Vie du mouvementLe Rendez-vous de la jeunesse – discours de Christian Jacob

7 septembre 2020

Seul le prononcé fait foi,

Chers amis,

Je veux d’abord vous remercier toutes et tous pour votre formidable mobilisation et pour nos travaux d’hier soir et de ce matin. Mais aussi pour votre engagement et votre militantisme de terrain ; en ayant répondu aussi nombreux à notre appel, vous avez fait taire tous les oiseaux de mauvaises augures. Quel autre parti politique serait prêt à relever le défi de mobiliser plus de 1000 jeunes sur deux jours pour parler politique, réfléchir et travailler à l’avenir de notre Pays ? Ce que nous faisons aujourd’hui est fondateur du sursaut d’une droite moderne, ouverte et résolument tournée vers l’avenir. Merci d’être venus de toute la France, de métropole et d’Outre-Mer.

Permettez-moi aussi de remercier notre équipe dirigeante : Guillaume PELTIER, notre 1er Vice-Président, Aurélien PRADIE, notre Secrétaire général, Annie GENEVARD, Présidente du Conseil national et Eric CIOTTI qui préside nos commissions d’investitures. Chaque jour, ils sont à mes côtés, je veux leur dire aujourd’hui combien leur soutien, leur aide et leurs conseils me sont précieux. Un mot particulier pour Aurélien : si notre rendez-vous de la jeunesse est aussi réussi, nous lui devons pour beaucoup. Il n’a pas ménagé sa peine durant tout l’été.

Merci à nos 3 présidents de groupes parlementaires, François-Xavier, Bruno et Damien pour leur présence mais aussi pour l’énergie et le talent avec lesquels ils animent nos groupes parlementaires. Je n’oublie pas bien sûr mon ami François BAROIN, Président de l’AMF dont le charisme et la hauteur de vue sont reconnus de tous et puis Gérard LARCHER notre Président du Sénat infatigable artisan de l’union et du rassemblement. Il a redonné depuis quelques années à la haute Assemblée une dimension qu’elle avait perdue.

Je veux également remercier et saluer les membres du Bureau politique, du Conseil stratégique et nos élus Députés, Sénateurs, Députés européens, éus territoriaux et mon ami Renaud MUSELIER, Président de la Région Sud et Président de l’Association des régions de France qui nous fait le plaisir d’être à nos cotés depuis ce matin.

Enfin, un événement comme celui qui nous réunit nécessite une organisation d’ampleur. Je veux donc remercier tous les rdj, Aurane et le Bureau national des jeunes républicains pour leur participation à l’organisation et leur travail de terrain indispensable pour notre mouvement.

Et enfin toute l’équipe des permanents de la rue de vaugirard qui ont été sur le pont tout l’été y compris pendant leurs congés pour certains d’entre eux.

Il y a un an dans un contexte difficile dont chacun se souvient, j’ai décidé de prendre mes responsabilités et de me présenter à la Présidence de notre mouvement. Je veux d’ailleurs adresser un message d’amitié à Laurent Wauquiez qui a pris la décision difficile et courageuse d’assumer seul une défaite collective. il l’a fait avec un grand sens de l’intérêt général et beaucoup de dignité.

Je me suis présenté parce que la fidélité à mes idéaux, à mes valeurs, à ma famille politique sont pour moi des valeurs cardinales.

Parce que je suis, par construction, par mon parcours aussi, un homme de combat.

Et surtout parce que je crois et j’aspire, plus que jamais, à l’alternance. Comme beaucoup de Français, je n’ai, en vérité pas digéré l' »effraction » de l’élection présidentielle de 2017.

Les évènements, depuis juin 2017 et spécialement au cours des 6 derniers mois, ont renforcé ce sentiment que le Président de la République n’était pas prêt et qu’il mène une politique qui est mauvaise pour le pays.

Les élections municipales ont été un signal profond de ce qui est en réalité un double rejet : celui de Emmanuel MACRON lui-même et celui du macronisme.

On nous annonçait l’implantation locale d’un Mouvement, En Marche, jeune, moderne et dynamique. On nous annonçait la fin de l’ancien monde.  Eh bien, on a été servi.

Aux municpales, En Marche a été balayé partout où ils ont réussi à faire des listes. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé de brouiller les cartes, mais leur échec a été cinglant. Ils ont raté leur ancrage, ce qui est finalement assez cohérent pour un Mouvement hors sol.

