Etat et collectivitésNadine Morano: « Le dessein d’Emmanuel Macron, c’est notre mort politique »

21 septembre 2020
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Pour la députée européenne, qui écarte toute alliance avec LREM, la droite n’a pas à porter le « calamiteux bilan » présidentiel.

Les Républicains voient les trois prochains scrutins comme la priorité. Est-ce la bonne stratégie ?

Bien sûr ! Nous sommes le contraire de la République en marche, ce parti virtuel qui ne repose que sur Emmanuel Macron, une image marketing d’un colosse mais… aux pieds d’argile. Les fondations des Républicains sont solides car elles s’appuient sur nos bases électorales dans les territoires et nous sommes, de loin, le premier groupe parlementaire d’opposition.

Pourtant, d’Estrosi à Maréchal-Le Pen, certains vous imaginent en grande difficulté…

Nous sommes un parti de gouvernement, notre stratégie s’inscrit dans le long terme. Voilà pourquoi, avec Christian Jacob, nous travaillons d’abord à un projet crédible d’alternance. Les Français attendent de nous une vision et un cap clairs pour notre pays. Ils sont déboussolés par ce qui se passe en France. Je sais que le dessein d’Emmanuel Macron, c’est notre mort politique qui est sa seule chance de survie pour passer le cap du premier tour à la présidentielle ! Il voudrait nous faire imploser et cherche à se servir de ceux prêts à déserter avant d’avoir livré bataille. Il est incompréhensible et irresponsable que le maire de Nice, ancien parlementaire spécialiste des questions de sécurité, puisse appeler à une alliance inconcevable, au regard de la politique désastreuse de Macron sur ces sujets.

Quel système prônez-vous pour identifier un candidat avant 2022 ?

Visiblement, pour l’ego, il est plus facile de s’enorgueillir de figurer temporairement dans les sondages que de passer à l’acte d’une candidature. Que ceux qui veulent y aller se déclarent ! Je crois en une sélection naturelle. Pourquoi créer un système artificiel ? Pour être candidat à la présidentielle, il faut une ambition réelle, un projet, une vision pour la France, beaucoup de bon sens, d’expérience et de compétences, atteindre le niveau requis de parrainages et lever des fonds… Avec tous ces critères à remplir, pour représenter la droite, ils ne seront pas aussi nombreux que ce que l’on laisse croire. Laissons donc la compétition se dérouler dès maintenant au grand jour. L’organisation des primaires figure encore dans nos statuts, il faudra trancher cette question par un congrès au printemps. Je militerai activement pour sa suppression car la primaire fut un désastre.

Qu’allez-vous faire des hors LR comme Pécresse et Bertrand ?

Je ne crois pas aux aventures individuelles. Nicolas Sarkozy, malgré les épreuves et les déconvenues, n’a jamais quitté sa famille politique et il est devenu président.

Ne craignez-vous pas des alliances droite/LREM aux régionales ?

La clarté, les Français la réclament ! C’est d’ailleurs ce qui a été acté lors de notre dernier conseil stratégique. Il n’y aura aucune alliance avec LREM. Nous représentons une ligne politique qui n’est pas celle d’Emmanuel Macron et nous n’avons pas à porter son calamiteux bilan, que les choses soient entendues. Quant à Édouard Philippe, qui critique son ancien parti, je note qu’il a plutôt fait le choix de servir son intérêt personnel. Il a appliqué un programme contraire au nôtre et donc à ses convictions initiales. Il ne devrait ressentir aucune fierté. Son action a nui à la France et n’a strictement rien à voir avec la ligne politique, ni avec les valeurs des Républicains.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

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