves, à partir du collège, aient des débats sur ce qui s’est passé à Conflans-Sainte-Honorine. En cas de manifestation d’une forme ou d’une autre de soutien à cette action barbare, il faudra convoquer les parents et un conseil de discipline ! Sans attendre, je demande la mise en place d’un numéro vert d’urgence relié à une cellule interministérielle Education nationale/Intérieur pour que les enseignants puissent signaler toutes les atteintes à la laïcité qui existent dans nos écoles. Les professeurs ne se sentent pas toujours suffisamment soutenus par leur hiérarchie.

Sur le fond, quelles propositions législatives faites-vous ?

Par le passé, le Conseil constitutionnel a censuré différentes mesures comme la pénalisation de la consultation des sites djihadistes ou la rétention des individus radicalisés qui sont sortis de prison après y avoir effectué leurs peines. Il faut donc modifier la Constitution pour avoir une laïcité plus exigeante pour mieux pouvoir sanctionner ses atteintes. Le droit doit être un allié dans notre combat contre l’islamisme radical et non un frein.

Que proposez-vous sur l’école ?

D’instaurer des cours sur les valeurs de la République et la laïcité et que ces cours soient sanctionnés par une épreuve obligatoire au brevet pour être certain qu’ils soient donnés. Je propose aussi que l’on mette une épreuve de laïcité dans le concours d’enseignant. Plus des trois quarts des enseignants se disent aujourd’hui pas suffisamment formés sur cette question-là. Je souhaite aussi que l’on mette en place une enquête administrative préalable à l’embauche de tout agent de service public dans les écoles. Par ailleurs, il faut interdire les menus confessionnels dans les écoles publiques. Enfin, en cas de menaces ou d’insultes contre un enseignant, notamment sur les réseaux sociaux, il faut que les parents d’élèves puissent être poursuivis.

Et pour les jeunes en dehors de l’école ?

Je souhaite la mise en place pour les jeunes d’un service à la Nation obligatoire de 4 à 6 mois dans les armées, la police, la justice ou les pompiers. Ça va coûter cher, mais c’est nécessaire alors que le service national universel, trop court et pas assez axé sur la Nation, est un échec total.

>> Lire l’interview sur LeParisien.fr

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