Nos candidats, parce qu’ils étaient bons, parce qu’ils avaient de bons bilans, et parce qu’ils ont su rassembler, ont obtenu des résultats remarquables.

Nous partions de très haut avec les municipales de 2014. Nous avons tenu nos positions, avec quelques déceptions, mais aussi de formidables conquêtes. Moyennant quoi, Les Républicains, ce sont 50% des villes et surtout 15 millions d’habitants vivant dans des communes LR, autant que tous les autres partis politiques réunis.

En 2020, comme en 2014, on peut dire, la tête haute, que les Républicains sont le parti des territoires, de la proximité, de l’efficacité locale, et de la reconnaissance du terrain.

Il y a donc ce paradoxe : nous n’avons pas encore capitalisé, à l’échelle nationale, sur cette réalité de terrain que l’on constate partout en France.

Je suis convaincu que le temps de la récolte viendra. Il viendra parce que ce décalage n’est pas lié à notre histoire. Notre histoire, c’est celle d’un grand parti de droite qui a donné à la France ses institutions autour et avec le Général de GAULLE, et qui lui a donné plusieurs Présidents de la République.

Si les Français avaient voulu que nous disparaissions, nous ne serions plus là. Ils n’imaginent pas, au plus profond d’eux-mêmes, que la vie politique française puisse se structurer sans un grand Mouvement de droite capable d’assurer l’alternance, un grand parti de Gouvernement qui puisse, demain, reprendre en main notre destin national.

Le temps de la récolte viendra car nous avons une cohérence idéologique, et une ligne politique que nous venons de réaffirmer par un travail considérable, transcrit dans un rapport d’étape que nous avons envoyé dans toutes nos fédérations départementales. Ce travail de fond, inédit dans notre famille politique, va permettre la tenue d’un Congrès des idées à l’automne.

Toutes et tous, au sein de notre famille, nous savons nous retrouver sur les grands sujets, et sur les grandes questions. Toutes et tous, même si, pour exister, parfois les tonalités sont différentes, nous nous retrouvons sur la liberté, l’autorité et le progrès. Voilà ce que nous incarnons, voilà notre ligne politique et ce triple message est porteur d’espoir pour notre pays qui voit bien que le « en même temps » est d’abord un immobilisme sans perspectives.

Alors, évidemment, j’ai la lucidité de dire qu’il nous a manqué parfois l’envie d’union, l’envie –qui déplace des montagnes-, l’envie du compagnonnage et enfin l’envie du collectif face auquel les petites trajectoires personnelles sont bien peu de chose.

C’est le sens de l’action que je mène avec notre équipe dirigeante. Faire et refaire travailler ensemble, dans la Maison commune, toutes celles et ceux qui en ont sincèrement envie. J’y mets toute mon énergie car je suis convaincu que notre maison commune reste un point fixe, une référence, le cadre pour un vrai projet d’avenir pour ceux qui s’y sentent bien, et qui y sont toujours restés, pour ceux aussi qui, à un moment, ont pu douter mais qui ont bien vu, lors des élections municipales, que c’est aux Républicains et à la qualité de leurs élus que les Français ont fait confiance.

Avec ce travail collectif, nous avons donné une belle image de ce que nous sommes : des militants ouverts, à l’écoute, fiers de leurs valeurs, capables aussi de se remettre en question, de proposer, de bouger.

C’est parce que nous faisons ce travail de fond, sur nous-mêmes, que nous retrouverons le cœur des Français et que nous serons fidèles à la vocation historique qui est celle d’un grand parti gaulliste : rassembler les Français, les mobiliser, les entraîner dans leur diversité avec un projet ambitieux pour la France.

N’en doutons pas un instant, tout viendra du travail que nous avons initié pour parler aux Français. Parler aux Français, c’est évidemment parler à tous les Français de tous les sujets.

Parler aux Français, c’est parler à nos électeurs d’aujourd’hui, mais aussi à ceux d’hier.

Nous ne devons pas nous résoudre à ce que des Français, sincèrement de droite, en soient réduits à choisir entre En Marche et le Rassemblement National. Eh oui, il en reste. De moins en moins mais suffisamment pour que les commentateurs continuent à phosphorer sur la plus grande fake news des dernières années : Monsieur MACRON serait de droite.

