SociétéGIlles Platret : « Emmanuel Macron troque le séparatisme contre le communautarisme, il aura les deux »

7 octobre 2020
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Vice-président des Républicains, maire de Chalon-sur-Saône et tête de liste LR aux prochaines régionales en Bourgogne-Franche-Comté, Gilles Platret estime que le projet d’Emmanuel Macron pour lutter contre le « séparatisme islamique » est en fait une « défaite en rase campagne » pour la République. Car, à ses yeux, le chef de l’Etat adapte la République à l’islam et non l’inverse.

Salué par des élus de tous bords hypnotisés par quelques annonces de détail savamment mises en exergue, le discours d’Emmanuel Macron sur le séparatisme islamique a peut-être été écouté, mais il n’a à coup sûr pas été étudié. Or, il contient en germe le pire danger pour une nation comme la nôtre : violant toute notre tradition républicaine, il entend moins endiguer les empiétements temporels de l’islam sur la République que de contraindre la République à s’adapter à l’islam.

Est-ce un effet de notre nouvelle façon de penser le fait politique ? Un ultime symptôme du basculement dans l’ère de Twitter, où 140 caractères deviennent le ferment de nos convictions, de nos enthousiasmes ou de nos emportements ? Est-ce enfin le talent hypnotique qu’on prête à raison à monsieur Macron ?

Toujours est-il que les réactions au discours que le président de la République a tenu vendredi aux Mureaux sur ce qu’il appelle le » séparatisme islamiste » ont de quoi interroger. On a vu nombre d’élus et d’observateurs, hier encore conscients de l’emprise d’un certain islam sur des vies, des quartiers, des portions entières de la France, entraînés sans résistance dans l’illusion qu’une heure de péroraison sur le sujet allait magiquement régler le problème majeur de notre pays, le plus grand défi lancé à la face de la France depuis des décennies. On a vu des opposants à monsieur Macron jeter les armes avec soulagement, des Premiers ministres socialistes louer son changement de pied, des parlementaires Républicains en rajouter sur le caractère fondateur du discours, de vieilles barbes du Rassemblement national, pitoyables d’ahurissement, à qui on aurait eu envie de tendre une carte de la République en Marche pour parachever leur bonheur soudain…

Eh là! Retirez donc vos yeux de l’écran de télévision qui vous aveugle pour les plonger bien plutôt dans le texte qu’a débité vendredi le président de la République! Oubliez donc le jeu du comédien pour étudier un instant le monologue de la pièce. L’œuvre vous apparaîtra alors bien différente de ce que, de prime abord, vous vous êtes laissés aller à penser.

Car sous les dehors les plus sonnants du triomphalisme, c’est une défaite en rase campagne qui s’annonce. Le plus profond renoncement aux principes qui constituent depuis deux siècles et plus notre République auquel on prépare les Français.

Monsieur Macron a cherché vendredi, en maître qu’il est de l’illusion politique – celle qui lui a permis d’être élu en 2017, celle qui lui permet de tenir depuis – à nous aveugler sur l’horizon qu’il assigne au pays.

Tout se tient dans son texte : l’enchaînement des thèmes, le contrebalancement des idées, le « en même temps » dont il ne sortira jamais, mais dont seuls les naïfs pensent encore qu’il serait la marque d’une indécision. Monsieur Macron sait ce qu’il veut faire de la France : un pays préparé à la communautarisation, une République dont l’Etat a la charge du morcellement culturel.

Pour arriver à ce but, qui transparait le plus clairement dans la 4e partie du discours et que l’ultime chapitre du texte tente de masquer en mettant opportunément en exergue l’amour nécessaire de la République, Monsieur Macron jette trois cercles de fumée destinés à nous aveugler : la France est fautive de ce qui lui arrive, dit-elle d’abord, mais qu’on se rassure, poursuit-il, la loi va tout régler d’ici la fin de l’année et de conclure qu’avant quatre ans, la République aura réorganisé l’islam.

Enoncer ces fins du discours de manière si synthétique – si caricaturale, diront ceux qui ne partagent pas ma façon de voir les choses -, c’est souligner la profonde incohérence des mesures qui ont été annoncées au regard de la réalité de la crise que traverse notre pays, mais aussi leur totale cohérence dès lors que s’éclairent les buts de la politique annoncée.

