Vie du mouvementChristian Jacob : « La proposition d’Estrosi est surréaliste et aberrante »

3 septembre 2020
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Le président des Républicains réagit à l’idée du maire de Nice de faire alliance avec Macron en vue de la présidentielle. La droite, dit-il, doit d’abord se rebâtir avant de penser à son futur champion pour 2022.

A la veille de la rentrée des Républicains à Port-Marly (Yvelines), le président du parti Christian Jacob croit toujours en la « reconstruction » de la droite. A l’instar du président du groupe les Républicains à l’Assemblée nationale, Damien Abad, il fustige la proposition de Christian Estrosi d’un accord entre Emmanuel Macron et la droite pour la présidentielle et appelle à la définition d’un projet avant de se trouver un candidat pour l’échéance de 2022.

Christian Estrosi a appelé à un accord entre la droite et Emmanuel Macron pour la présidentielle. Qu’en pensez-vous ?

On sait que c’est un peu la mode de critiquer les partis politiques, mais je me souviens d’un Christian Estrosi qui était très demandeur de l’investiture les Républicains au moment des municipales. Sur le fond, je trouve sa proposition pour le moins surréaliste et aberrante. Surtout à un moment où Emmanuel Macron est rejeté par toute une partie de l’opinion publique, où il a montré son incapacité à porter quelque réforme de structure que ce soit. Il a été incapable de porter une politique de sécurité pour les Français et n’a pas réussi à s’ancrer territorialement.

Christian Estrosi affirme que vous n’avez pas d’espace ni d’incarnation. Ne dit-il pas tout haut ce que beaucoup pensent à droite ?

On est dans une période de reconstruction pour la droite, c’est incontestable. On sera de nouveau crédible si on est capable de présenter un projet d’alternance. Il ne faut pas chercher l’homme ou la femme idoine aujourd’hui. Souvenez-vous qu’en octobre 2016, Alain Juppé était à 32 % dans les sondages et Emmanuel Macron à 11 %… Privilégions le travail sur les idées, comme nous l’avons fait avec les forums thématiques. Imaginez la réaction des Français cet automne, en pleine crise sociale et sanitaire, s’ils voyaient que la seule préoccupation de l’opposition, c’est de choisir son candidat ! A côté de la plaque ! Moi, je crois à la force du projet. Après, soit une personnalité se dégagera naturellement – ce qui serait la solution idéale — soit il faudra trouver un processus de départage.

Comment faire qu’un candidat se « dégage naturellement » ?

Lors des précédentes élections gagnées, nous avons eu un candidat qui s’est dégagé naturellement. Nous discuterons collectivement des modalités de désignation d’un candidat et du calendrier. Pour ma part, je pense que le sujet se posera au printemps prochain après les élections départementales et régionales de mars.

Selon un récent sondage Ifop, Edouard Philippe est le candidat le plus crédible aux yeux de vos sympathisants…

Il incarne l’échec de Macron depuis trois ans. Il a été incapable de porter la réforme des retraites, de mettre en place une politique de sécurité efficace.

Vous dites souvent qu’il ne sert à rien de désigner un capitaine si on ne connaît pas le cap. Quel est-il pour les Républicains ?

Il s’organise autour de trois idées. Un : la liberté, notamment d’entreprendre. Il faut revoir le temps de travail, la flexibilité, le coût du travail. Deux : l’autorité dont on voit qu’elle n’est pas incarnée au sommet de l’Etat. Le débat sémantique entre Dupond-Moretti et Darmanin (sur « l’ensauvagement » de la société) est la démonstration que le « en même temps » est l’assurance de l’immobilisme. Sur la sécurité et la laïcité, le gouvernement ne fera rien, strictement rien. Trois : le progrès. La droite doit promouvoir la recherche, la science, le fait de coupler au principe de précaution le principe d’innovation. Ce sont les trois piliers sur lesquels la droite doit se refonder.

Votre rentrée à partir de vendredi à Port-Marly est consacrée à la jeunesse. Quel est votre plan pour faire revenir les jeunes aux Républicains ?

Déjà, je mets les autres partis au défi d’être capables de rassembler sur deux jours plus de 1000 jeunes pour parler de politique, comme nous allons le faire ! Bien sûr que l’on sait que notre électorat est vieillissant. C’est la raison pour laquelle il est essentiel de lancer d’ici le printemps un grand mouvement de jeunesse autonome dans notre famille politique.

Pouvez-vous garantir qu’il n’y aura aucune liste commune avec En Marche aux départementales et régionales ?

L’évidence, c’est qu’il ne peut pas y avoir d’accord avec En Marche. La démonstration de l’échec de ces accords a été faite aux municipales. On ne va pas les combattre au Parlement et faire liste commune avec eux. Il reviendra à notre commission d’investiture de désigner nos candidats.

Les 100 milliards d’euros du plan de relance gouvernemental, c’est une bonne chose ?

Ce plan de relance arrive tard. On aurait dû le faire avant l’été, ça permettait aux entreprises d’anticiper davantage. Ensuite, je me méfie toujours de la valse des milliards. D’où vient cet argent? Ce que vous ne faites pas payer au bénéficiaire, vous le faites payer au contribuable. Il va y avoir un sacré matraquage sur ceux qui paient des impôts.

François Bayrou, nommé Haut Commissaire au Plan, ça va servir à quelque chose ?

Je vois bien l’intérêt de François Bayrou, mais l’intérêt de la France… Ce n’est pas à 20 mois de la présidentielle que l’on se lance dans un projet de planification.

Apportez-vous votre soutien à la député LFI Danièle Obono, caricaturée en esclave dans Valeurs Actuelles ?

Cette illustration est dégradante, humiliante, blessante. Pour autant, je continuerai à combattre les positions de madame Obono sur la laïcité et le communautarisme.

>> Lire l’interview sur LeParisien.fr

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