Alors oui, parce que l’homme est ainsi fait, il peut arriver qu’un jour, un chef de Gouvernement, pour une case cochée sur un CV, renvoie par la Poste sa carte LR la veille de sa nomination à Matignon ! Cela peut arriver. Cela en dit long sur la colonne vertébrale de l’intéressé. Mais sans doute avait- il été inspiré par l’opportunisme de son prédécesseur.

Mais les Français ont bien compris qu’on cherchait à leur servir la même limonade une seconde fois, que tout cela est insignifiant, complètement insignifiant au regard du jugement qu’ils sont en droit de porter sur M. MACRON, après 3 ans ½ de pouvoir.

Le tableau est désormais précis. Et je reste assez stupéfait de tout ce qui, d’une certaine manière, a été pardonné ou semble avoir été pardonné à M. MACRON.

Des propos honteux, souvenez-vous : certains de nos concitoyens seraient des illettrés, d’autres des alcooliques ou tout simplement ne seraient rien. Honteux également sur le pognon de dingue que coûte notre système de protection sociale.

Et que dire sur la protection d’un individu sulfureux, M. BENALLA dont 2 ans après l’affaire, on ne sait toujours pas ce qui a justifié cette connivence et cette proximité avec le Chef de l’Etat.

Ça, c’est pour la forme. Et il y a le fond.

Le macronisme a été vendu comme le grand sursaut de la réforme de la France. On allait voir ce qu’on allait voir, avec ce jeune et fringant Président. Et bien on a vu : comme aurait dit Jacques Chirac ça a fait « pschitt ».

Des réformes incomprises et mal préparées ont engendré le grand blocage du pays, à deux reprises, avec les « Gilets Jaunes » d’abord, puis avec la contestation de la réforme des retraites qui avec l’arrivée de M. CASTEX a bénéficié d’un enterrement de 1ere classe.

Il est temps, grand temps que nous tordions le cou à ce canard d’un Président qui mènerait une politique de droite.

Les faits et les chiffres sont accablants. Ils montrent une chose simple : le macronisme est en réalité une excroissance du hollandisme. Emmanuel MACRON a travaillé avec François Hollande. Il a inspiré la politique économique socialiste. Il a été Ministre de l’Economie et a fait voter des lois catastrophiques. Il a voulu déréglementer des professions qui fonctionnaient bien. Il s’est attaqué aux commerces de centre-ville en étant le chantre de la grande distribution. Il a voulu tuer le rail en créant les bus Macron. Aujourd’hui, il nous annonce une grande place pour le rail – Quelle incohérence !

Tout cela montre une chose : il ne comprend pas les Français et il ne saisit pas le pays, c’est triste pour la France car beaucoup de temps a été perdu. Mais ce n’est même pas une occasion perdue car le macronisme portait en lui, dès 2017, la certitude de l’immobilisme. Tout le monde voit bien qu’à 18 mois de la fin de son quinquennat, rien ne bougera plus.
Souvenez-vous de ce que Nicolas SARKOZY avait été capable de faire dans les trois premières années de son mandat, la loi TEPA, la carte judiciaire, les peines planchers, l’autonomie des universités, une grande réforme des retraites et on pourrait en ajouter …

Il y a un instant, je vous parlais des chiffres. Pas des chiffres après crise du COVID, mais ceux d’avant. Le pouvoir va tenter de nous expliquer que son élan réformateur a été coupé par cette crise sans précédent. C’est vrai qu’elle est sans précédent. Mais ce qui est sans précédent aussi, c’est la situation de la France en mars dernier.

La dépense publique a augmenté entre 2017 et 2019 davantage que lors des premières années HOLLANDE.

Les prélèvements obligatoires ont augmenté et se sont concentrés sur les classes moyennes, les retraités et les familles.

Le déficit était l’un des pires de la zone Euro. Et la dette a atteint les 100% du PIB, sans parler du déficit de la balance commerciale.

Si, aujourd’hui, notre pays est en réalité incapable de bâtir un plan de relance digne de ce nom sur ses forces propres, c’est que la situation de départ est catastrophique.

Le COVID ne doit pas être le prétexte pour cacher, mentir et travestir la réalité : Emmanuel MACRON n’a pas réformé. Il a affaibli la structure budgétaire, économique et sociale de la France. Voilà sa marque de fabrique politique. Les Français, qui commencent à s’inquiéter sérieusement de voir tous ces milliards qui pleuvent, ressentent bien que la situation est très, très préoccupante.