Le premier cercle de notre aveuglement, c’est la repentance. La France serait la responsable du séparatisme islamiste qui la gangrène. Les mots de Monsieur Macron sont forts, ils sont odieux : « Nous avons nous-mêmes construit notre propre séparatisme ». Et il ne manque évidemment pas d’en trouver la raison : « Nous sommes un pays qui a un passé colonial et qui a des traumatismes qu’il n’a toujours pas réglés ». Nous y voilà, billet retour pour le discours qu’il avait tenu en Algérie en février 2017 sur le sujet de la colonisation en Algérie : « C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes », avait-il dit alors.

A ceux qui pensent qu’Emmanuel Macron aurait changé, nous offrons donc sans regret un motif de déception : la France demeure plus que jamais un pays coupable à ses yeux. Le cilice sur les épaules, la repentance aux lèvres, il lui s’agit d’abjurer. Ce qui sous-tend que notre pays a une dette vis-à-vis des descendants des peuples qui furent placés outre-Méditerranée sous son gouvernement. Une dette que notre Nation devrait bien évidemment rembourser séance tenante, contrairement à celles que l’Etat contracte massivement à cette heure avant de les refiler généreusement à nos enfants.

Cette dette post-coloniale est l’entame du discours des Mureaux. Elle en pose le cadre, elle en éclaire la suite. Elle en dit bien autant sur la pensée réelle du président que la dizaine de pages ânonnées après elle.

Faut-il redire ici que nous pensons tout le contraire ? La France n’a pas à rougir de la politique coloniale qu’elle a menée. A la conquête du monde, elle a épousé des visées de grande puissance, qui lui ont assuré la position qu’elle occupe aujourd’hui au rang des Nations. Nous n’en sommes pas que les héritiers moraux, nous en profitons matériellement. Notre niveau de vie est assis sur ce passé. Qu’il n’ait pas toujours été lumineux est un fait, mais, parce que, souvent aussi, c’est de gloire qu’il a été fait, rien ne doit jamais nous faire baisser les yeux sur notre histoire. Elle nous fait ce que nous sommes. Nous repentir, c’est faire de la moraline anachronique à bon marché et c’est nous renier nous-mêmes. « Jamais un genou à terre », telle devrait être la devise des Français. Mais un genou ne suffit pas à Monsieur Macron : alors qu’il prétend traiter des ennemis de la France, il veut d’abord nous faire ployer tout entiers sous le poids de ce que seraient nos fautes. Singulière façon de préparer des troupes au combat…

Le deuxième cercle de l’aveuglement, c’est l’illusion législative. La loi pourrait changer le monde… Il n’y a plus un seul Français qui, dans son quotidien abreuvé depuis tant d’années par les annonces ronflantes qu’une énième réforme votée au Parlement va immanquablement améliorer sa vie, puisse encore se laisser prendre au piège. Face à un mouvement si ancré que la radicalisation islamique des esprits, dans nos quartiers, auprès de centaines de milliers, peut-être même de millions de nos concitoyens, la loi ne peut plus qu’être une force supplétive, elle ne saurait constituer le gros des bataillons qu’il s’agit de jeter dans la bataille.

C’est pourtant le passage de son discours sur lequel Monsieur Macron a le plus miser en terme de communication. Il savait par avance qu’en égrenant en cascade et en reprenant à son compte un certain nombre des mesures de bon sens réclamées depuis longtemps par la droite républicaine et par une partie de l’extrême-droite, il allait désarçonner bon nombre de ses opposants. Reconnaissons-lui cette réussite : à lire les réactions, il a touché au but.

Enfin… fort heureusement pas auprès de tous, notamment l’auteur de ces lignes. Pourquoi ? Parce que les mesures annoncées sont insuffisantes et volontairement partielles. Gouverner, c’est choisir. Qu’a donc choisi Monsieur Macron et, surtout, qu’a-t-il refusé de choisir ?

Il choisit ce qui frappe les esprits : l’interdiction dans les cantines scolaires des menus confessionnels, c’est-à-dire hallal ; la prohibition d’horaires réservés aux femmes musulmanes dans les piscines publiques ; sans-doute (c’est dit très allusivement) un nouveau règlement hospitalier pour contrecarrer le choix par le patient du genre de son médecin ; une extension de l’obligation de neutralité dans les services publics délégués, la définition de nouveaux motifs de dissolution en conseil des ministres de certaines associations, la conditionnalité des subventions au respect de la laïcité ; la scolarisation en établissement obligatoire pour tous ; la négociation avec les pays musulmans pour ne plus accueillir à terme en France des enseignants ou des imans qui en seraient issus ; un renforcement des contrôles sur le financement des mosquées.

