Santé et solidaritéPhilippe Juvin : « Des mesures difficiles mais justes »

15 octobre 2020
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Philippe Juvin, chef des urgences de Georges Pompidou et maire Les Républicains de La Garenne-Colombes, salue l’instauration d’un couvre-feu tout en déplorant des efforts insuffisants pour l’hôpital.

Le médecin et élu LR Philippe Juvin appelle à se « serrer les coudes » face à la gravité de la situation.

Emmanuel Macron a annoncé la mise en place de couvre-feu dans les zones où on observe une forte reprise de l’épidémie. Une bonne idée ?

Je pense que ce sont des mesures difficiles et impopulaires mais elles sont justes. Il a bien fait de la prendre dès à présent. Il a été clair, il a fixé un principe, une géographie, un horaire. Les Français ont fait preuve de responsabilité jusqu’ici, et il est important que ce qui a été annoncé par le Président soit respecté.

Le gouvernement a-t-il tardé à réagir ?

Il est toujours facile de refaire le match. La situation et tellement grave qu’il faut le moins de polémiques possible et serrer les coudes. Emmanuel Macron a dit que l’Etat avait tiré les leçons de ses erreurs, sur les tests et le tracing. Il est important que ces paroles soient suivies d’actes. On ne peut pas demander des efforts aux Français, et que ça ne suive pas derrière.

Cela suffira-t-il ? Y a-t-il d’autres mesures à prendre ?

Quand on regarde les statistiques de création de clusters – les milieux familiaux ou amicaux en sont une part importante – le problème a été ciblé. Mais on ne pourra vérifier les effets d’une mesure prise aujourd’hui que dans trois semaines. Il faudra à ce moment-là voir s’il faut alléger le dispositif, ou le durcir.

Le gouvernement en a-t-il assez fait pour aider le milieu hospitalier depuis la 1re vague ?

Il y a eu des choses bien et d’autres insuffisantes. La politique de revalorisation salariale mise en place avec le Ségur de la santé est un important effort de l’Etat, mais s’il est perçu, individuellement pour chaque soignant, comme faible. En revanche, on n’a pas du tout augmenté nos capacités d’hospitalisation, on n’a pas mis en place de réserve sanitaire, ni ouvert des hôpitaux éphémères comme cela a été fait dans le monde. Là-dessus, nous n’avons strictement rien eu.

Les nouvelles annonces de soutien économique aux entreprises vous apparaissent-elles suffisantes ?

Il faut s’en féliciter mais ne pas se faire d’illusion. Nous avons détruit plus de 14 fois d’emplois que lors de la crise de 2009. Les aides sont les bienvenues mais elles ne peuvent pas être à la hauteur du problème.

>> Lire l’interview sur LeParisien.fr

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