Dans ce contexte, notre responsabilité est de proposer un discours clair, cohérent et construit dans le respect des valeurs et des idées qui ont toujours été les nôtres.

L’autorité de l’Etat et l’ordre républicain, la défense de la laïcité et la lutte contre le communautarisme, le travail, le mérite, la liberté d’entreprendre, le progrès, la sortie d’une économie et d’une société surfiscalisées et suradministrées, la défense de la politique familiale, la priorité de la solidarité sur l’assistanat et enfin l’égalité et la liberté des territoires.

Sur ces grandes questions, il y a urgence à répondre aux interrogations et aux angoisses des Français qui voient le pays, à bien des égards, se déliter et qui ne voient pas le chemin pour leurs propres enfants. C’est le travail que nous avons engagé en début d’année et que nous continuerons cet automne.

La Désagrégation de l’autorité de l’Etat.

Le pouvoir en place, avec un Ministre de l’Intérieur en surchauffe verbale permanente mais incapable d’agir, qui se résigne à commenter des faits divers, des violences, de l’ultra-violence partout sur le territoire. Mais dans quels pays vit-on ? Un pays où on peut se faire ligoter et dévaliser chez soi. Un pays où un chauffeur de bus peut être sauvagement assassiné. Un pays où des bandes issues de communautés étrangères peuvent mettre à sac une ville ; où des pseudo-supporters de foot peuvent saccager des commerces à deux pas de l’Elysée. Un pays où une infirmière peut être tabassée parce qu’elle demande le port du masque. Un pays où des élus locaux, des Maires, sont en danger physique face à des petits caïds.

Jusqu’où ira-t-on dans l’inaction ? la colère monte partout en France.

Les Français ont passé le stade où ils souhaitaient que l’on empêche les délinquants de dormir. Ils veulent qu’ils soient interpellés, jugés, condamnés, emprisonnés et qu’ils purgent réellement leur peine.

Et pour cela, il y a un impératif : réaffirmer notre confiance absolue en nos policiers et en nos gendarmes.

Instiller le doute, en permanence, sur les violences policières est inadmissible et insupportable.

Nos policiers et nos gendarmes font leur travail de gardiens de l’ordre républicain, dans des conditions difficiles. Et lorsqu’ils commettent une faute, légitimement ils sont sanctionnés. Moi, je vous le dis, je serai toujours, par principe et par conviction profonde, à leurs côtés, en défenseur, de l’autorité. Car si l’autorité politique lâche la police républicaine, elle prend le risque que la situation devienne incontrôlable. Un sursaut rapide et puissant s’impose avec une absolue nécessité : la fin du sous-équipement des forces de l’ordre.

Nous devons aussi nous donner les moyens d’inverser la tendance sur le plan judiciaire. Il faut mettre fin au désarmement pénal des années TAUBIRA. Cela signifie : des peines planchers automatiques pour lutter contre la récidive et contre toute agression envers les dépositaires de l’autorité publique, la suppression des réductions automatiques de peine, l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans.

Et puis, parce que la place d’un délinquant, c’est la prison, un vrai plan prison. Je note d’ailleurs que, dans cette attente, des places sont libres en prison puisque le Gouvernement a libéré 13 000 prisonniers pour lesquels le COVID a été une bénédiction.

Ce défi de l’autorité de l’Etat en appelle un autre avec lequel il est intimement lié : le défi de l’amour de la Nation et de la République.

La France a su intégrer des générations d’hommes et de femmes qui ont choisi, reconnaissants, de vivre l’aventure nationale.

Aujourd’hui, le moteur de l’intégration n’est même plus en panne. Il avance à reculons.

Nous avons des questions urgentes à nous poser et des décisions à prendre sur notre politique migratoire, sur les procédures d’acquisition de la nationalité française avec le retour des lois Pasqua, sur les conditions du regroupement familial et sur l’avenir des étrangers entrés illégalement sur le territoire national.

Le temps est venu de mettre en place des quotas par pays et par secteurs d’activités. Des quotas indexés sur notre véritable capacité à accueillir et à intégrer.