Voilà. C’est ça. C’est tout ça. Et ça n’est que ça. Suffisant pour endormir, insuffisant pour plonger indéfiniment dans la léthargie. Parce que la loi aurait déjà pu le permettre en grande partie sans en voter une nouvelle. Il suffisait de l’appliquer dans sa sévérité : les menus hallal sont par exemple déjà illégaux car l’acquittement par les collectivités de la taxe dont sont frappés les produits concernés est reversée pour entretenir le culte musulman, ce qui est contraire à la loi de 1905. Il en va de même des horaires réservés dans les piscines, qui peuvent être attaqués au nom de la même loi car ils organisent un service public en fonction de critères religieux.

Alors pourquoi un nouveau texte de loi ? En soi, la loi compte peu aux yeux de Monsieur Macron ; ce qu’il recherche, c’est le débat sur la loi, la médiatisation autour de la loi. Cela commence évidemment dès cette semaine par les « consultations » qu’est censé conduire le ministre de l’Intérieur, belle manœuvre dilatoire autour d’un texte qui est déjà écrit… On croit revivre le « grand débat » ! Il s’agit pour Monsieur Macron de saturer l’espace médiatique pour donner l’illusion qu’il agit, alors qu’il a depuis trois ans les moyens d’agir et qu’il ne l’a pas fait. Allez, lançons un pari facile : tout cela finira par la signature face caméra, à l’Elysée, du décret de promulgation de la nouvelle loi par le président de la République flanqué du ministre de l’Intérieur et de celui de la Justice : un gage à droite, un gage à gauche, puis fermez le ban. Du déjà vu, non ?…

Si Monsieur Macron croit tant qu’il va lutter contre l’islamisme galopant par une simple loi, pourquoi n’en envisage-t-il pas l’extension à d’autres champs, volontairement passés sous silence ? Songeons aux menus de substitution dans les cantines, qui ne sont rien d’autre que la norme religieuse reconnue comme organisatrice du service public et sont laissés jusqu’à présent à l’appréciation du juge ; au port du voile chez les accompagnatrices scolaires laissés à l’appréciation des enseignants. Que dire aussi des signes religieux dans les entreprises privées, fréquents théâtres des plus fortes manœuvres prosélytes ? Que dire encore du voile accepté à l’Université, exception à la neutralité du service public de l’enseignement ? Sont-ce des sujets secondaires, alors que, partout en France, ils signent les renoncements de l’Etat face à l’activisme islamique ? Mais là-dessus, bien sûr, pas un mot.

Monsieur Macron choisit donc de frapper les esprits par quelques mesures, non de régler le problème en le prenant à bras le corps. Cela correspond à sa volonté profonde : favoriser par l’action dérogatoire de l’Etat, au mépris de la laïcité, l’enracinement de l’islam en France.

En effet, le troisième et dernier cercle d’aveuglement, le plus dangereux car il se veut le plus rassurant alors qu’il est le plus lourd de conséquences, c’est que la République doit selon son président organiser l’islam.

Bien sûr, il s’en défend. Il jure ses grands dieux (qu’on me pardonne cette facétie) qu’il a renoncé à l’idée d’un concordat. Ce qui est inquiétant, c’est qu’il l’ait sérieusement envisagée un jour, au mépris frontal de 115 ans de tradition laïque dans notre République. Il est vrai que son actuel ministre de l’Intérieur y est depuis longtemps favorable : ceci explique peut-être cela.

Ainsi, le président de la République proclame que jamais l’Etat ne se mêlera d’organiser l’islam. Or, il va faire précisément le contraire, les mots le laissent entendre sans ambiguïté : « il nous faut aider cette religion dans notre pays à se structurer pour être un partenaire de la République », « essayer ensemble de bâtir une organisation qui va nous permettre de construire un islam des Lumières dans notre pays », « nous allons nous-mêmes former nos imans et nos psalmodieurs (…) mais aussi des intellectuels qui défendent un islam pleinement compatible avec les valeurs de la République »…

Que faut-il de plus à ceux qui, défenseurs de l’unité de la France, ont pu trouver passagèrement des accents républicains à ce discours ? On voit bien qu’il tourne au contraire le dos à la République laïque et indivisible.