Cette décision a un corolaire : en finir avec un modèle social trop généreux que nous n’avons plus les moyens de payer.

L’accès aux allocations doit être soumis à une durée significative de cotisations sociales et donc de présence sur le territoire national. Ce que nous avons fait en 2011 et que la Gauche a supprimé, les 10 ans de présence pour bénéficier du minimum vieillesse. Ce principe de conditionnalité doit être élargi à d’autres allocations.

L’AME doit être supprimée et remplacée par une aide d’urgence. Le budget de l’AME a été multiplié par 2 en 10 ans et est devenu un puit sans fonds et sans aucun contrôle.
Que dire aussi des reconduites à la frontière des illégaux et des déboutés du droit d’asile ? Une goutte d’eau, doublée d’une lâcheté car pour masquer l’incapacité et le manque de volonté, on régularise à bas bruit les illégaux.

Ne nous trompons pas. C’est le pacte républicain et national qui est en jeu.

De renoncements en renoncements, on crée les conditions d’une communautarisation du pays, au point que certains n’osent même plus évoquer le sujet et préfèrent esquiver en baissant les yeux. Partout sur le territoire se développent des atteintes à notre mode de vie.

Oui, certains baissent les yeux devant des réalités : au cœur de certaines villes ou quartiers, les femmes sont interdites de citer à certaines heures. Des fonctionnaires ont le plus grand mal à faire respecter le b.a.-ba des principes de la laïcité. Sous couvert d’action sociale et culturelle, des subventions publiques servent à financer, des associations ou des groupes qui défendent un autre modèle de civilisation.

Pourquoi rien ne bouge ?

Parce que Monsieur MACRON pense qu’il faut s’attaquer à la radicalisation de la laïcité plutôt qu’à la radicalisation de l’Islam.

Parce qu’il pense que le voile dans l’espace public n’est pas son affaire. La commission type Stasi que j’avais demandée pour travailler et faire des propositions concrétes sur la laïcité a été balayée d’un revers de main. Ils ne feront rien.

L’interdiction du voile à l’école, l’interdiction de la burka, c’est nous, c’est la Droite. De retour au pouvoir, loin de tout angélisme, candeur et naïveté, nous devrons prendre les mesures fortes que les Français attendent. Expulsion des étrangers en lien avec les mouvances islamistes, fermeture des mosquées salafistes, respect des valeurs de la laïcité dans tous les services et les espaces publics. Avec le souci permanent de ne jamais stigmatiser nos compatriotes musulmans, mais en imposant l’extrême fermeté qu’exige le respect du pacte républicain. La République doit assurer à tous la liberté de croire ou de ne pas croire mais aucune croyance ne peut s’imposer à la République.

Réemparons-nous aussi, du travail et de la valeur travail.

Depuis des années et plus encore depuis quelques mois, dans un pays qui a vécu comme une humiliation la pénurie de masques ou de respirateurs, on parle de relocalisation. Et on a raison.

Mais soyons sérieux. La France ne redeviendra jamais une grande puissance industrielle si personne ne pose sérieusement le sujet du temps de travail, du coût du travail et du niveau des revenus de l’assistanat.

La France ne saura pas rompre avec le chômage des jeunes, avec cette tragédie des dizaines de milliers de jeunes qui sortent chaque année, inemployables, d’un système scolaire qui tourne à vide, si elle n’est pas capable de faire la révolution de la formation initiale.

Cette révolution, c’est celle de l’Enseignement technique, de l’apprentissage. C’est l’une des clefs pour renouer avec une ambition de production et le plein emploi pour la jeunesse de France.

Les Républicains doivent être ce grand parti qui revendique le travail. Qui revendique le progrès et l’innovation. Qui revendique qu’une vraie relance, dans la durée, pour les générations de demain, et qui doit se mobiliser  sur la recherche médicale, sur la recherche variétale, sur l’intelligence artificielle, sur la priorité à l’industrie, à toute l’industrie, y compris le nucléaire qui est une chance pour la France.

Assumer l’innovation, ce n’est évidemment pas jouer aux apprentis sorciers et empêcher le Politique de prendre ses responsabilités quand il le juge nécessaire. Je l’ai fait, en son temps, en faisant voter l’interdiction de l’exploration et de l’exploitation des huiles et des gaz de schiste.

Oui, nous sommes légitimes à parler d’environnement et d’écologie.
Oui, assumons notre héritage, celui du principe de précaution, en l’enrichissant d’un principe d’innovation.
Oui, posons un discours clair sur l’écologie en définissant les contours d’un grand pacte national de production agricole, alimentaire et énergétique. Notre agriculture et notre industrie agro-alimentaire en ont la capacité et les moyens. Encore faut-il les soutenir en fixant une ligne rouge, en étant cohérent, en construisant une barrière écologique aux frontières de l’Union européenne. Une vraie barrière écologique, alimentaire et sanitaire au niveau européen avec une politique en matière de commerce et de concurrence qui doit être totalement revue pour favoriser nos exportations et protéger nos entreprises européennes.

L’Europe et la France ne peuvent pas être les déversoirs de produits fabriqués dans des pays qui ne respectent aucune des normes que nous imposons à nos paysans et à nos industriels.

A moyen et long terme, ce new deal agricole, agroalimentaire et industriel, c’est plus de richesse, plus de perspective.

C’est aussi, pour des milliers de Français qui vivent heureux en milieu rural et périurbain, une meilleure qualité de vie, sur des territoires dynamiques et le respect d’un héritage français d’équilibre où les territoires les plus éloignés des grandes métropoles n’ont pas vocation à devenir les trous noirs du développement.

En un mot, c’est le respect de la géographie et de l’histoire de France qui se joue sur ce sujet.

Pour renouer avec ce grand pacte de travail, de croissance et de progrès social, nous avons, au moment où les déficits et la dette sont hors de contrôle, une question à nous poser collectivement : est-ce raisonnable que la dépense publique pèse 56,5 % du PIB ? Ou plutôt est-ce tenable ? Je pense que non. L’Allemagne, avec 44% est-elle un pays moins bien administré, où l’on vit en moins bonne santé, où les services publics hospitaliers n’ont pas fait leur preuve au printemps dernier face à la pandémie. Evidemment non !

Visons 50% de dépenses publiques. Ce serait 120 Mds de baisse de dépenses publiques, et donc 120 Mds d’impôts en moins pour donner de l’élan, de l’oxygène à toutes les forces vives du pays, les PME, les artisans, les commerçants, les agriculteurs.

Ce débat, il faut le déconnecter de celui de la relance post-COVID et de l’aide aux secteurs les plus durement touchés. La puissance publique devra intervenir, mais sans perdre de vue le moyen et le long terme. Dans cette perspective, les milliards ne pourront pas continuer à pleuvoir ad vitam aeternam. Sinon, nous ne mettrons jamais fin au cercle vicieux de la paupérisation de la France et des générations qui viennent.

Ce sera à nous, à vous, la jeune génération, de relever ce défi, avec le souci chevillé au corps de ne pas casser ce qui marche dans le modèle social français. Un modèle que notre famille politique a contribué à bâtir et à réformer à chaque fois que c’était nécessaire.

Moi, je suis fier d’être d’une famille politique qui a fait voter les deux grandes lois sur le handicap, en 1975 et 2005.

Fier d’être d’une famille politique qui a tant fait pour le droit des femmes. L’IVG avec Simone VEIL et Jacques CHIRAC, c’est nous et personne d’autre.

Fier d’être dans une famille politique qui a toujours, depuis 1945, défendu la politique familiale que François HOLLANDE puis Emmanuel MACRON ont détricoté. La fin de l’universalité des allocations familiales, comme la baisse du quotient familial ont donné un signal terrible, le signal que la solidarité nationale vaut pour les uns et pas pour les autres.

Fier enfin d’être issu d’une famille politique qui a su, à 3 reprises, réformer les retraites et garantir notre système par répartition. En la matière, il y a ceux qui parlent et ceux qui agissent. Nos propositions sont les seules crédibles : il faudra travailler plus longtemps pour éviter une hausse des cotisations et une baisse des pensions. Il faudra, avec force, défendre les droits familiaux et conjugaux, le système des parts, des majorations et de la réversion pour les veuves.

Ce sera manifestement à nous d’y revenir. Il ne fait aucun doute que sur cette réforme, monsieur MACRON a calé en rase campagne. Sur ça, comme sur le reste d’ailleurs.