Si, comme l’a relevé séance tenante Michel Onfray, rêver d’un « islam des Lumières » est un oxymore, « islam » signifiant soumission et « Lumières » primauté du libre arbitre, la tentation pour l’Etat d’organiser l’islam est totalement opposée au principe de laïcité. Monsieur Macron a prévu l’objection, c’est pourquoi il nous dit : ce ne sera pas l’Etat, mais le Conseil français du Culte musulman qui labellisera les imans dans notre pays… Mais enfin !, qui va confier au CFCM cette incroyable responsabilité, sinon l’Etat lui-même ? Cela s’appelle donc une délégation de service public. Un service public inédit parce que religieux. J’ai sans doute déjà trop abusé des facéties de langage pour oser demander à M. Macron si, dans cette nouvelle délégation de service public, il exigera des membres du CFCM le respect de la neutralité…

Soyons sérieux : si le gouvernement entraînait la France dans cette folie, il n’y mettrait pas que le doigt, il y laisserait le bras, puis le corps tout entier. Le législateur de 1905, dans sa sagesse, avait instauré la Séparation, concevant la laïcité comme une digue. Il précisait d’emblée que « la République ne reconnaît ni ne salarie aucun culte » : oui, la République a pris la précaution de ne pas reconnaître les religions, pour mieux les tenir à l’écart, pour les laisser dans leur sphère propre, privée, celle de la conscience personnelle, afin de mieux les contenir quand elles prétendraient en sortir pour envahir et régenter la sphère publique.

Or, ce que propose M. Macron balafre tout cela. Il veut que la République organise le culte musulman. Il veut plus que cela en réalité : il ne veut pas que l’islam s’adapte à la République -au besoin contraint et forcé, comme l’ont fait les autres religions avant lui en France-, il veut que la République s’adapte à l’islam.

Cette réalité, qui doit sonner comme un scandale aux yeux des républicains, il l’exprime dans cette fameuse quatrième partie de discours, qui, après la repentance de l’entame, est la véritable fin des fins de ce texte.

Oui, Monsieur Macron veut l’adaptation de notre pays à la religion de Mahomet. Il ne souhaite pas laisser aller les choses. Il ne souhaite pas tenir la religion à distance, comme l’ont fait nos pères de 1905, il veut ouvrir les portes et fenêtres de la France à une pratique, une culture, une civilisation.

L’idée de l’unité de la République lui est étrangère : ce qu’il ose encore désigner comme notre communauté nationale a, selon lui, « 66 millions d’histoire ». Jamais un président de la République n’avait à ce point pensé la fin de la Nation. Son but est clair comme de l’eau de roche et, s’il le couvre dans la dernière partie du discours par l’amour qu’il exhorte à porter à la République comme l’affection qu’on prodigue aux mourants, il l’exprime sans fard : l’Etat doit « faire émerger une meilleure compréhension de l’islam ». Le citoyen -qu’on ne consultera évidemment pas sur ce point, pas plus que sur tout ce projet de société- versera 10 millions d’euros pour « le développement d’études islamiques de haut niveau à l’université ». L’Etat créera un institut scientifique d’islamologie ; il orientera la recherche française sur la civilisation musulmane. La France est assignée à devenir « un pays d’excellence dans l’étude des civilisations musulmanes » pour forcer les Français à comprendre mieux « les civilisations qui de fait cohabitent sur notre sol compte tenu de ce qu’est devenu aujourd’hui le peuple français ».

Conséquence logique : alors qu’un quart d’heure plus tôt, il a jeté l’illusion avec l’annonce de la fin des Enseignements des langues et cultures d’origine (ELCO), le même Monsieur Macron annonce tout de go, « de manière extraordinairement décomplexée » -ce sont ses mots-, son intention de « reconnaître et exalter pour les faire vivre dans le cadre républicain » l’arabe et les autres langues de l’islam. Et d’annoncer que, d’ici peu, on aura trouvé le moyen « d’enseigner davantage la langue arabe à l’école ou dans le périscolaire » et bourré le crâne de nos écoliers avec « une vraie politique de connaissance des langues et des civilisations » islamiques.

Voilà donc l’affaire. Et c’est alors que s’éclaire le terme même de « séparatisme islamiste » que Monsieur Macron a savamment choisi : il n’exprime nullement son souhait d’extirper le germe salafiste de la terre de France, il signe sa volonté de rattacher l’islam, de l’enraciner dans la République en adaptant celle-ci à cette exigence singulière, fondamentalement contraire à la loi de 1905 et à la laïcité qu’elle a instituée. C’est en toute logique ce qui l’amène à dire que « le séparatisme islamiste s’émancipe parfois même de la stricte religion », condamnant le premier, mais reconnaissant la seconde dans le cadre de l’Etat.

Pour le dire autrement, Monsieur Macron troque le séparatisme contre le communautarisme. Or, en se trompant de priorité, il aura les deux.

Soyons donc clair : ce discours n’avait pas pour seule vocation de rassurer un peuple effrayé par ce à quoi il assiste depuis trente ans dans le silence des pouvoirs publics, il opère un véritable virage politique en France en contraignant notre peuple à accepter l’institutionnalisation d’une religion sur son sol. Le président de la République n’entend pas laisser aller les choses comme elles pourraient aller d’elles-mêmes dans le fil des temps, il veut forcer le cours du destin en mettant l’Etat au service d’un projet de civilisation au sujet duquel les Français ne seront pas consultés.

Les islamistes, qui ont déclaré la guerre à la France, qui, la plupart du temps, agissent sans piscine réservées, sans menus confessionnels arrachés à la faiblesse des élus locaux, sans même devenir présidents d’associations subventionnées, ces salafistes, qui ont pris la main sur la vie des habitants des quartiers, qui se financent par un trafic de drogue contre lequel l’Etat fait mine de lutter sans volonté réelle -au point d’accepter que ses résultats financiers soient désormais comptabilisés dans le calcul du PIB français !-, qui cadenassent leurs épouses sous des prisons de tissu quand ce n’est pas en les assignant à domicile, ces wahhabites qui gangrènent notre pays, rachètent des fonds de commerces à bas prix pour y installer leurs enseignes communautaires, ceux-là mêmes qui ont encouragé cet été les petites frappes de nos quartiers à faire la loi, par le tapage, la provocation et l’insulte, dans le moindre de nos centres-villes ou sur la moindre de nos plages, tout ce petit monde de la contre-société islamique peut souffler : le discours de Monsieur Macron ne lui fera pas de tort. Son petit commerce va pouvoir se poursuivre puisque la République est désireuse de s’adapter, que son président veut la conduire à rompre avec son indifférence vis-à-vis des religions pour organiser résolument celle d’Allah sur son sol.

On attendait une déclaration de guerre. On a eu droit à une déclaration d’amour.

Non, la France de Monsieur Macron n’expulsera pas les 3.400 étrangers qui, sur son territoire, sont pourtant fichés pour radicalisation islamique. Elle ne fermera pas la centaine de mosquées salafistes encore en activité. Elle n’inquiètera pas les dizaines de milliers de salafistes qui prônent contre la France la nécessité de la charia. Elle laissera benoîtement sortir de prison dans les deux ans qui viennent les plus de 600 détenus arrivant en fin de peine après avoir été condamnés pour terrorisme islamique ou reconnus comme radicalisés. Elle ne protègera pas les salariés du privé contre l’endoctrinement dont ils peuvent faire l’objet sur leur lieu de travail. Elle ne se donnera pas les moyens de désarmer les communautés des banlieues, qui regorgent désormais de matériel de guerre, comme on l’a vu cet été à Dijon et ailleurs. Elle ne rompra pas avec l’immigration de masse (un record de 277 000 titres de séjour ont été délivrés l’année dernière) qui nourrit le communautarisme. Par faiblesse, elle se privera de toute possibilité de visite domiciliaire chez les islamistes puisqu’elle les contraindra à scolariser leurs enfants à l’école, privant au passage les familles amies de la République de la liberté d’enseignement qui leur était reconnue par la République depuis 1882. Elle laissera donc tranquille les sectaires qui n’ont pas besoin, pour répandre leurs idées liberticides, de piscine, de cantines, de subventions publiques, d’enseignement à la maison ou d’imans venant de loin, c’est-à-dire à peu près tous les islamistes actuellement sur le sol français.

Non, Monsieur Macron préfère se contenter de toiletter les facilités dont se servaient ces individus plutôt que de déclarer la guerre au cœur de leur idéologie. Il renonce à interdire le salafisme et les autres doctrines islamistes comme attentatoire à la liberté. Il laisse donc notre pays à la merci de toutes les tentatives pour l’asservir. Les islamistes ont déjà fait preuve dans le passé de trésors d’inventivité pour faire progresser leurs thèses. Les évolutions annoncées par le président de la République les inciteront à poursuivre sur ce chemin prometteur pour eux.

Voilà ce à quoi pourrait mener le discours des Mureaux, qui restera dans notre histoire comme un tournant anti-républicain assumé par le président de la République lui-même. Le peuple français est-il prêt à l’accepter ? Nous pensons résolument que non.

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