Vous le voyez, chers amis, pour rebâtir et donner, à nouveau, aux Français, à l’échelle nationale, l’envie de nous écouter, de nous respecter et de nous suivre, il faut travailler notre projet avec convictions, avec humilité et avec sang-froid. C’est ce travail qui est en cours et c’est sur ce travail que nous devons être mobilisés.

Un travail qui s’appuie sur un socle de valeurs, la liberté, l’autorité et le progrès et sur un héritage profond dans l’histoire de notre pays.

Du sang froid, il en faudra pour ne pas brûler les étapes. N’oublions pas qu’avant l’élection présidentielle nous avons les grands rendez-vous des territoires avec les élections sénatoriales, départementales et régionales qui seront toutes essentielles dans le chemin de la reconquête.

Alors faut-il accélérer le processus de choix de notre candidat à l’élection présidentielle ?

Les élections présidentielles auront lieu dans 20 mois. Vous l’avez compris, pour ma part, je pense que l’heure est plus à travailler sur ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise. Vous connaissez le contenu de nos statuts sur le sujet. Il puise ses racines dans un mimétisme. Et sur cette idée que les socialistes ont inventée pour engendrer François Hollande. Nous les avons copiés et nous avons organiser les primaires de la droite et du centre. L’organisation a été magnifique, à tel point que même des socialistes sont venus voter !

Vous me connaissez je suis très détendu sur ce sujet car j’ai été l’un des rares jusqu’au bout à émettre de gros doutes. En toute franchise, mes doutes n’ont pas vraiment disparu.
La vérité et la nature de l’élection présidentielle, c’est qu’un candidat s’impose naturellement. C’est le sens profond de cette élection et de nos institutions.

Nous le savons tous, la France va être confrontée à une rentrée sociale économique et sanitaire très, très difficile. Nous avons par ailleurs les élections territoriales au printemps. Après ces élections , avant l’été prochain, si personne ne s’est imposé, je proposerai au bureau politique un processus de départage sur lequel nous aurons collectivement travaillés et qu’il reviendra, conformément à nos statuts, de proposer aux militants.

C’est à eux seuls, donc à nous tous que cette question sera posée. D’ici là, sans relâche, dans un esprit collectif et au-delà des ambitions personnelles, il faut travailler à notre projet et gagner les élections du printemps.

Vous aurez alors, vous les jeunes républicains, un rôle majeur à jouer pour faire gagner nos idées, préparer l’alternance, convaincre, affirmer nos valeurs.

Moi qui ai commencé à militer à 17 ans dans une grande organisation de jeunesse remarquablement structurée.

Je veux que notre rendez-vous d’aujourd’hui soit le lancement d’un grand mouvement de jeunesse au sein de notre famille politique.

Dans un cadre statutaire qu’il convient de définir, les jeunes devront pouvoir bénéficier d’un budget, d’une gouvernance et d’actions autonomes.

Partout dans les lycées, dans les centres d’apprentissage, dans les universités mais aussi dans le monde du travail, les jeunes Républicains devront être identifiés et reconnus.

Vous connaissez tous mon attachement au monde agricole, et bien sachez que dans ce milieu professionnel qui a connu des évolutions et des bouleversements comme aucun autre, mais qui a toujours su rebondir et s’adapter, aucune mesure structurante que ce soit en matière de formations, de suivi de gestion, de suivi technique, de statut d’entreprise, de financement ou de solidarité n’a été imaginé ou initié ailleurs que chez les Jeunes Agriculteurs.

Nous avons aujourd’hui besoin dans notre famille politique d’un mouvement de jeunesse puissant et implanté partout sur le territoire dans les secteurs ruraux comme dans les quartiers urbains, dans les villages comme dans les villes.

Je demande à Aurélien PRADIE, notre Secrétaire général avec Pierre-Henri DUMONT et le bureau national des jeunes de préparer cet automne le cadre d’une nouvelle organisation pour que dès les printemps prochain, LR rime avec jeunesse.

Si nous abordons l’été prochain avec la formidable victoire qui a été la notre aux municipales, à laquelle nous pourrions ajouter des sénatoriales réussies, puis des départementales et des régionales victorieuses, ainsi qu’un mouvement de jeunesse structuré et enfin un projet politique qui réponde aux attentes de nos concitoyens et qui traduise des perspectives et une vision pour notre Pays.

Alors nous aurons toutes les armes pour nous rassembler derrière celui ou celle qui nous conduira à la victoire de 2022.

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